La Tribune de Lyon

Saga. Les animaux légendaire­s de Lyon La louve et les deux amants

- MATHILDE AMEN

Aujourd’hui

espèce protégée, le loup a pendant longtemps été source de terreur. Au MoyenÂge, le loup est omniprésen­t autour des villages : prédateur sur le bétail domestique, le Canis lupus a également suscité la peur partout en Europe par ses attaques sur l’homme et notamment sur les enfants.

Cette peur du loup s’est ancrée dans notre patrimoine culturel, à travers de nombreux contes et légendes. À Lyon, on raconte même que la légende de la louve et des deux amants aurait donné son nom au quartier Gorge de Loup, dans le 9e arrondisse­ment, ainsi qu’à plusieurs rues de la ville comme la rue des Deux Amants ( Lyon 9e) ou la rue Grataloup ( Lyon 4e).

Louve affamée.

L’histoire se déroule lors d’un hiver glaçant du Moyen- Âge, alors que les températur­es négatives ont fait geler le Rhône. Pendant cette longue et rude saison, une louve en quête de proies parvient à entrer dans Lyon en passant par le fleuve gelé. Privé de nourriture depuis plusieurs jours, l’animal affamé va trouver dans un « passage étroit et sombre » un jeune enfant, qu’el le dévore. Un « carnage effroyable » qui, selon la légende, aurait donné son nom au quartier « Gorge de Loup » .

Les Lyonnais, particuliè­rement touchés par cette attaque, se sont alors lancés à la poursuite de la bête à travers les rues et les traboules du Vieux Lyon. Dans sa fuite, la louve fait la rencontre de deux amants qui se cachaient car « certains, des jaloux sans doute, les disaient frères et

soeurs » . La bête attaque les deux amants et se fait rattraper par les habitants qui l’abattent. Alors qu’une partie des citoyens pensaient avoir affaire à un loup- garou, une créature très présente dans l ’ imag inaire médiéval, la légende raconte que la louve aurait été écorchée et exposée pour prouver qu’elle n’était qu’un simple animal. L’histoire aurait ainsi donné son nom à la rue Grataloup dans le 4e arrondisse­ment, qui serait l’endroit où la dépouille de la louve aurait été exposée.

Un mystérieux tombeau. Les deux amants attaqués par la louve auraient eux aussi donné leur nom à une rue du 9e arrondisse­ment. La dénominati­on de la rue provient d’un tombeau appelé « le tombeau des Deux Amants » , détruit en 1707. L’origine de ce tombeau est débattue par les historiens et les archéologu­es, qui n’ont pas pu s’accorder sur son interpréta­tion.

Le monument a donc nourri l’imaginaire collectif, donnant lieu à de multiples interpréta­tions. L’une d’entre elles prétend que le tombeau serait celui des deux amants attaqués par la louve, érigés par les Lyonnais en leur mémoire.

Plus récemment , dans les années 2000, la légende de la louve et des deux amants a été une source d’inspiratio­n pour des horticulte­urs qui ont utilisé la mosaïcultu­re afin de représente­r la dépouille de la louve rue Grataloup. Légende ou récit d’une véritable attaque, des siècles plus tard l’histoire continue en tout cas de nourrir l’imaginaire collectif lyonnais.

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