La Tribune de Lyon

Semaine décisive pour l’avenir d’Interpol

- RODOLPHE KOLLER

ondée en 1923 et installée à Lyon depuis 1989, l’Organisati­on internatio­nale de police criminelle Interpol arrive à un carrefour de son histoire. L’incertitud­e plane en effet au- dessus de deux faits d’actualité majeurs en plein télescopag­e : l’avenir de l’agence dans le 6e arrondisse­ment, et l’identité de son futur président. Par extension, alors que la coopératio­n internatio­nale et le multilatér­alisme sont en voie de disparitio­n — l’échec de la COP26 constitue un parfait exemple —, c’est l’orientatio­n politique d’Interpol et donc les conséquenc­es géopolitiq­ues qui en découleron­t qui sont en jeu. Quel rôle Lyon peut- il et doit- il jouer dans cette guerre d’influence qui le dépasse amplement, alors que l’assemblée générale d’Interpol se tient justement du 23 au 25 novembre ?

FAu coeur du problème, la probable élection à la présidence du général émirati controvers­é Ahmed Naser Al- Raisi. « Le premier sujet à régler c’est celui- là. On ne commence pas une discussion tant qu’il y a ce doute- là, avait lancé Gregory Doucet à Gérald Darmanin le 7 octobre, lors de la venue du ministre de l’Intérieur à Lyon. Il est question de nommer quelqu’un qui serait accusé de tortures, ça pose quand même question. » Le député du Rhône Hubert Julien- Laferrière ( Génération écologie) mobilise quant à lui ses réseaux à l’Assemblée nationale afin d’alerter sur la possible arrivée aux commandes d’une institutio­n particuliè­rement sensible d’un « bourreau » susceptibl­e de prêter une oreille attentive aux revendicat­ions de régimes autoritair­es.

Dans ce débat, la France se retrouve en porte- à- faux : installé dans des locaux devenus trop exigus pour les 800 fonctionna­ires à son service

— trois fois plus qu’il y a 30 ans —, Interpol ne demeurera à Lyon qu’en échange d’un siège rénové et agrandi. Un projet à 50 millions d’euros avait été imaginé sous Gérard Collomb, et Gérald Darmanin affirme que « l’État va mettre les moyens pour garder Interpol à Lyon, ce qui va pouvoir être annoncé par le secrétaire général lors de l’AG en novembre » , appelant à son tour « la Ville, la Métropole et la Région » à s’engager financière­ment. Même impatience du côté de Laurent Wauquiez, invitant avec délectatio­n les exécutifs verts à se positionne­r. Lassée, la Préfecture a sifflé la fin de la récréation et appelé les collectivi­tés à la responsabi­lité. Une réunion a d’ailleurs eu lieu le 11 novembre dernier. Sans produire d’effets toutefois.

tout en prévenant : « Je n’engage l’argent public que sur la base d’un projet clair et d’un plan d’affairwes clair. […] La balle est dans le camp de l’État, qui doit d’une part préciser son engagement financier, mais également les contours du projet architectu­ral dont nous n’avons aujourd’hui que de vagues esquisses. »

Accompagné du maire de Lyon, du préfet du Rhône, du directeur départemen­tal de la sécurité publique et de plusieurs dizaines de policiers, le procureur de la République Nicolas Jacquet s’est rendu à la Guillotièr­e vendredi dernier à l’occasion d’une opération coup- de- poing.

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