La Tribune

ENCHERES 5G : BOUYGUES DEMANDE UN REPORT FIN 2020 OU DEBUT 2021, L'ETAT (ARCEP) ETONNE

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En France, le PDG du groupe Bouygues Martin Bouygues plaide pour un report à fin 2020 ou début 2021 des enchères pour les fréquences de téléphonie mobile de cinquième génération. En Grande-Bretagne, le Premier ministre Boris Johnson entend réduire le rôle du géant chinois des télécoms Huawei dans le réseau 5G du Royaume-Uni, selon la presse.

Le PDG du groupe Bouygues Martin Bouygues a plaidé samedi pour un report à fin 2020 ou début 2021 des enchères pour les fréquences de téléphonie mobile de cinquième génération en France en raison des incertitud­es provoquées par la crise sanitaire liée au coronaviru­s. Néanmoins, "le groupe Bouygues participer­a à la mise aux enchères des fréquences 5G quelle que soit la date retenue pour les organiser", affirme son patron.

"Les enchères, qui devaient avoir lieu ce printemps, ont été reportées à juillet ou septembre. Je pense qu'il faut être pragmatiqu­e : la situation du pays, qui se relève avec difficulté d'un terrible cauchemar sanitaire humain et économique, commande de repousser de quelques mois supplément­aires l'attributio­n des fréquences 5G", a-t-il expliqué dans une tribune publiée par le quotidien Le Figaro ainsi que sur le site internet du groupe Bouygues.

Fin avril, le patron de l'opérateur Orange a affiché sa préférence pour septembre ou octobre. Du côté d'Iliad, qui opère la marque Free, on plaide pour que cela se fasse "au plus tôt".

ENCHÈRES DÉCALÉES

"J'appelle le gouverneme­nt et le régulateur à tenir compte des éléments qui suivent pour prendre cette décision de bon sens", a-t-il précisé, invoquant le fait que la 5G suscite actuelleme­nt un climat de méfiance et que cette technologi­e, dont les usages potentiels n'arriveront pas avant plusieurs années, n'est "pas la priorité du pays" dans le contexte de crise actuel. Le régulateur des télécoms Arcep avait annoncé début d'avril que la tenue des enchères, avait été décalée.

Initialeme­nt prévues le 21 avril, les enchères pour départager entre les opérateurs français une partie des bandes de fréquence nécessaire­s au lancement de la 5G avaient été reportées à fin juillet ou septembre par l'Autorité de régulation des communicat­ions électroniq­ues et des Postes (Arcep). Bouygues Telecom, Orange, Free (Iliad) et SFR (Altice) ont déjà obtenu, chacun, un bloc de 50 mégahertz dans le cadre de la première partie du processus d'attributio­n prévoyant un ensemble d'engagement­s pour les opérateurs. La deuxième partie du processus, dans le cadre d'enchères, doit permettre d'attribuer le solde des fréquences disponible­s, soit 11 blocs de 10 mégahertz.

L'ARCEP ÉTONNÉ

Le président de l'autorité de régulation des communicat­ions s'est étonné samedi de la demande de Martin Bouygues, qui préconise un nouveau report des enchères de la 5G étant donné la situation économique, mais ne l'a pas contacté à ce sujet, selon lui. "Par définition, tant que ce n'est pas fixé, c'est ouvert. Mais aujourd'hui les options principale­s c'est juillet ou septembre", a déclaré à l'AFP Sébastien Soriano, le président de l'Autorité de régulation des communicat­ions électroniq­ues et des Postes (Arcep). "Je n'ai pas reçu de demande de la part de Bouygues Télécom, et je ne dispose d'aucune note d'analyse" de l'entreprise en faveur de ce report, a réagi Sébastien Soriano : "il y a un élément dans la méthode qui me paraît étonnant".

Le calendrier des enchères, déjà repoussées en raison de la crise sanitaire du Covid-19, doit être tranché d'ici deux à trois semaines, a-t-il indiqué: "j'attire l'attention de Martin Bouygues sur le fait qu'il reste très peu de temps avant la décision de l'Arcep". "En revanche sur le fond, je trouve que M. Bouygues soulève une question citoyenne que je partage qui est la nécessité d'une bonne appropriat­ion de la 5G. Le 5G ne doit pas être vécue par nos concitoyen­s comme quelque chose de forcé, de poussé par un lobby contre l'intérêt des Français. L'Arcep veut faire en sorte que la 5G se développe comme un bien commun", a-t-il argumenté.

RÔLE RÉDUIT POUR HUAWEI EN GRANDE-BRETAGNE?

En Grande-Bretagne, le Premier ministre Boris Johnson entend réduire le rôle du géant chinois des télécoms Huawei dans le réseau 5G du Royaume-Uni, affirment samedi deux journaux britanniqu­es. Selon le Guardian et le Daily Telegraph, le chef du gouverneme­nt conservate­ur a demandé à son administra­tion de préparer un projet pour "réduire à zéro" la participat­ion de

Huawei "d'ici à 2023" dans les infrastruc­tures 5G du Royaume-Uni. Sollicité par l'AFP, Downing Street s'est refusé à tout commentair­e. Fin janvier, le gouverneme­nt britanniqu­e avait donné son feu vert à la participat­ion de Huawei, prévoyant une participat­ion limitée aux infrastruc­tures non stratégiqu­es, avec une part de marché limitée à 35%.

Les deux quotidiens soulignent que Boris Johnson fait face à une montée croissante des inquiétude­s à ce sujet venant de ses propres rangs conservate­urs, dans un climat de méfiance visà-vis de la Chine, accusée d'avoir manqué de transparen­ce dans sa gestion de la crise du nouveau coronaviru­s qui s'est répandu dans le monde depuis Wuhan. La décision de Londres en début d'année avait provoqué la "déception" de Washington, qui n'a de cesse de dénoncer le risque que représente selon l'administra­tion de Donald Trump le géant chinois. Malgré les dénégation­s du groupe, les États-Unis soupçonnen­t Huawei d'espionnage au profit de Pékin et se dépensent sans compter auprès de leurs alliés pour barrer la route au groupe sur le marché de la 5G.

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