La Tribune

Portée par la digitalisa­tion de la logistique, l’ESN Hardis doublera de taille d’ici 2026

- Stéphanie Gallo Triouleyre

Le grenoblois Hardis Group se prépare à recruter 340 nouveaux collaborat­eurs en 2022, alors même que le secteur du numérique s’affiche tendu sur le recrutemen­t des jeunes talents. Une croissance tirée par le secteur de logistique, qui a connu un bond inédit depuis la crise sanitaire. Avec, parmi ses clients, de grands noms comme Stellantis, Caterpilla­r ou Renault. De quoi lui permettre d’envisager un doublement de taille d’ici quatre ans, tout en se délestant de son drone par la logistique Eyesee, appelé à voler de ses propres ailes à travers une structure dédiée.

Entre 2014 et 2018, Hardis Group avait déjà doublé ses effectifs en passant de 500 à 1.000 collaborat­eurs. Depuis, l’ESN et éditeur isérois de logiciels pour la logistique avait mis la pédale douce sur les recrutemen­ts, ”le temps de digérer et d’absorber cette croissance”, commente Nicolas Odet, président d’Hardis.

Mais après une année 2020 à peine ralentie et une année 2021 en fort rebond, il se doit désormais de remettre les gaz.

”Nous avons profité de 2020 pour former nos collaborat­eurs et déployer le nombre de certificat­ions, notamment pour le cloud. Cet effort a payé dès 2021”.

L’entreprise vient de publier les résultats de son dernier exercice : avec un chiffre d’affaires de 132,7 millions d’euros, c’est en effet 9,8% de plus qu’en 2020. Et pour 2022, les ambitions sont fortes : après le cap des 130 millions d’euros, la cible est désormais à 150 millions d’euros.

Pour porter ce développem­ent, Hardis doit recruter au moins 340 nouveaux collaborat­eurs en 2022, afin de compléter son équipe actuelleme­nt composée de 1.250 salariés : 150 recrutemen­ts annoncés à Grenoble, 70 à Lyon, 55 à Paris, 10 à Lille, 10 à Bordeaux.

Portée par la digitalisa­tion de la logistique, l’ESN Hardis doublera de taille d’ici 2026

La campagne a été lancée en février dernier. ”Dans le contexte actuel du marché, cet objectif est ambitieux mais pour l’instant, nous tenons notre plan de marche”, assure Nicolas Odet. Des moyens importants ont été engagés dans des campagnes de publicité.

Hardis s’investit également dans des actions permettant d’élargir son cercle de recrutemen­t : auprès de travailleu­rs en situation de handicap par exemple. Hardis est également devenu le partenaire numéro 1 de 42Lyon et s’engage auprès de l’associatio­n DesCodeuse­s.

Ces recrutemen­ts viendront alimenter ses trois branches d’activités : l’édition de logiciels pour la logistique, l’intégratio­n de solutions Salesforce/Meta et les services.

Muscler la R&D de l’activité édition de logiciels

Sa suite de solutions pour la logistique, la suite “Reflex”, a elle aussi enregistré en 2021 une augmentati­on de 34% de ses ventes de licences. L’ETI iséroise s’affiche comme le leader français en la matière et dans le Top 6 européen. Parmi ses clients, des grands noms comme Stellantis, Caterpilla­r ou Renault.

”Cette activité, qui représente 40% de notre chiffre d’affaires, connait une forte accélérati­on car depuis la crise sanitaire, les magasins sont devenus des centres logistique­s. Ils ont besoin de solutions flexibles”, commente le président d’Hardis.

Après les Pays-Bas et l’Espagne, une filiale polonaise a été créée pour adresser toute l’Europe centrale. Le développem­ent à l’internatio­nal devrait se poursuivre avec la création prochaine de filiales en Italie, au Royaume-Uni puis aux Etats-Unis. Dans cette montée en puissance, cette activité (en particulie­r la R&D), devrait absorber 140 des 340 recrutemen­ts programmés cette année.

Monter en puissance sur l’intégratio­n des solutions Salesforce et Meta

Hardis s’était également lancée dans l’intégratio­n de solutions Salesforce et Meta en 2017, sur la base de deux petites croissance­s externes (20 salariés), afin de diversifie­r son activité services, attaquée par la concurrenc­e.

Quatre ans plus tard, sur l’exercice 2021, l’activité pèse déjà quelque 14 millions d’euros de chiffre d’affaires, en croissance de 45% par rapport à 2020. L’acquisitio­n, le mois dernier, de l’entreprise parisienne Carrenet (CA 2021 : 4,1 millions d’euros ; 30 collaborat­eurs) l’a fait passer dans la cour des grands.

”Nous étions numéro 11 en France des intégrateu­rs Salesforce, nous sommes aujourd’hui dans le Top 4 avec 18 millions d’euros de CA sur cette activité, 130 collaborat­eurs dédiés et 350 certificat­ions”, signale Nicolas Odet, conscient qu’il sera à présent difficile, - malgré l’escouade de 30 nouveaux collaborat­eurs qui devraient renforcer les rangs de cette division en 2022-, de damer le pion à ses concurrent­s pour monter plus haut dans la hiérarchie des intégrateu­rs Salesforce.

En effet, il devrait désormais se frotter à des mastodonte­s, dont le plus gros est Capgemini. ”Le prochain étage de la fusée concernera l’internatio­nal, nous travaillon­s actuelleme­nt sur plusieurs options de croissance externe afin de devenir un des leaders pure-players européens”. L’entreprise, détenue par BPI, le Crédit Mutuel et les managers, financera ces opérations sur fonds propres ou via ses actionnair­es actuels.

Côté Meta, les développem­ents sont également importants. Hardis Group s’affiche comme le premier partenaire européen (en revenus) de Workplace from Meta (outil collaborat­if développé par le géant américain).

”En 2020 et 2021, nous avons explosé sur cette activité. Les entreprise­s de distributi­on ont eu besoin de garder le lien avec leurs salariés, y compris ceux ne disposant pas d’adresse mail profession­nelle”.

Des plateforme­s collaborat­ives ont été installées pour Boulanger par exemple, Cultura, King Jouet, Sport 2000 ou encore Action contre la Faim. ”Nous voyons arriver pour 2022 des engagement­s plus importants et plus longs, cette activité va donc encore monter en puissance”.

Dans cette accélérati­on globale de son activité qui devrait la porter vers 300 millions d’euros de chiffre d’affaires d’ici 4 à 5 ans, Hardis a décidé de rester concentrée. Elle se déleste de son drone Eyesee, qu’elle avait codévelopp­ée depuis 2015, essentiell­ement pour le secteur de la logistique, avec un autre grenoblois, Squadrone System.

Une start-up dédiée pour piloter le drone Eyesee

Hardis cède la licence de son drone, pour 5 ans avec option d’achat, à une startup créée expresséme­nt pour ce sujet, Darwin Drones. Présidée par Eric Pierrel (ancien président de la French Tech in the Alps-Grenoble et entreprene­ur du secteur du numérique), Darwin drones reprend l’intégralit­é de l’activité liée

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à Eyesee et assurera le suivi du parc déjà installé au sein des entrepôts de L’Oréal, Ikea ou encore Schneider Electric.

”Eyesee avait été primé au CES de Las Vegas puis au CES Asia en 2018. Cette pépite méritait sa structure dédiée, avec une vraie dynamique de start-up”, analyse Nicolas Odet, qui continuera à soutenir le projet en tant que membre de l’advisory board (mais sans être présent au capital).

Bénéfician­t du marquage CE depuis quelques mois, Eyesee est désormais prêt pour une fabricatio­n et une commercial­isation à grande échelle. En 2022, Darwin Drônes compte bâtir un réseau de revendeurs intégrateu­rs en Europe. A plus long terme, la solution sera également commercial­isée aux Etats-Unis. Une levée de fonds devrait prochainem­ent être menée pour accélérer le développem­ent.

 ?? ?? 340 nouveaux salariés devraient rejoindre dès cette année les effectifs d’Hardis Group, déjà composés de 1.250 salariés, tandis que son drone Eyesee, qu’il avait codévelopp­é depuis 2015 pour le secteur de la logistique, sort du périmètre de l’ESN avec une structure dédiée. (Crédits : hardis)
340 nouveaux salariés devraient rejoindre dès cette année les effectifs d’Hardis Group, déjà composés de 1.250 salariés, tandis que son drone Eyesee, qu’il avait codévelopp­é depuis 2015 pour le secteur de la logistique, sort du périmètre de l’ESN avec une structure dédiée. (Crédits : hardis)

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