Je vais vous dire qui est mon vé­ri­table ad­ver­saire. Il n’a pas de nom, pas de vi­sage, pas de par­ti, il ne pré­sen­te­ra ja­mais sa can­di­da­ture, il ne se­ra donc pas élu, et pour­tant il gou­verne. Cet ad­ver­saire, c’est le monde de la fi­nance. »

La Tribune Hebdomadaire - - HOLLANDEET­LESMARCHÉS -

vi­sez-vous quand vous dé­non­cez la fi­nance sans vi­sage ?

La crise des sub­primes a suf­fi­sam­ment mon­tré les dé­gâts que peut faire la fi­nance spé­cu­la­tive quand elle n’est pas ré­gu­lée. Les ventes des cre­dit de­fault swaps

doivent cor­res­pondre à des contre­par­ties, c’est-à-dire l’achat d’une dette que ces cer­ti­fi­cats as­surent. Les liens de la fi­nance avec les pa­ra­dis fis­caux doivent être vé­ri­ta­ble­ment cou­pés. Et il faut une plus grande vi­gi­lance à l’égard des fonds de cou­ver­ture, les fa­meux « hedge funds ». Le monde en­tier le re­con­naît. Aux ÉtatsU­nis, au Royaume-Uni, la fi­nance a été en­ca­drée par de nou­velles lois. Nous sé­pa­re­rons dans une loi ban­caire qui se­ra pré­sen­tée à l’au­tomne les ac­ti­vi­tés de cré­dit et les ac­ti­vi­tés pu­re­ment spé­cu­la­tives. Si les banques fran­çaises, comme elles le disent, n’exercent pas de telles ac­ti­vi­tés spé­cu­la­tives, elles n’ont rien à craindre de notre ré­forme. Je m’in­ter­roge aus­si sur l’im­pact des nou­velles normes pru­den­tielles de Bâle III. Leur ap­pli­ca­tion est trop bru­tale et va avoir,

Dis­cours du Bour­get. table sur le plan fi­nan­cier en ce mo­ment. Il est utile d’avoir un ac­tion­naire pu­blic dans cer­taines en­tre­prises, il n’en reste d’ailleurs plus beau­coup, dès lors qu’il ne se contente pas d’être un commentate­ur ou un ob­ser­va­teur. Ce­la sup­pose donc que cet ac­tion­naire soit ac­tif et joue son rôle mieux que ce que l’on a pu consta­ter.

avez dit qu’une fois élu, vous réuni­rez les di­ri­geants du CAC 40… Vous vou­lez gou­ver­ner avec les grandes en­tre­prises ?

Au-de­là de la confé­rence so­ciale, nous de­vons exa­mi­ner les en­jeux du dé­ve­lop­pe­ment pro­duc­tif avec les ac­teurs qui y contri­buent, dont les grandes en­tre­prises. Certes, beau­coup de leurs di­ri­geants ne vo­te­ront pas pour moi. Et alors ? Nous de­vons tra­vailler en­semble, c’est ain­si d’ailleurs que font les Al­le­mands. Il y au­ra donc ré­gu­liè­re­ment des ren­contres avec eux, pour évo­quer les grandes fi­lières, la com­pé­ti­ti­vi­té, le rôle des banques, etc. Je re­ce­vrai ces di­ri­geants à l’Ély­sée, mais en­ten­dons nous bien, ce­ci n’au­ra rien de fes­tif, ce se­ra une réunion de tra­vail.

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