En 1981, le « laxisme » fran­çais fit l’ob­jet d’une at­taque in­tense, en par­ti­cu­lier de la Bun­des­bank.

La Tribune Hebdomadaire - - HOLLANDEET­LESMARCHÉS -

gence sus­cep­tible de me­na­cer l’exis­tence même du Sys­tème mo­né­taire eu­ro­péen (SME), en­tré en vi­gueur deux ans plus tôt. Dans le cadre des ins­tances com­mu­nau­taires, le mi­nis­tère des Fi­nances et la Bun­des­bank pe­sèrent de tout leur poids pour convaincre le gou­ver­ne­ment fran­çais de re­voir sa co­pie. Fi­na­le­ment, cette stra­té­gie fut payante si l’on se sou­vient que c’est par la né­ces­si­té de pré­ser­ver la construc­tion eu­ro­péenne que François Mit­ter­rand jus­ti­fia le plan de ri­gueur ac­com­pa­gnant la dé­va­lua­tion de mars 1983, que nombre de sym­pa­thi­sants so­cia­listes vé­curent comme un re­non­ce­ment, si­non comme un re­nie­ment. Une ré­sur­gence du « mur de l’ar­gent » est-elle néan­moins en­vi­sa­geable en cas de vic­toire de la gauche en 2012? Il semble que de­puis 1981, la pré­sence de la gauche au pou­voir se soit ba­na­li­sée. La po­li­tique éco­no­mique me­née par les so­cia­listes lors­qu’ils re­vinrent au pou­voir, pen­dant le se­cond sep­ten­nat de Mit­ter­rand ou sous le gou­ver­ne­ment Jos­pin de co­ha­bi­ta­tion, ne sus­ci­ta pas de ré­ac­tions spec­ta­cu­laires. Et pour cause, alors que le can­di­dat Mit­ter­rand pro­cla­mait que son ob­jec­tif n’était

. En trente ans, les mots et la forme ont chan­gé, mais la contes­ta­tion du pou­voir de l’ar­gent est de­meu­rée, bien qu’elle semble s’être adou­cie.

Qu’en est-il de la contrainte ex­té­rieure ? L’hy­po­thèse, re­layée par la presse al­le­mande, d’un front or­ga­ni­sé des conser­va­teurs eu­ro­péens pour re­fu­ser de re­ce­voir le can­di­dat so­cia­liste con­for­mé­ment à l’usage, a pu un temps ac­cré­di­ter son exis­tence. Il est tou­te­fois cer­tain que si le PS par­vient à rem­por­ter l’élec­tion pré­si­den­tielle le 6 mai, il de­vra faire face, comme il dut le faire en 1981, à des ho­mo­logues eu­ro­péens ma­jo­ri­tai­re­ment conser­va­teurs, dans un monde plus glo­ba­li­sé et une Eu­rope plus in­té­grée en­core qu’elle ne l’était il y a trente ans. Une chose est sûre, pour le nou­veau pré­sident, et ce au moins jus­qu’aux pro­chaines échéances élec­to­rales al­le­mandes et ita­liennes de 2013, les marges de ma­noeuvre pour une « autre po­li­tique » – si telle de­vait être son am­bi­tion – se­raient ré­duites.

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