Pé­rol, le ban­quier tran­quille

La Tribune Hebdomadaire - - HOLLANDEET­LESMARCHÉS - S. S.

Trois ans après son pa­ra­chu­tage à la tête des Banques po­pu­laires et des Caisses d’épargne en mars 2009, François Pé­rol peut af­fi­cher la tran­quilli­té de ce­lui qui a ac­com­pli sa mis­sion. Ce di­plo­mate de la fi­nance a réus­si à uni­fier les or­ganes cen­traux de la banque rouge et de la banque bleue, un pa­ri que d’au­cuns lui pré­di­saient dif­fi­cile, voire im­pos­sible. Ce­lui qui a conçu le plan d’aide aux banques pen­dant la crise alors qu’il était se­cré­taire ad­joint de l’ély­sée, a ob­te­nu des ré­sul­tats. Le nou­vel en­semble, re­bap­ti­sé BPCE, a en­re­gis­tré un pro­fit de 2,6 mil­liards d’eu­ros en 2011, le deuxième du sec­teur ban­caire fran­çais, et un pro­duit net ban­caire à 23,1 mil­liards, en hausse de 1,4 % par rap­port à 2010. Ou­bliées les pertes co­los­sales de Na­tixis, la banque d’in­ves­tis­se­ment et de fi­nan­ce­ment du groupe, dont le pé­ri­mètre a été ré­duit et re­cen­tré sur des ac­ti­vi­tés dites « de clien­tèle » au dé­tri­ment des ac­ti­vi­tés pour compte propre ju­gées trop spé­cu­la­tives. Bref, cet HEC-énarque, ins­pec­teur des fi­nances, à qui l’on re­pro­chait son manque d’ex­pé­rience du ma­na­ge­ment et de la banque com­mer­ciale, a convain­cu qu’il était bien à sa place comme pré­sident du di­rec­toire de BPCE. Ce n’était pas joué au dé­part. At­ta­qué après sa no­mi­na­tion pour « prise illé­gale d’in­té­rêt » dans la me­sure où il pre­nait la tête d’un groupe qu’il avait contri­bué à des­si­ner dans ses fonc­tions à l’ély­sée, puis vic­time de ten­ta­tives de dé­sta­bi­li­sa­tion, il en est sor­ti in­demne et a su s’im­po­ser en in­terne. Sa connais­sance des dos­siers et sa « qua­li­té d’écoute » re­con­nue de tous, com­pen­sant sans doute le fait de n’être pas du sé­rail co­opé­ra­tif et mu­tua­liste.&

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.