À la suite du lob­bying des chaînes pri­vées, la taxe sur les re­cettes pu­bli­ci­taires a été re­vue à la baisse, pas­sant de 3 à 0,5 %.

La Tribune Hebdomadaire - - DÉCRYPTAGE -

L’aug­men­ta­tion du vo­lume de pu­bli­ci­té Jus­qu’en 2008, les chaînes pri­vées ne pou­vaient pas dif­fu­ser plus de 6 mi­nutes de pu­bli­ci­té par heure, en moyenne sur une jour­née. Elles ne pou­vaient pas non plus in­sé­rer plus d’un écran pu­bli­ci­taire dans les films et les fic­tions. Comme pro­po­sé dans le « Livre blanc », ces deux ver­rous ont sau­té : le pla­fond a été re­le­vé de 6 à 9 mi­nutes et une se­conde cou­pure a été au­to­ri­sée. Ces me-

L’as­sou­plis­se­ment des règles anticoncen­tration De­puis 1994, la loi in­ter­di­sait à un groupe de pos­sé­der plus de 49 % du ca­pi­tal d’une chaîne hert­zienne. Tou­te­fois, une ex­cep­tion avait été ins­tau­rée en 2001 pour les pe­tites chaînes réa­li­sant moins de 2,5 % d’au­dience. Pro­blème : avec l’es­sor de la TNT, beau­coup de pe­tites chaînes – dont celles ap­par­te­nant à TF1, comme TMC et NT1 – voyaient leur au­dience ap­pro­cher du pla­fond fa­ti­dique de 2,5 %. Le « Livre blanc » ré­cla­mait donc de re­le­ver ce pla­fond à 10 % d’au­dience. Sou­hait qui fut presque exau­cé par le dé­pu­té UMP Fré­dé­ric Le­febvre, en 2008, qui le re­le­va à 8 %. Ce fut la seule re­ven­di­ca­tion du « Livre blanc » à être sa­tis­faite en ce do­maine, toutes les autres res­tant lettre morte. Comme rendre pos­sible une fu­sion éven­tuelle de TF1 avec un opé­ra­teur té­lé­pho­nique comme Orange, ou une chaîne payante comme Ca­nal Plus. Cette de­mande fi­gu­rait dans une note re­mise à l’Ély­sée par l’an­cien PDG, Pa­trick Le Lay, qui es­ti­mait, à la fin de son man­dat, que l’ave­nir de la Une pas­se­rait par un tel rap­pro­che­ment…

Il faut no­ter que ces me­sures ont éga­le­ment pro­fi­té à toutes les autres chaînes pri­vées, comme M6. Sur­tout, si le dé­but du quin­quen­nat a été plu­tôt pro­fi­table à la Une, sa fin a été mar­quée par une sé­rie d’échecs ma­jeurs. D’abord, le Conseil su­pé­rieur de l’au­dio­vi­suel (CSA), comme le nou­veau mi­nistre de la Culture et de la Com­mu­ni­ca­tion, Fré­dé­ric Mit­ter­rand, n’ont pas vou­lu d’un pas­sage de LCI sur la TNT gra­tuite. En­suite, la Une n’a pas réus­si à em­pê­cher l’ar­ri­vée sur la TNT gra­tuite de Ca­nal Plus, ni de six nou­velles chaînes. Certes, elle a bien mi­li­té pour l’in­tro­duc­tion d’une nou­velle tech­no­lo­gie de dif­fu­sion (le DVBT2), qui au­rait re­por­té de plu­sieurs an­nées l’ar­ri­vée de toute nou­velle chaîne sur la TNT gra­tuite. Mais elle n’a pas été sou­te­nue par le gou­ver­ne­ment.

Deux rai­sons pour­raient ex­pli­quer ce « désa­mour » de fin de quin­quen­nat : une re­la­tion moins forte entre Mar­tin et Ni­co­las, mais aus­si la mon­tée en puis­sance ir­ré­ver­sible de l’In­ter­net et des ré­seaux so­ciaux. Comme si, dé­sor­mais, la té­lé­vi­sion avait moins d’im­por­tance pour as­su­rer le ma­gis­tère de l’opi­nion. sur­es ont per­mis à TF1 de dif­fu­ser plus de pu­bli­ci­té : 968 heures en 2010, contre en­vi­ron 800 avant la ré­forme. Hé­las ! en va­leur, la crise est pas­sée par là. Le prix des spots a chu­té et la Une n’a tou­jours pas re­trou­vé ses re­cettes pu­bli­ci­taires d’avant crise, qui ont chu­té. entre 2007 et 2010. de 1,70 à 1,55 mil­liard d’eu­ros.

La ré­duc­tion des obli­ga­tions de pro­duc­tion De­puis 2001, les dé­crets Tas­ca im­po­saient aux chaînes d’in­ves­tir 16 % de leur chiffre d’af­faires dans la pro­duc­tion française. Un quo­ta fus­ti­gé par le « Livre blanc ». Christine Al­ba­nel, la mi­nistre de la Culture et de la Com­mu­ni­ca­tion de l’époque, après avoir ten­té de ré­for­mer le sys­tème elle-même, re­cu­la face à la com­plexi­té du pro­blème, et de­man­da aux chaînes de né­go­cier di­rec­te­ment avec les pro­duc­teurs. Fi­na­le­ment, TF1 conclut un ac­cord avec le sec­teur, abais­sant son obli­ga­tion de 16 à 12,5 %, soit un peu moins que les 13,6 % que Christine Al­ba­nel vou­lait ini­tia­le­ment im­po­ser. Mais c’est un ni­veau plus éle­vé que ce­lui des autres chaînes pri­vées. Et le quo­ta est dé­sor­mais plus strict : seule la pro­duc­tion dite « pa­tri­mo­niale » (fic­tion, des­sin ani­mé, do­cu­men­taire…) est prise en compte, tan­dis que ma­ga­zines et té­lé-réa­li­té sont dé­sor­mais ex­clus.

En outre, la Une a fait ac­cep­ter par les pro­duc­teurs d’autres exi­gences fi­gu­rant dans le « Livre blanc ». Ain­si, elle doit dé­sor­mais dif­fu­ser seule­ment 90 heures

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.