« La re­prise de la SNCM par l’état (…) ne fe­rait que com­pli­quer le sau­ve­tage et la re­struc­tu­ra­tion de la com­pa­gnie. »

La Tribune Hebdomadaire - - QU’ELLE EST VERTE MA VALLÉE - Fa­brice Gliszc­zyns­ki

L’ave­nir de la SNCM est de nou­veau in­cer­tain. Dé­but avril, Veo­lia Environnem­ent avait an­non­cé sa vo­lon­té de re­prendre en di­rect sa par­ti­ci­pa­tion dans la SN CM de Veo­liaT­rans­dev, sa fi­liale trans­ports dé­te­nue à pa­ri­té avec la Caisse des Dé­pôts. Une opé­ra­tion vi­sant à dé­les­ter Veo­lia-Trans­dev de cet ac­tif en­com­brant, et fa­ci­li­ter ain­si son pro­jet de ces­sion, ren­du pu­blic fin 2011. Elle ne si­gni­fie pour­tant pas que Veo­lia veuille conser­ver sa par­ti­ci­pa­tion de 66 % au ca­pi­tal de la so­cié­té de fer­ries. Bien au contraire, se­lon des sources gou­ver­ne­men­tales, « Veo­lia sou­haite que la SNCM, re­tourne dans le gi­ron dans l’État », ac­tion­naire à hau­teur de 25 % (les sa­la­riés pos­sèdent 9 %). Veo­lia in­voque une clause du pacte d’ac­tion­naires si­gné lors de la pri­va­ti­sa­tion de la SNCM en 2006. Confi­den­tielle, celle-ci pré­cise qu’en cas de dé­ci­sion de Bruxelles d’ici au 16 mai 2012, abou­tis­sant à l’obli­ga­tion pour la com­pa­gnie de rem­bour­ser des aides d’État ob­te­nues dans le pas­sé, l’État doit re­prendre à Veo­lia sa par­ti­ci­pa­tion dans la SNCM. « Veo­lia fait va­loir à l’État le risque d’une dé­ci­sion al­lant de ce sens après mai 2012, et de­mande une mo­di­fi­ca­tion du pacte d’ac­tion­naires dans le but de re­pous­ser la date d’ex­pi­ra­tion de cette clause, con­for­mé­ment, se­lon le groupe, à l’es­prit du pacte », ex­plique à « La Tri­bune » une source proche du dos­sier. En ef­fet, la dé­ci­sion de Com­mis­sion eu­ro­péenne sur les fonds ver­sés par l’État à la SNCM entre 1990 et 2006 n’est pas at­ten­due avant cet été. Si ces fonds étaient as­si­mi­lés à une aide d’état, la SNCM de­vra rem­bour­ser entre 30 et 50 mil­lions d’eu­ros. Dans ce dos­sier, la di­rec­tion de la SNCM sou­tient Veo­lia. Le gou­ver­ne­ment en place ne l’en­tend pas ain­si et re­fuse de re­né­go­cier la clause. « La re­prise de la SNCM par l’État (…) ne fe­rait que com­pli­quer le sau­ve­tage et la re­struc­tu­ra­tion de la SNCM car tout ce que pour­rait faire l’État se­rait as­si­mi­lé à une aide sup­plé­men­taire », ex­plique une source mi­nis­té­rielle. Se­lon nos in­for­ma­tions, l’État de­mande à Veo­lia de ré­flé­chir à une vi­sion à long terme pour la SNCM et se dit prêt à jouer son rôle d’ac­tion­naire hau­teur de 25 %. Une vic­toire de la gauche à la pré­si­den­tielle le 6 mai, juste avant la date d’ex­pi­ra­tion de la clause peut-elle chan­ger la donne ? Il n’est pas sûr qu’une nou­velle ma­jo­ri­té sou­haite prendre l’en­tière res­pon­sa­bi­li­té de la ges­tion de ce dos­sier ex­plo­sif. Car la ré­duc­tion pro­bable de la dé­lé­ga­tion de ser­vice pu­blic dont la SNCM bé­né­fi­cie sur le tra­fic entre le con­tinent et la Corse pour­rait en­traî­ner la perte de 800 em­plois, soit la moi­tié des ef­fec­tifs de l’en­tre­prise…

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.