La meilleure com­bi­nai­son entre la tech­no­lo­gie et la vie réelle ?

La Tribune Hebdomadaire - - QU’ELLE EST VERTE MA VALLÉE -

Il se trouve qu’une ré­vo­lu­tion tech­no­lo­gique est en train de se pro­duire sur les sites de ren­contre. Avant, c’est-à-dire il y a quelques an­nées à peine, on pos­tait un pro­fil sur un site de ren­contre, on rem­plis­sant des ques­tion­naires, en se mon­trant sous son meilleur pro­fil. On pou­vait même pos­ter une pho­to an­cienne de soi, voire po­ser avec un chien alors qu’on n’avait pas du tout de chien. Bref, on pou­vait trom­per son monde et le pe­tit jeu des uns et des autres consis­tait alors à dé­bus­quer les pièges, les men­songes, les à-peu-près, en écri­vant des mails et en­core des mails du­rant des mois en­tiers avant de se ré­soudre à l’in­évi­table : la ren­contre.

La pre­mière ré­vo­lu­tion est celle de Fa­ce­book. Tout y est : ce que l’on aime, les livres que l’on a lus, ses chan­teurs pré­fé­rés, ses res­tau­rants fa­vo­ris, le tout dé­mul­ti­plié chez ses amis, les amis de ses amis. Une amie co­mé­dienne et met­teuse en scène m’a avoué l’autre jour qu’elle avait 800 amis sur Fa­ce­book, tous co­mé­diens. Ima­gi­nez quelle banque de don­nées ex­tra­or­di­naire, que des al­go­rithmes so­phis­ti­qués au­raient tôt fait de trans­for­mer en « » et en couples vir­tuels…

En fait, ce­la existe dé­jà. Le site s’ap­pelle Yoke, une consoeur en a par­lé ré­cem­ment dans les pages bu­si­ness de l’He­rald C’est un site de ren­contres qui ex­trait les in­for­ma­tions dis­po­nibles de Fa­ce­book, comme la ville où l’on ha­bite, les films que l’on aime, et qui gé­nère en­suite des ren­contres vir­tuelles avec des amis d’amis, ba­sées sur ces centres d’in­té­rêt com­muns. écrit Jen­na Wor­tham… D’autres ser­vices liés à Fa­ce­book ex­ploitent ce même fi­lon, comme « Are you In­ter­es­ted », pro­po­sé aus­si aux abon­nés fran­çais du ré­seau so­cial.

L’al­go­rithme rem­place donc la ma­rieuse ou le ha­sard de la ren­contre. Pour­quoi pas, même si ce­la dé­clenche des po­lé­miques aux États-Unis, y com­pris dans les mi­lieux scien­ti­fiques. Har­ry Reis, professeur de psy­cho­lo­gie à l’uni­ver­si­té de Ro­ches­ter, qui a écrit un grand nombre d’ar­ticles sa­vants sur le su­jet des ren­contres sur In­ter­net, en re­con­naît certes les avan­tages mais n’est pas dupe du rôle des al­go­rithmes et de leur ca­pa­ci­té à pou­voir iden­ti­fier l’âme soeur.

a-t-il ré­cem­ment écrit…

Autre ré­vo­lu­tion liée à la tech­no­lo­gie : la ra­pi­di­té de la ren­contre. Scène de rue à New York, ra­con­tée voi­ci peu dans le

: une jeune femme croise le re­gard d’un homme as­sis à la ter­rasse du Pas­tis, un res­tau­rant de Meat­pa­cking, l’an­cien quar­tier des abat­toirs de Man­hat­tan, dé­sor­mais l’un des hauts lieux de la vie noc­turne à Big Apple. La femme s’ap­proche de la table, et plante une pe­tite carte noire dans le plat de frites du mon­sieur et

. Suit un nu­mé­ro de code et l’adresse d’un site de ren­contres sur In­ter­net, match.com. Il fait par­tie d’une nou­velle gé­né­ra­tion de sites qui veut se dif­fé­ren­cier des grosses ma­chines comme eHar­mo­ny ou Mee­tic en France pour pro­po­ser de nou­velles res­sources tech­no­lo­giques, y com­pris la géo-lo­ca­li­sa­tion pour fa­ci­li­ter le rap­pro­che­ment des pro­fils et donc les chances de ren­contre. Dans ce cadre, la ren­contre est plus ra­pide, plus dé­con­trac­tée et plus « scien­ti­fique ».

Le site cheekd.com, fon­dé par une jeune ar­chi­tecte, Lo­ri Cheek, pro­pose pour 25 dol­lars par mois, un lot de 50 de ces pe­tites cartes noires que l’on peut faire pas­ser à quel­qu’un qui nous at­tire dans les trans­ports en com­mun, en boîte de nuit, au res­tau­rant, dans un cock­tail, et qui ren­voient à un code et à une mes­sa­ge­rie. Sur le même prin­cipe d’une carte et d’un code, Ra­chel et John DeAl­to ont créé Flipme !, avec des cartes

rouges, où l’on peut lire

Trente cartes et trois mois d’adhé­sion au site flip­me­da­ting.com coûtent 24,99 dol­lars…

Ces deux sites ren­versent un peu les usages : on re­père d’abord quel­qu’un avant de cher­cher à en­trer en contact avec lui, au lieu de lire des textes de pré­sen­ta­tion avan­ta­geux sur un site In­ter­net.

D’autres start-up uti­lisent la géo­lo­ca­li­sa­tion pour fa­vo­ri­ser les ren­contres comme Grin­dr, Are You In­ter­es­ted et Ur­ban Si­gnals. L’une des plus po­pu­laires est Skout, fon­dée en 2007, qui a dé­pas­sé le mil­lion d’adhé­rents et créé une ap­pli­ca­tion iP­hone et an­droïd. Skout uti­lise le GPS pour ai­der ses adhé­rents à trou­ver quel­qu’un qui leur res­semble à quelques di­zaines de mètres à la ronde. Ceux qui s’ins­crivent mettent en ligne un pro­fil som­maire, avec des pho­tos et uti­lisent un ser­vice de mes­sa­ge­rie ins­tan­ta­née pour en­trer en contact lors­qu’ils se re­trouvent à proxi­mi­té l’un de l’autre afin qu’ils puissent dé­ci­der d’un lieu de ren­contre.

dit Ch­ris­tian Wiklund, le fon­da­teur de Scout, qui adore uti­li­ser son sys­tème dans les bars :

[© Ven­tu­ra/al­to­press/an­dia]

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