L’ob­jec­tif, c’était de dé­clen­cher l’in­ves­tis­se­ment. L’état ne de­mande pas un “cloud” pour lui-même. »

La Tribune Hebdomadaire - - DÉCRYPTAGE -

Deux ans de dis­cus­sions et tou­jours pas une ligne de code écrite. » « Une usine à gaz à la française. » Tels sont les com­men­taires déso­bli­geants faits à propos d’An­dro­mède. Ini­tié en 2009, le pro­jet de « cloud com­pu­ting à la française » – la construc­tion d’un centre d’hé­ber­ge­ment in­for­ma­tique dé­lo­ca­li­sé (« dans les nuages »), fi­nan­cé par l’ar­gent du grand em­prunt – a su­bi mille pé­ri­pé­ties. Heu­reu­se­ment, ven­dre­di 20 avril, in ex­tre­mis avant le pre­mier tour de la pré­si­den­tielle, le mi­nistre de l’In­dus­trie et du nu­mé­rique, Éric Bes­son, et le com­mis­saire gé­né­ral à l’in­ves­tis­se­ment (CGI), Re­né Ri­col, ont an­non­cé leur dé­ci­sion : un « pre­mier in­ves­tis­se­ment » pu­blic de 75 mil­lions d’eu­ros (sur une en­ve­loppe glo­bale de 225 mil­lions d’eu­ros) dans le con­sor­tium for­mé par Orange et Thales. Une so­lu- tion concur­rente por­tée par SFR at­tend aus­si son fi­nan­ce­ment. Das­sault Sys­tèmes, qui avait por­té le pro­jet à l’ori­gine, est sor­ti du jeu. Ré­cit d’un em­brouilla­mi­ni in­dus­triel. Pour­quoi a-t-on vou­lu un « cloud à la française » ? « J’avais fait pa­raître une tri­bune libre il y a deux ans sur l’im­por­tance stra­té­gique pour la France d’avoir son propre sys­tème. J’ai été en­suite in­vi­té à en par­ler à l’Ély­sée. J’avais même dit que ce pro­jet des­ti­né à pous­ser la créa­tion d’un éco­sys­tème pour les start-up et les PME né­ces­si­te­rait au to­tal un mil­liard d’eu­ros d’in­ves­tis­se­ment », se sou­vient le di­rec­teur gé­né­ral de Das­sault Sys­tèmes, Ber­nard Char­lès, qui a ren­con­tré à cette oc­ca­sion le conseiller spécial de Ni­co­las Sar­ko­zy, Hen­ri Guai­no, et le se­cré­taire gé­né­ral de l’Ély­sée, Claude Guéant.

Quand François Fillon émet ce voeu, dé­but 2010, tout le monde y voit la vo­lon­té de l’État de se mettre à l’abri du Patriot Act, la loi an­ti­ter­ro­riste qui per­met aux États-Unis d’ob­te­nir de ses en­tre­prises tout do­cu­ment confi­den­tiel. Mais l’am­bi­tion de l’État est avant tout é c o n o mique. « L’ob­jec­tif, c’était de dé­clen­cher l’in­ves­tis­se­ment. L’État ne de­mande pas un ‘‘cloud’’ pour lui­même. Il hé­berge dé­jà ses propres don­nées sou­ve­raines » , in­dique un

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