Pour­quoi l’es­pagne vote Hol­lande

La Tribune Hebdomadaire - - TERRITOIRE­S - Gaëlle Lu­cas, à Ma­drid

Pour qui vo­te­rait Ma­ria­no Ra­joy ? Le Pre­mier mi­nistre es­pa­gnol, conser­va­teur, se­rait sans doute ten­té par un vote pour un « ami » po­li­tique, comme Ni­co­las Sar­ko­zy. Pour­tant, le choix de Ra­joy ne peut se ré­duire aux af­fi­ni­tés idéo­lo­giques. Son gou­ver­ne­ment ap­plique l’aus­té­ri­té pré­co­ni­sée par l’Union eu­ro­péenne (UE), mais les ana­lystes consi­dèrent que sans geste de l’UE ces ef­forts se­ront vains. Preuve en est la re­cru­des­cence des ten­sions sur le mar­ché de la dette, alors que Ma­ria­no Ra­joy a an­non­cé des éco­no­mies de 27 mil­liards d’eu­ros pour 2012, ain­si qu’une ré­forme des sys­tèmes de san­té et d’édu­ca­tion afin de ré­duire les dé­penses de 10 mil­liards d’eu­ros. « Les ré­formes de 2012 por­te­ront peut-être leurs pre­miers fruits en 2013. Alors, la si­tua­tion s’apai­se­ra. Mais, pour ce­la, il faut que l’Es­pagne tienne jusque-là sans en­combre. La BCE doit par son ac­tion ga­ran­tir à l’Es­pagne un sur­sis au­près des mar­chés en 2012 en créant une confiance ar­ti­fi­cielle » , pré­co­nise Da­niel Pin­garrón, chez IG Mar­kets. Par­mi les re­cettes avan­cées fi­gure la pos­si­bi­li­té pour le su­per­vi­seur de prê­ter di­rec­te­ment aux États. Les pro­po­si­tions de François Hol­lande vont dans ce sens. Le can­di­dat so­cia­liste plaide pour une ré­vi­sion des sta­tuts de la BCE et pour la mise en place de po­li­tiques de crois­sance. Ni­co­las Sar­ko­zy s’est fi­na­le­ment ral­lié à cette idée mais, à Ma­drid, sa fia­bi­li­té est mise en ques­tion...

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