Mais qui sont ces eu­ros étran­gers qui en­va­hissent nos poches ?

La Tribune Hebdomadaire - - QU’ELLE EST VERTE MA VALLÉE -

Une étude de l’Ined montre que la dif­fu­sion des eu­ros est un bon in­di­ca­teur de l’ou­ver­ture des échanges. Un tiers des pièces en cir­cu­la­tion sont d’ori­gine étran­gère, es­sen­tiel­le­ment des pays fron­ta­liers…

Vi­dez vos poches et re­tour­nez vos pièces de mon­naie cô­té face. Com­bien de pièces frap­pées du sceau de la se­meuse, signe re­con­nais­sable d’une ori­gine française ? Et com­bien de pièces ori­gi­naires d’un autre pays de la zone eu­ro et les­quelles ? De­puis dix ans, et l’in­tro­duc­tion de l’eu­ro fi­du­ciaire, l’Ins­ti­tut na­tio­nal des études dé­mo­gra­phiques pro­cède à un tel son­dage, au­près d’un échan­tillon re­pré­sen­ta­tif de la po­pu­la­tion française. Soit au to­tal 16 en­quêtes de ce type de­puis mars 2002, avec plus de 20 000 ré­pon­dants et 300 000 pièces exa­mi­nées en no­tant scru­pu­leu­se­ment leur va­leur et leur « na­tio­na­li­té ». Jus­qu’à la der­nière, celle de mars 2011, pu­bliée cette se­maine (www.ined.fr). En ces temps où l’on ne parle que de « fron­tières », de re­mise en cause de l’es­pace Schen­gen et de dé­bat sur l’im­mi­gra­tion, cette étude de l’Ined sur la cir­cu­la­tion des eu­ros tombe à point nom­mé pour ali­men­ter la ré­flexion sur l’ou­ver­ture des échanges en Eu­rope. Ces eu­ros étran­gers qui en­va­hissent nos poches re­pré­sen­taient en dé­cembre 2011 un tiers (34 % contre 5 % en mars 2002) des pièces de mon­naie en cir­cu­la- ayant émis, à Pes­sac, un cin­quième des eu­ros). « Même si l’on ne tient pas compte de l’en­trée de nou­veaux pays dans la zone eu­ro, il est clair que le mé­lange n’a pas été aus­si ra­pide que le pré­voyaient phy­si­ciens et ma­thé­ma­ti­ciens », re­lèvent les au­teurs de l’étude (Claude Grasland, France Guérin-Pace, Ma­rion Le Texier et Bé­né­dicte Gar­nier). D’autres pays sont plus en avance, no­tam­ment ceux du Be­ne­lux. Aux Pays-Bas, trois pièces sur quatre sont d’ori­gine étran­gère et les pièces al­le­mandes sont même plus nom­breuses que les néer­lan­daises. En France, deux types de pro­pa­ga­tion ont été re­pé­rés par l’Ined : l’une ra­pide, mais à courte dis­tance, lo­ca­li­sée dans les zones fron­ta­lières et l’autre plus lente, mais à plus longue dis­tance. Dans les zones fron­ta­lières, où le mé­lange est in­tense, les al­lers­re­tours sont nom­breux et la dif­fu­sion dans le reste du ter­ri­toire est lente. En re­vanche, les mo­bi­li­tés pro­fes­sion­nelles et tou­ris­tiques à longue dis­tance sont plus ef­fi­caces mais, étant le fait des élites so­ciales, cor­res­pondent à des dé­pla­ce­ments moins nom­breux et des échanges de pièces moins fré­quents. Ain­si, dans l’Ouest, trois pièces sur quatre de­meurent fran­çaises, alors que le mé­lange frôle les 50 % à l’Est et au Sud Est. Cu­rieu­se­ment, les pièces ne cir­culent pas au même rythme se­lon leur va­leur. Les pièces de 50 cen­times, 1 et 2 eu­ros sont dé­jà en ma­jo­ri­té étran­gères. Plus on des­cend en va­leur, moins le mé­lange est im­por­tant, ce qui cor­res­pond à la réa­li­té des paie­ments et à l’aban­don pro­gres­sif de l’usage des pièces

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