La créa­tion d’em­plois aux ÉtatsU­nis pour­ra être un atout dé­ter­mi­nant pour l’ob­ten­tion de contrats avec le Pen­ta­gone.

La Tribune Hebdomadaire - - TERRITOIRE­S - Paul Lau­ba­cher (avec Mi­chel Ca­bi­rol)

À terme, Air­bus pro­dui­ra chaque mois un to­tal de plus de cin­quante A320 Neo, la ver­sion amé­lio­rée de son mo­no­cou­loir ve­dette pré­vue pour 2015, a dé­cla­ré lun­di à Reuters le di­rec­teur com­mer­cial de l’avion­neur eu­ro­péen, John Lea­hy. Le construc­teur compte pro­duire dans l’usine amé­ri­caine « entre 40 et 50 avions par an » . La constructi­on du site se­ra lan­cée dès l’été 2013 afin que l’as­sem- blage des avions puisse « dé­bu­ter en 2015 » . Les pre­mières li­vrai­sons de­puis le site de Mo­bile « de­vraient avoir lieu en 2016 » . Même les plus ré­ti­cents à cette dé­ci­sion, à l’image de l’an­cien pré­sident d’EADS Louis Gal­lois, font va­loir que « la crois­sance de l’en­tre­prise donne une marge de ma­noeuvre pour im­plan­ter une chaîne d’as­sem­blage à l’ex­té­rieur de l’Eu­rope sans im­pact sur les im­plan­ta­tions de Ham­bourg et de Tou­louse » . Au­jourd’hui, le site tou­lou­sain pro­duit qua­torze A320, ce­lui de Tian­jin va pas­ser de trois à quatre, le reste étant pro­duit à Ham­bourg. Le pro­jet de 600 mil­lions de dol­lars (en­vi­ron 474 mil­lions d’eu­ros) va per­mettre à Air­bus de mieux pro­fi­ter du mar­ché amé­ri­cain, no­tam­ment ce­lui des avions mo­no­cou­loirs. Les com­pa­gnies aé­riennes vont de­voir rem­pla­cer des mil­liers d’appareils d’an­cienne gé­né­ra­tion, au­jourd’hui beau­coup trop gour­mands en ké­ro­sène. L’avion­neur eu­ro­péen es­time le po­ten­tiel de ce mar­ché, le pre­mier mon­dial pour ce type d’avions, à 4 600 appareils pour les vingt pro­chaines an­nées. Une cible très al­lé­chante pour la fi­liale d’EADS. D’au­tant que la part de mar­ché d’Air­bus aux États-Unis reste déses­pé­ré­ment basse, de l’ordre de 20 % sur les dix der­nières an­nées, alors que l’avion­neur dé­tient plus de 50 % du mar­ché mon­dial.

Cette nou­velle usine per­met­tra à Air­bus d’aug­men­ter la ca­dence de pro­duc­tion de l’A320 Neo, un « best-sel­ler », qui croule sous les com­mandes. Un an et de­mi après son lan­ce­ment, dé­but dé­cembre 2010, l’A320 Neo avait fran­chi le 8 juin la barre des 1 400 exem­plaires com­man­dés de ma­nière ferme. Soit une moyenne de plus deux com­mandes fermes (pas loin de 2,5) en­re­gis­trées chaque jour de­puis son lan­ce­ment. Grâce à l’usine de Mo­bile, les dé­lais de li­vrai­son se­ront for­te­ment ré­duits pour sa­tis­faire les com­pa­gnies aé­riennes amé­ri­caines. L’an­nonce d’Air­bus fait des heu­reux, no­tam­ment du cô­té des sé­na­teurs et des membres de la chambre des re­pré­sen­tants de l’Ala­ba­ma, de l’Ohio, du Mis­sis­sip­pi et de Flo­ride. « Ce pro­jet va per­mettre de créer 1 000 em­plois stables et bien ré­mu­né­rés » , pointe le gou­ver­neur de l’Ala­ba­ma, Robert Bent­ley, qui ac­com­pa­gnait Fa­brice Bré­gier lors de l’an­nonce of­fi­cielle. La créa­tion d’em­plois aux États-Unis pour­ra être un atout dé­ter­mi­nant pour l’ob­ten­tion de contrat avec le dé­par­te­ment de la Dé­fense amé­ri­cain. Le sou­ve­nir du contrat de 35 mil­liards de dol­lars avec l’ar­mée de l’air amé­ri­caine que Boeing a ar­ra­ché in ex­tre­mis des mains d’Air­bus est en­core pré­sent dans les es­prits. « Nous y avons acquis beau­coup d’ex­pé­rience et nous nous y sommes fait des ap­puis so­lides » , ex­plique Tom En­ders, le pré­sident d’EADS.

[AFP]

La chaîne d’as­sem­blage d’Air­bus A320 à Tian­jin, en Chine.

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