Pour pou­voir mettre en oeuvre Bâle III dès 2013, les banques eu­ro­péennes ré­duisent la voi­lure dans des mé­tiers très gour­mands en ca­pi­taux.

La Tribune Hebdomadaire - - QU’ELLE EST VERTE MA VALLÉE - Ch­ris­tine le­joux

Les pro­chains mois pour­raient être plus sa­tis­fai­sants en­core pour les banques amé­ri­caines. Et ce en rai­son de leur len­teur cal­cu­lée à mettre en oeuvre la fu­ture ré­gle­men­ta­tion dite de Bâle II. Celle-ci im­pose aux banques de ren­for­cer leurs fonds propres afin d’évi­ter une crise sys­té­mique, et doit être ap­pli­quée d’ici à 2019. Mais, alors que les banques eu­ro­péennes – pres­sées, il est vrai, par la crise de la zone eu­ro – se sont en­ga­gées à res­pec­ter Bâle II dès le 1er jan­vier 2013, les éta­blis­se­ments amé­ri­cains sont en revanche dé­ci­dés à prendre tout leur temps. Un dé­ca­lage qui fait bien les af­faires des banques amé­ri­caines. Car la né­ces­si­té de mettre en oeuvre Bâle III dès 2013 conduit de­puis bien­tôt six mois les banques eu­ro­péennes à ré­duire la voi­lure dans des mé­tiers très gour­mands en ca­pi­taux. C’est le cas du fi­nan­ce­ment ma­ri­time (cons­truc­tion de ba­teaux, etc.). Fin juin, Com­merz­bank, qui était pour­tant nu­mé­ro deux en Allemagne sur ce cré­neau, a an­non­cé mettre fin à cette ac­ti­vi­té. Quelques jours plus tôt, la So­cié­té gé­né­rale avait cé­dé La banque si­no-bri­tan­nique HSBC, autre ha­bi­tuée des pre­mières places sur le mar­ché des prêts syn­di­qués, a elle aus­si dé­vis­sé de six éche­lons, tom­bant à la 14e place. À l’in­verse, Wells Far­go a grim­pé de six places, pour se pro­pul­ser en qua­trième po­si­tion, Mor­gan Stan­ley est pas­sée du 15e au 13e rang, et la banque ca­na­dienne RBC Ca­pi­tal Mar­kets s’est en­vo­lée de 18 places, ce qui lui per­met de fi­gu­rer dans le « top 10 ». Même au sein de la zone eu­ro, les banques eu­ro­péennes risquent de perdre leur pré­do­mi­nance his­to­rique sur le mar­ché des prêts syn­di­qués, se­lon une en­quête pu­bliée en mai par l’agence de no­ta­tion Fitch. N’est-ce pas ce qu’on ap­pelle de la dis­tor­sion de concur­rence ?

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Wells Far­go a vu son ré­sul­tat net bon­dir de 17 % au deuxième tri­mestre.

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