OUI, LA FRANCE PEUT AT­TI­RER LES IN­VES­TIS­SEURS!!

Avec un pro­gramme adap­té, le po­ten­tiel d’in­ves­tis­se­ment des en­tre­pre­neurs non eu­ro­péens pour­rait être com­pris entre 5 et 10 mil­liards d’eu­ros.

La Tribune Hebdomadaire - - LES CHRONIQUES -

De nom­breux pro­grammes existent dans le monde pour at­ti­rer les in­ves­tis­se­ments. Par exemple, le Wall Street Jour­nal an­non­çait en mars der­nier que 150$000"Chi­nois avaient bé­né­fi­cié de ce type de dis­po­si­tifs et avaient in­ves­ti dans les pays qui en fai­saient la pro­mo­tion (pour l’es­sen­tiel, les États-Unis, le Ca­na­da et le Royaume-Uni). De­puis la créa­tion du prin­cipe de carte de ré­sident éco­no­mique pour contri­bu­tion ex­cep­tion­nelle, la pre­mière di!culté pour un can­di­dat non eu­ro­péen est de trou­ver une banque fran­çaise ac­cep­tant de s’in­ves­tir dans la pro­cé­dure « Lutte an­ti­blan­chi­ment » pour jus­ti­fier de l’ori­gine de ses fonds.

Dans le pro­lon­ge­ment des rap­ports Gal­lois et Ber­gerLe­febvre, la mise en avant d’un dis­po­si­tif d’in­ci­ta­tion pour orien­ter l’épargne des pays émer­gents vers le non­co­té fran­çais et une im­pul­sion politique forte pour le pro­mou­voir à l’in­ter­na­tio­nal peuvent dé­blo­quer le sec­teur du ca­pi­tal in­ves­tis­se­ment dont la si­tua­tion ac­tuelle met en pé­ril la ca­pa­ci­té de la France à lan­cer les pro­jets d’en­tre­prise au­da­cieux.

Se­cond constat : les banques fran­çaises re­fusent presque sys­té­ma­ti­que­ment ce type de de­mandes si le can­di­dat ne s’en­gage pas à trans­fé­rer des ca­pi­taux si­gni­fi­ca­tifs sous ges­tion en plus de l’in­ves­tis­se­ment qu’il sou­haite réa­li­ser dans notre éco­no­mie. En e#et, pour- quoi une banque irait en­ga­ger sa res­pon­sa­bi­li­té pour ser­vir de « boîte aux lettres » pour in­ves­tir dans des biens pro­duc­tifs qui ne lui rap­por­te­ront rien. Or, si l’at­trac­ti­vi­té de la France pour les en­tre­pre­neurs non eu­ro­péens est in­dis­cu­table, leur ac­cueil est très loin de la ré­pu­ta­tion his­to­rique de notre pays et fait les beaux jours des éco­no­mies an­glo-saxonnes.

EN L’ÉTAT, LA « CARTE DE RÉ­SIDENT ÉCO­NO­MIQUE » EST IN­EF­FI­CACE

Troi­sième constat : beau­coup de moyens existent pour ac­cueillir des en­tre­prises, mais les en­tre­pre­neurs eux-mêmes ont été ou­bliés. Il nous semble donc per­ti­nent de mettre en oeuvre une pré­sen­ta­tion claire du dis­po­si­tif, de cen­tra­li­ser les can­di­da­tures à tra­vers un gui­chet unique, et d’adap­ter l’ac­cueil en rap­port avec le mon­tant des in­ves­tis­se­ments.

En conclu­sion, au plan théo­rique, le pro­gramme fran­çais de carte de ré­sident éco­no­mique est at­trac­tif. Nous avons eu l’oc­ca­sion de le vé­ri­fier lors du Fo­rum de Du­bai du 20"no­vembre der­nier. Mais, en pra­tique, notre pro­gramme est en l’état ine!cace en tant que vé­ri­table ou­til de fi­nan­ce­ment de notre éco­no­mie. Avec un pro­gramme adap­té, le po­ten­tiel de can­di­dats in­ves­tis­seurs non eu­ro­péens pour­rait être rai­son­na­ble­ment éva­lué à 3$000 par an. Et les in­ves­tis­se­ments qui se­raient réa­li­sés pour­raient être com­pris entre 5 et 10"mil­liards d’eu­ros. Le gou­ver­ne­ment vient d’a!cher sa vo­lon­té d’ac­tua­li­ser ces pro­grammes. Il se­rait plus que dom­ma­geable de man­quer sem­blable op­por­tu­ni­té.

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