LA «BU­SI­NESS IN­TEL­LI­GENCE», C’EST FA­CILE

IN­FOR­MA­TIQUE Au­tre­fois ré­ser­vée à quelques uti­li­sa­teurs pri­vi­lé­giés, l’in­for­ma­tique dé­ci­sion­nelle est en­trée dans l’ère du Web 2.0. Plus simple à uti­li­ser, elle in­té­resse dé­sor­mais tous les sa­la­riés qui ont à ana­ly­ser leurs don­nées afin de prendre les mei

La Tribune Hebdomadaire - - LA UNE - ERICK HAEHN­SEN

Connec­tée au big da­ta et aux ré­seaux so­ciaux, mais aus­si ac­ces­sible par tous grâce au cloud com­pu­ting, la nou­velle «! in­for­ma­tique dé­ci­sion­nelle!» (ou BI, pour bu­si­ness in­tel­li­gence) est en ordre de marche.

Ar­ri­vée il y a plus de vingt! ans dans les en­tre­prises, la BI a long­temps été ré­ser­vée ex­clu­si­ve­ment à quelques membres des di­rec­tions gé­né­rales, mar­ke­ting ou fi­nan­cière. Pour­quoi"? Son dé­ploie­ment coû­teux et sa com­plexi­té d’usage obli­geaient les uti­li­sa­teurs à faire ap­pel à la di­rec­tion des sys­tèmes d’in­for­ma­tion (DSI) dès lors qu’ils vou­laient pro­duire de nou­veaux ta­bleaux de bord pour suivre leur ac­ti­vi­té. « Les en­tre­prises ont dé­pen­sé des sommes co­los­sales en BI. Et pour­tant, seuls 25!% des cadres l’uti­lisent », lance Karl Van den Bergh, vice-pré­sident pro­duits et al­liances chez Jas­per­soft, un édi­teur de lo­gi­ciels de BI. Un constat que par­tagent d’autres édi­teurs de BI de nou­velle gé­né­ra­tion, comme Qlik­Tech ou Ta­bleau Soft­ware, qui pro­posent des por­tails dé­ci­sion­nels Web 2.0.

DES UTI­LI­SA­TEURS PLEI­NE­MENT AU­TO­NOMES

Er­go­no­miques et simples d’usage, ces nou­veaux ou­tils per­mettent, par exemple, aux sa­la­riés de créer, de ma­nière au­to­nome et en temps réel, leurs propres in­di­ca­teurs ou leurs ta­bleaux de bord. Mieux : d’un clic, ils peuvent par­ta­ger leurs rap­ports et en­ta­mer un tra­vail de ma­nière col­la­bo­ra­tive avec leurs col­lègues équi­pés de ta­blettes tac­tiles ou de smartphone­s. Dans ce cas, les ta­bleaux créés sont au­to­ma­ti­que­ment mis au for­mat et à la taille de l’écran afin de rendre la lec­ture plus er­go­no­mique.

De quoi dé­mo­cra­ti­ser l’usage de la BI jusque dans les ate­liers de pro­duc­tion in­dus­trielle. C’est du moins l’am­bi­tion de l’amé­ri­cain Qlik­Tech, qui es­time que, de­main, les consom­ma­teurs et sa­la­riés fe­ront de la BI comme M.!Jour­dain de la prose. « Avec leurs ta­blettes tac­tiles, les opé­ra­teurs d’un ate­lier de pro­duc­tion pour­ront ana­ly­ser les ten­dances de la pro­duc­tion et vi­sua­li­ser en temps réel les taux de re­jet » , an­ti­cipe dé­jà Re­né Ber­gniard, vi­ce­pré­sident de la fi­liale fran­çaise de Qlik­Tech dont le siège so­cial est à Rad­nor en Penn­syl­va­nie, aux ÉtatsU­nis. Avec ses 1"480! sa­la­riés, cet édi­teur compte 28"000!clients dans le monde pour un chi#re d’a#aires de 295,1 mil­lions d’eu­ros, en crois­sance de plus de 20"% par rap­port à 2011.

« À la di"érence de nos concur­rents his­to­riques, nous n’obli­geons pas nos uti­li­sa­teurs à pré­dé­fi­nir leurs re­quêtes pour créer leurs ta­bleaux de bord, fait va­loir Re­né Ber­gniard. Notre lo­gi­ciel QlikView laisse l’uti­li­sa­teur rai­son­ner très sim­ple­ment par as­so­cia­tion d’idées. »

L’édi­teur dé­fend ain­si une ap­proche bap­ti­sée bu­si­ness dis­co­ve­ry (dé­cou­verte du lo­gi­ciel di­rec­te­ment par l’uti­li­sa­teur). Pour que les sa­la­riés éla­borent leurs re­quêtes, cette so­lu­tion em­barque des connec­teurs. Les­quels sont ca­pables d’ex­traire en temps réel l’in­for­ma­tion per­ti­nente en se gre#ant non seule­ment sur toutes les ap­pli­ca­tions mé­tier de l’en­tre­prise (ges­tion de la re­la­tion client, mar­ke­ting, lo­gis­tique, ser­vice après vente, etc.), mais aus­si sur les énormes sources de don­nées ex­ternes du big da­ta et de l’open da­ta (don­nées pu­bliques li­bre­ment ac­ces­sibles). De la sorte, l’uti­li­sa­teur peut en­ri­chir les pro­fils de ses pros­pects avec, par exemple, des don­nées dé­mo­gra­phiques, géo­gra­phiques ou com­por­te­men­tales.

Idem pour Jas­per­soft, dont le siège so­cial est à San Fran­cis­co. Lau­réat du prix In­fo­world 2013 qui ré­com­pense les meilleures tech­no­lo­gies de l’an­née, son lo­gi­ciel open source (à code source ou­vert) est un des plus di#usés au monde avec 130"000!ap­pli­ca­tions ac­tuel­le­ment en pro­duc­tion. À la di#érence de la ma­jo­ri­té de ses concur­rents, son lo­gi­ciel est prin­ci­pa­le­ment in­té­gré dans des ap­pli­ca­tions mé­tier. « Les édi­teurs re­pré­sentent les deux tiers de nos 1!800#clients. Le der­nier tiers concerne des en­tre­prises qui dé­ve­loppent leurs propres ap­pli­ca­tions dé­ci­sion­nelles, à l’ins­tar d’Erics­son, de Pu­ma ou de Veo­lia » , ex­plique Karl Van den Bergh. Ici éga­le­ment, les uti­li­sa­teurs peuvent vi­sua­li­ser leurs don­nées sur smart­phone ou ta­blette tac­tiles.

LE DÉ­CI­SION­NEL «!DANS LE NUAGE!», C’EST TEN­DANCE

Mais cer­taines ap­pli­ca­tions vont plus loin. « Grâce à notre mo­teur de re­cherche sé­man­tique, les sa­la­riés peuvent se connec­ter au big da­ta pour ex­ploi­ter des don­nées pro­ve­nant par exemple de Fa­ce­book, Twit­ter ou de bases de don­nées de type In­see » , sou­ligne Karl Van den Bergh, qui pro­pose éga­le­ment son lo­gi­ciel de BI « dans le nuage ». À cet égard, les clients de l’o#re de cloud com­pu­ting d’Ama­zon ac­cèdent à ce ser­vice pour moins de 40! cen­times d’eu­ro de l’heure.

Ce dé­ci­sion­nel « dans le nuage » consti­tue d’ailleurs une ten­dance forte sur le mar­ché de la BI. En té­moigne la nou­velle offre de Mi­croS­tra­te­gy (600 mil­lions de dol­lars de chi#re d’a#aires pour 2012), un des ac­teurs his­to­riques

[DR]

Le cloud com­pu­ting et la mobilité, deux grands axes de dé­ve­lop­pe­ment de l’édi­teur amé­ri­cain Mi­croS­tra­te­gy.

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