L’AGENCE DE DE­MAIN SE­RA MUL­TI­FORME

La Tribune Hebdomadaire - - L’ÉVÉNEMENT - CH­RIS­TINE LE­JOUX

Simples agences vi­trines, mé­gas­tores, banques ca­mion­nettes… La mul­ti­pli­ca­tion des for­mats va prendre le pas sur l’agence ban­caire uni­forme pro­po­sant les mêmes pres­ta­tions par­tout.

Àquoi res­sem­ble­ront les agences ban­caires de de­main!? D’abord, elles se­ront moins nom­breuses. Le cha­land n’en trou­ve­ra plus à chaque coin de rue, pro­jets de fer­me­tures obligent. « Des ré­gions sont très a#ec­tées par la crise éco­no­mique, d’autres beau­coup moins. Il convient donc, non pas for­cé­ment de fer­mer, mais de re­lo­ca­li­ser cer­taines agences » , in­siste une fine connais­seuse du sec­teur, qui pré­fère res­ter ano­nyme. Il faut dire que cer­tains syn­di­cats com­mencent à re­dou­ter une dé­ser­ti­fi­ca­tion ban­caire dans les pe­tites villes. 56!% des ban­quiers fran­çais pré­voient que la den­si­té de leur ré­seau d’agences en mi­lieu ru­ral va di­mi­nuer dans les pro­chaines an­nées, d’après une en­quête pu­bliée à la fin de 2012 par l’Ef­ma, as­so­cia­tion char­gée de pro­mou­voir l’in­no­va­tion dans le sec­teur ban­caire. Et ce n’est pas un ha­sard si le Cré­dit agri­cole ex­pé­ri­mente un mo­dèle de banque en ca­mion­nette dans le centre de la France…

Plu­sieurs for­mats d’agence de­vraient ain­si voir le jour, en fonc­tion du mar­ché lo­cal. Ce se­ra la fin de l’agence uni­forme, qui pro­pose les mêmes pres­ta­tions par­tout. « En fer­mant deux agences de trois per­sonnes, nous pour­rons faire une agence plus im­por­tante de quatre ou cinq per­sonnes, ce qui per­met­tra d’o#rir un ser­vice di#érent » , a ain­si in­di­qué Jean-Fran­çois Sam­mar­cel­li, di­rec­teur gé­né­ral dé­lé­gué de la So­cié­té gé­né­rale. Simples agences vi­trines qui pro­posent le strict mi­ni­mum, agences « co­sy » pour la dis­tri­bu­tion de cré­dits im­mo­bi­liers et autres opé­ra­tions so­phis­ti­quées, mé­gas­tores où le client trouve toute la pa­lette des ser­vices ban­caires… L’étude de l’Ef­ma évoque une di­zaine de for­mats, adap­tés, les uns aux vil­lages ru­raux, les autres aux gares et aux aé­ro­ports, ou en­core aux cen­tres­villes et aux ga­le­ries mar­chandes.

LES AGENCES PHY­SIQUES ONT EN­CORE DE L’AVE­NIR

Les ho­raires d’ou­ver­ture de ces agences ne se­ront pas les mêmes, pas plus que la na­ture des ser­vices pro­po­sés. Le ca­bi­net de conseil en stra­té­gie Bos­ton Con­sul­ting Group (BCG) ima­gine ain­si des agences spé­cia­li­sées dans le fi­nan­ce­ment au­to­mo­bile, d’autres axées sur le cré­dit im­mo­bi­lier, par exemple. L’idée étant d’a#ec­ter le per­son­nel, au­jourd’hui sub­mer­gé par les tâches ad­mi­nis­tra­tives et opé­ra­tion­nelles, à des pres­ta­tions à va­leur ajou­tée afin de ga­gner en pro­duc­ti­vi­té. Pour le tout-ve­nant, à sa­voir les re­mises de chèques, les dé­pôts d’es­pèces et autres opé­ra­tions ban­caires cou­rantes, il y a des au­to­mates.

Une cer­ti­tude : l’agence ban­caire a en­core de l’ave­nir. « En­vi­ron 30!% des par­ti­cu­liers consi­dèrent la proxi­mi­té d’une agence comme un fac­teur de choix d’une nou­velle en­seigne, le contact phy­sique de­meu­rant in­dis­pen­sable pour éta­blir une re­la­tion de confiance et four­nir des ser­vices à va­leur ajou­tée » , a$rme le BCG. D’ailleurs, cer­tains pure players de la banque en ligne eux-mêmes dé­ve­loppent un ré­seau – certes res­treint – d’agences phy­siques. Une adap­ta­tion du re­tour vers le « brick and mor­tar » (en­tre­prise tra­di­tion­nelle faite de brique et de mor­tier) qui laisse en­core quelques bons es­poirs à la banque en dur…

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