Sé­cu­ri­té et dum­ping, pour­quoi la Chine fait peur

La Tribune Hebdomadaire - - L’ENQUÊTE - D.C.

Si Hua­wei fait une croix sur les États-Unis, c’est que ses ten­ta­tives d’en­trer sur ce mar­ché lu­cra­tif ont été stop­pées net. Il a dû re­non­cer à l’ac­qui­si­tion de 3COM en 2008 puis à celle de 3Leaf en 2010 face à l’op­po­si­tion du Congrès. En oc­tobre, un rap­port de la com­mis­sion du ren­sei­gne­ment de la Chambre des re­pré­sen­tants a car­ré­ment conclu que « Hua­wei et ZTE ne peuvent pas ga­ran­tir leur in­dé­pen­dance par rap­port à l’in­fluence d’un État étran­ger » ce qui crée « une me­nace pour la sé­cu­ri­té des États-Unis » . Les opé­ra­teurs amé­ri­cains sont donc priés de ne pas faire af­faire avec eux, sauf pour les smartphone­s et clés mo­dems, moins sen­sibles. En Aus­tra­lie aus­si, le gou­ver­ne­ment, qui a lan­cé un grand plan de dé­ploie­ment de la fibre op­tique, a écar­té Hua­wei pour rai­sons de sé­cu­ri­té. En France, le rap­port du sé­na­teur Bo­ckel a pré­co­ni­sé l’été der­nier « une to­tale in­ter­dic­tion des rou­teurs chi­nois » . Mais en Eu­rope le dan­ger est autre que les ac­cu­sa­tions d’es­pion­nage. La Com­mis­sion eu­ro­péenne vient de me­na­cer d’ou­vrir une en­quête concer­nant des pra­tiques an­ti-dum­ping ou aides d’État concer­nant les équi­pe­men­tiers télécoms chi­nois, Hua­wei et ZTE, sans les nom­mer. Les concur­rents eu­ro­péens dé­noncent ce dum­ping de­puis une dé­cen­nie, mais au­cun n’a por­té plainte de peur d’être, en re­pré­sailles, ban­ni du très im­por­tant mar­ché chi­nois, en plein boom. Pé­kin a dé­jà me­na­cé de ri­poste. Une en­quête si­mi­laire sur les clés 3G avait été clas­sée sans suite en 2011.

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