LA VOI­TURE VERTE AVANCE AU RA­LEN­TI

Hy­bride, élec­trique, de­main à hy­dro­gène… la voi­ture propre com­mence à prendre sa place. Mais cette ré­vo­lu­tion in­dus­trielle tarde à connaître un suc­cès com­mer­cial à la hau­teur des ur­gences éner­gé­tiques et cli­ma­tiques.

La Tribune Hebdomadaire - - LA UNE - ALAIN-GA­BRIEL VER­DE­VOYE

Les vé­hi­cules « verts »!? Tout le monde en parle : po­li­tiques, as­so­cia­tions, consul­tants, mé­dias, ex­perts au­to­pro­cla­més en tous genres, hous­pillant les construc­teurs qui ne vont pas as­sez vite et loin. Seule­ment voi­là, si cha­cun ré­clame la voi­ture propre, per­sonne n’est vrai­ment d’ac­cord pour dé­fi­nir ce qu’est réel­le­ment un mo­dèle « éco­lo­gique ». La confu­sion est telle que les die­sels, ac­cu­sés de nuire à la san­té pu­blique, sont en même temps en­cou­ra­gés de­puis des an­nées par le sys­tème de bo­nus­ma­lus, au nom de la lutte contre l’e"et de serre!!

Tous se ré­con­ci­lient, certes, sur les mi­ri­fiques avan­tages de l’élec­trique et des hy­brides. Mais nul ne peut nier que le mo­dèle « zé­ro émis­sion » à l’au­to­no­mie ul­tra­li­mi­tée et re­char­geable pen­dant une di­zaine d’heures n’a qu’une vo­ca­tion ul­tra-li­mi­tée ex­cluant tout tra­jet de plus de cent ki­lo­mètres. Quant aux hy­brides (mo­teurs ther­mique et élec­trique), ils sont très so­phis­ti­qués et donc pour la plu­part ar­chi-éli­tistes, en rai­son de leur ta­rif. En outre, ces hy­brides fonc­tionnent en fait très peu en mode élec­trique pur : deux ki­lo­mètres au plus. Reste l’hy­bride re­char­geable, mais pour l’heure bal­bu­tiant et en­core plus dis­pen­dieux que l’hy­bride!!

Comment s’y re­trou­ver dans ces dé­bats contra­dic­toires, alors que la réa­li­té tech­nique est com­plexe et for­cé­ment nuan­cée!? En l’es­pèce, la pa­na­cée n’existe pas mais seule­ment des so­lu­tions par­tielles, dont au­cune n’est sa­tis­fai­sante à 100!%. Au-de­là des dé­bats pas­sion­nels, comment ex­pli­quer les contra­dic­tions de la voi­ture dite « verte »!? Un qua­si­con­sen­sus s’im­pose d’em­blée : ce sont les pro­grès de la voi­ture clas­sique (es­sence et die­sel) qui amé­lio­re­ront, pour l’es­sen­tiel, le bi­lan éco­lo­gique de l’au­to­mo­bile dans les dix ans à ve­nir. Ces vé­hi­cules ther­miques de­vraient en­core re­pré­sen­ter, à l’ho­ri­zon 2020, plus de 80!%, voire 90!%, des ventes to­tales de voi­tures…

LA VOI­TURE DIE­SEL, PO­PU­LAIRE ET HAÏE

Le die­sel, ob­jet de tant de po­lé­miques ré­cur­rentes, a été tra­di­tion­nel­le­ment pri­vi­lé­gié par les pou­voirs pu­blics avec une moindre taxa­tion sur le ga­zole par rap­port au sans-plomb. 60!% du parc fran­çais est ain­si cons­ti­tué de voi­tures die­sel. Le sys­tème de bo­nus-ma­lus « vert » ac­corde en outre une prime aux vé­hi­cules à ga­zole. Lo­gique : la prio­ri­té étant à la ré­duc­tion des gaz à e"et de serre, le die­sel est im­bat­table!! Les mo­teurs à ga­zole consomment in­trin­sè­que­ment 15!% de moins que ceux à es­sence et re­jettent donc d’au­tant moins de CO2, les deux étant stric­te­ment cor­ré­lés. Rien n’y fait. Une Ci­troën# C4 com­pacte re­jette ain­si 143 g de CO2 au ki­lo­mètre avec un mo­teur à es­sence de 120 CV et 119 g avec un die­sel de 115 CV. Un mo­no­space Re­nault Scé­nic de 130 CV re­jette 140 g en es­sence, 114 g en die­sel.

Seule­ment voi­là. S’il est cham­pion pour le CO2, le die­sel est un cancre en ma­tière de pol­lu­tion, bien da­van­tage que l’es­sence. Eh oui, le CO2 est un gaz à e"et de serre, mais non un pol­luant!! En juin 2012, l’Or­ga­ni­sa­tion mon­diale de la san­té (OMS) a même clas­sé les émis­sions des mo­teurs à ga­zole par­mi les can­cé­ri­gènes pour l’homme. Une étude qui a fait grand bruit. Les par­ti­cules émises par les mo­teurs die­sel se­raient même à l’ori­gine de 42!000 morts pré­ma­tu­rées par an, se­lon le mi­nis­tère de l’Éco­lo­gie. « Ces études portent sur les mo­teurs des an­nées 1960 à 1990,

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