Les PME, une nou­velle source de ren­de­ments pour les épar­gnants

Le pro­jet de loi de fi­nances pour 2014 de­vrait pré­voir la créa­tion d’un nou­veau com­par­ti­ment au sein des PEA, qui se­ra dé­dié aux PME et aux ETI. Des in­ves­tis­se­ments qui, s’ils sont bien choi­sis, pour­raient bien do­per la per­for­mance des pla­ce­ments dans ces

La Tribune Hebdomadaire - - VOS FINANCES - RA­CHEL MON­TE­RO

Pro­jet phare des As­sises de l’en­tre­pre­neu­riat, la créa­tion d’un plan d’épargne en ac­tions (PEA) consa­cré aux pe­tites et moyennes en­tre­prises (PME) et aux éta­blis­se­ments de taille in­ter­mé­diaire (ETI) de­vrait fi­gu­rer dans le pro­chain pro­jet de loi de fi­nances pour 2014. Si les contours du nou­veau PEA n’ont pas en­core été dé­voi­lés, les titres éli­gibles sont dé­jà connus. « Les en­tre­prises co­tées clas­sées dans les pe­tites et moyennes ca­pi­ta­li­sa­tions ou en­core les mi­croen­tre­prises non co­tées de­vraient être éli­gibles au nou­veau com­par­ti­ment du PEA, leur ca­pi­ta­li­sa­tion de­vrait être com­prise entre 1 eu­ro et 1 mil­liard d’eu­ros », in­dique Oli­vier Bour­de­las, pré­sident d’Ino­cap.

Par ailleurs, le PEA-PME consti­tue­ra cer­tai­ne­ment un com­par­ti­ment des PEA dé­jà exis­tants. Il n’y au­ra donc pas créa­tion d’un nou­veau pro­duit, mais aug­men­ta­tion des pla­fonds de ver­se­ments. Ain­si, le PEA dont les ver­se­ments sont li­mit és ac­tuel­le­ment à 132!000 eu­ros va pou­voir ac­cueillir jus­qu’à 150!000 eu­ros, aux­quels on ajou­te­ra un nou­vel étage avec des ver­se­ments al­lant jus­qu’à 75!000 eu­ros pour in­ves­tir dans les PME et les ETI. Au to­tal, la nou­velle en­ve­loppe s’élè­ve­ra donc à 225!000 eu­ros. Et si on in­tègre les re­va­lo­ri­sa­tions des titres, elle pour­ra être bien su­pé­rieure.

Cette ré­forme consti­tue une réelle op­por­tu­ni­té pour les épar­gnants, car les pe­tites et moyennes ca­pi­ta­li­sa­tions a"chent des pro­fils de ren­de­ment at­trac­tifs. Sur trois ans, leur per­for­mance a été de 47!% en moyenne, se­lon Mor­ning­star, contre 24!% pour l’Eu­ro Stoxx 50, qui in­tègre les grandes ca­pi­ta­li­sa­tions. Sur une pé­riode en­core plus longue, à sa­voir cinq ans, la sur­per­for­mance est tout aus­si fla­grante puisque les pe­tites et moyennes ca­pi­ta­li­sa­tions ont at­teint une moyenne de 17!%, contre un ren­de­ment né­ga­tif de - 6!% pour l’Eu­ro Stoxx 50.

En re­vanche, de­puis un an, cette sur­per­for­mance n’est pas vé­ri­fiée, l’Eu­ro Stoxx 50 a"chant un ren­de­ment de 34!%, contre 27!% pour les pe­tites et moyennes ca­pi­ta­li­sa­tions. Mais il faut sou­li­gner que le contexte ac­tuel est très par­ti­cu­lier, les in­ves­tis­seurs se fo­ca­li­sant – compte te­nu de la ré­ces­sion en Eu­rope – sur les grandes en­tre­prises exportatri­ces qui vont cher­cher de la crois­sance en de­hors du Vieux Conti­nent.

UNE PLACE DE MAR­CHÉ DES PME ET ETI

La sur­per­for­mance his­to­rique des pe­tites et moyennes ca­pi­ta­li­sa­tions s’ex­plique par de nom­breux fac­teurs : elles sont plus flexibles que les grandes en­tre­prises, ex­ploitent sou­vent des niches de mar­ché, sont de fa­çon gé­né­rale dé­te­nues par un ma­na­ge­ment fa­mi­lial qui pri­vi­lé­gie une ap­proche de long terme, et en­fin, elles sont peu sui­vies par les ana­lystes, ce qui crée des op­por­tu­ni­tés d’in­ves­tis­se­ment pour les spé­cia­listes.

Ce seg­ment va de­ve­nir d’au­tant plus in­té­res­sant en France que les ré­formes ne se contentent pas d’élar­gir le PEA, mais vont aus­si as­sez loin dans la pro­mo­tion des in­ves­tis­se­ments réa­li­sés dans les pe­tites en­tre­prises. « La Bourse de Pa­ris vient de créer En­terNext, une nou­velle place de mar­ché des PME et ETI qui re­groupe les en­tre­prises co­tées sur Al­ter­next, Eu­ro­list B et Eu­ro­list C et dont la ca­pi­ta­li­sa­tion bour­sière est in­fé­rieure à 1 mil­liard d’eu­ros. Les par­ti­cu­liers, mais aus­si les pro­fes­sion­nels, pour­ront ain­si plus fa­ci­le­ment iden­ti­fier les PME et les ETI, ain­si que leur po­ten­tiel. Un nou­veau con­trat d’as­su­rance-vie éli­gible aux PME et ETI de­vrait éga­le­ment voir le jour. Tout ce­la de­vrait in­ci­ter les ana­lystes à suivre da­van­tage ces en­tre­prises et les gé­rants à pro­po­ser de nou­veaux pro­duits dé­diés. Un éco­sys­tème de­vrait se créer au­tour du fi­nan­ce­ment des PME et des ETI », in­dique Oli­vier Bour­de­las.

Pour pro­fi­ter de ce nou­veau po­ten­tiel, la so­cié­té de ges­tion Ino­cap vient de lan­cer un nou­veau FCP, ap­pe­lé Qua­drige, com­po­sé ex­clu­si­ve­ment de va­leurs d’En­terNext. D’autres lan­ce­ments de­vraient suivre. Dé­jà, les par­ti­cu­liers peuvent ac­cé­der à des pro­duits as­sez per­for­mants. Sur un an, les dix meilleurs fonds in­ves­tis sur l’Eu­rope, d’après Mor­ning­star, ont gé­né­ré une per­for­mance com­prise entre 47!% et 34!%. On trou­ve­ra par­mi les pre­miers des an­glo­saxons comme J.P. Mor­gan ou en­core Frank­lin Tem­ple­ton, mais aus­si des so­cié­tés de ges­tion fran­çaises en­tre­pre­neu­riales comme Com­gest, Man­da­rine Ges­tion ou en­core la Fi­nan­cière de l’échi­quier.

LES OBLI­GA­TIONS SE­RONT ÉLI­GIBLES AU PEA

Les pe­tites et moyennes ca­pi­ta­li­sa­tions ne sont pas les seules nou­velles op­por­tu­ni­tés qui pour­ront fi­gu­rer dans le PEA, les obli­ga­tions pour­raient éga­le­ment faire leur en­trée. « Les obli­ga­tions d’en­tre­prise de­vraient être éli­gibles au nou­veau PEA, ce­la est très po­si­tif car les épar­gnants pour­ront ain­si ré­duire l’ex­po­si­tion de leur PEA aux mar­chés ac­tions et ain­si di­mi­nuer le risque de leur por­te­feuille », pré­cise An­toine Dad­vi­sard, pré­sident du di­rec­toire de Ma­ti­gnon Fi­nances.

Dé­jà, cer­tains pro­duits aptes à ré­duire le risque sont éli­gibles au PEA tels les ETF (fonds in­di­ciels co­tés), qui per­mettent de s’ex­po­ser aux mar­chés ac­tions tout en uti­li­sant des ins­tru­ments de cou­ver­ture ou en contrô­lant la vo­la­ti­li­té. Par ailleurs, d’autres ETF, comme ceux ré­pli­quant les in­dices émer­gents, aug­mentent la prise de risque, mais aus­si l’es­pé­rance de gains. Une grande di­ver­si­fi­ca­tion se­ra donc pos­sible dans cette en­ve­loppe dont la fis­ca­li­té de­meure très at­trac­tive.

SOR­TIE EN RENTE VIA­GÈRE DÉ­FIS­CA­LI­SÉE

Le PEA per­met en e#et de dé­fis­ca­li­ser les plus-va­lues et les di­vi­dendes per­çus. À une condi­tion : le conser­ver pen­dant au moins cinq ans. Entre cinq et huit ans de dé­ten­tion, toute sor­tie du PEA en­traîne sa clô­ture, ce­pen­dant les épar­gnants ne se­ront sou­mis qu’aux pré­lè­ve­ments so­ciaux, qui s’élèvent ac­tuel­le­ment à 15,5!%. Au-de­là de huit ans, les sor­ties du plan sont pos­sibles tout en conser­vant cette en­ve­loppe fis­cale. Et là en­core, seuls les pré­lè­ve­ments so­ciaux se­ront appliqués. En re­vanche, les ré­in­ves­tis­se­ments ne sont alors plus au­to­ri­sés. En outre, il existe une pos­si­bi­li­té mé­con­nue. En e#et, comme le pré­cise Jean-Fran­çois Va­len­tin, di­rec­teur mar­ke­ting et com­mer­cial chez 360 AM, « le PEA per­met une sor­tie en rente via­gère dé­fis­ca­li­sée. Ce­la en fait un bon ou­til pour pré­pa­rer sa re­traite ». Dans un contexte plu­tôt por­teur pour les mar­chés ac­tions, le PEA consti­tue donc un ou­til à ne pas né­gli­ger.

[MEIGNEUX/SIPA]

Le 23 mai 2013, Jean-Fran­çois Rou­baud (à gauche), pré­sident de la CGPME, et Do­mi­nique Ce­rut­ti, DG de NYSE-Eu­ro­next, ont pré­sen­té En­terNext, la nou­velle place de mar­ché des PME et ETI.

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