LES DISRUPTEUR­S

CHARLES EGLY ET GEOFFROY GUIGOU, PRÊT D’UNION

La Tribune Hebdomadaire - - L’ÉVÉNEMENT - CH­RIS­TINE LE­JOUX

Pre­mier en­trant sur le mar­ché fran­çais du cré­dit entre par­ti­cu­liers, Prêt d’Union, la so­cié­té qu’ils ont lan­cée en 2011, s’at­taque au mo­no­pole des banques.

Eux n’ont pas re­mis au goût du jour un concept vieillis­sant, ou imi­té un pro­duit à suc­cès. Charles Egly et Geo!roy Guigou, cofondateu­rs de Prêt d’Union, ont tout bon­ne­ment in­ven­té quelque chose de nou­veau, créé une o!re « de rup­ture », comme on dit dans le jar­gon du mar­ke­ting. Prêt d’Union, c’est en e!et une plate-forme In­ter­net de cré­dit entre par­ti­cu­liers, qui met en re­la­tion qua­si di­recte des mé­nages à la re­cherche d’un prêt pour fi­nan­cer l’achat d’une voi­ture, par exemple, avec des épar­gnants sou­cieux de faire fruc­ti­fier leur bas de laine.

Comment leur est ve­nue cette idée folle de s’at­ta­quer au mo­no­pole des banques"? « En 2008, j’avais sous­crit un cré­dit à la consom­ma­tion pour payer mes im­pôts. Je me suis re­trou­vé avec un cré­dit re­vol­ving au taux de 14!%… Je me suis donc de­man­dé s’il exis­tait autre chose que les banques pour ob­te­nir un cré­dit » , ra­conte Charles Egly. Le voi­là donc par­ti pour créer Prêt d’Union. Mais pas tout seul car, il l’ad­met, « le pro­jet est am­bi­tieux » . « Je me suis as­so­cié à Geo"roy Guigou, que j’avais connu à HEC. Dans un monde de plus en plus com­plexe, la nou­velle gé­né­ra­tion d’en­tre­pre­neurs fonc­tionne sou­vent en bi­nôme » , ex­plique Charles Egly.

Le pro­blème avec une idée neuve, c’est qu’il n’est guère ai­sé de prou­ver sa per­ti­nence. « Nous avons ren­con­tré énor­mé­ment d’in­ves­tis­seurs. Notre idée a été plu­tôt bien re­çue mais, comme le concept était nou­veau, ce­la a tout de même été un par­cours du com­bat­tant » , re­con­naissent les deux jeunes en­tre­pre­neurs. Idem avec les consom­ma­teurs, « qu’il a fal­lu évan­gé­li­ser » . Avec suc­cès : de­puis ses dé­buts, à l’au­tomne 2011, Prêt d’Union a oc­troyé 25 mil­lions d’eu­ros de cré­dit. Il faut dire que, pour les prêts in­fé­rieurs à 5"000 eu­ros, Prêt d’Union – qui fait uni­que­ment du cré­dit amor­tis­sable – est « deux fois moins cher que les éta­blis­se­ments spé­cia­li­sés, les­quels pro­posent le plus sou­vent du cré­dit re­nou­ve­lable » , a#rme Charles Egly. Reste qu’un nou­veau concept qui fonc­tionne risque d’être co­pié. « Nous n’avons pas en­core de concur­rents car il est très di#cile d’ob­te­nir les agré­ments de l’Au­to­ri­té de contrôle pru­den­tiel et de l’Au­to­ri­té des mar­chés fi­nan­ciers » , in­diquent les cofondateu­rs de Prêt d’Union. Ils en savent quelque chose : il leur a fal­lu deux ans pour être adou­bés par ces deux ins­ti­tu­tions.

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