Le pro­jet fou de Google : connec­ter le monde à In­ter­net par bal­lons

La Tribune Hebdomadaire - - LE BUZZ - DEL­PHINE CU­NY

Le mo­teur de re­cherche teste en Nou­velle-Zé­lande l’éta­blis­se­ment d’une connexion à par­tir d’une flotte de bal­lons dé­ri­vant dans la stra­to­sphère. Un pro­jet ex­pé­ri­men­tal gé­né­reux et in­té­res­sé à la fois.

« LOON » , COMME UNE CONTRAC­TION DE « BAL­LOON » , (bal­lon) mais aus­si comme le dé­ri­vé ar­go­tique de « lu­na­tic » , au­tre­ment dit, «!dingue!». C’est ain­si que Google a bap­ti­sé son pro­jet ex­pé­ri­men­tal un peu fou de four­nir une connexion In­ter­net ali­men­tée par une flotte de bal­lons dé­ri­vant au ni­veau de la stra­to­sphère. « Cette idée peut sem­bler far­fe­lue, mais elle re­pose sur des bases scien­ti­fiques so­lides » , fait va­loir Google sur son blog o"ciel.

DES RE­LAIS DE CROIS­SANCE À 20 KM AU-DES­SUS DU SOL

Le mo­teur de re­cherche vient d’en­voyer 30!bal­lons au-des­sus de la Nou­velle-Zé­lande, dans la ré­gion de Can­ter­bu­ry, pour un test gran­deur na­ture. L’idée est de trou­ver une so­lu­tion pour o#rir « un ac­cès In­ter­net abor­dable à tous » , en par­ti­cu­lier dans les zones ru­rales et re­cu­lées, alors que les « deux tiers de la po­pu­la­tion mon­diale n’ont tou­jours pas ac­cès à une connexion ra­pide et à bon mar­ché » , no­tam­ment « dans la ma­jo­ri­té des pays de l’hé­mi­sphère Sud, où le coût d’une connexion In­ter­net dé­passe en­core au­jourd’hui l’équi­valent d’un re­ve­nu men­suel » . On le com­prend, Loon est un pro­jet à la fois in­croya­ble­ment gé­né­reux et in­croya­ble­ment in­té­res­sé de la part de Google, dont les re­lais de crois­sance se si­tuent no­tam­ment dans ces pays mal connec­tés. Un pro­jet am­bi­tieux aus­si, comme son dé­ploie­ment de fibre op­tique au Kan­sas.

Il s’agit de bal­lons en feuille de po­ly­éthy­lène, me­su­rant 15!mètres de dia­mètre et 12!mètres de haut, conçus pour ré­sis­ter à la pres­sion, ali­men­tés en­tiè­re­ment par des pan­neaux so­laires. Ils sont en­voyés à 20!ki­lo­mètres au-des­sus de la sur­face de la Terre (les avions volent à 10 km en­vi­ron) et vont dé­ri­ver au ni­veau de la stra­to­sphère, trans­por­tés par le vent. Équi­pés d’an­tennes uti­li­sant « une tech­no­lo­gie de ra­dio­fré­quence spéciale » (basses fré­quences, mais pas Wi-Fi), les bal­lons se connectent à des ré­cep­teurs au sol (en forme de boules rouges, ins- tal­lés sur la fa­çade d’une mai­son par exemple), sur des bandes de fré­quences dé­diées aux ap­pli­ca­tions in­dus­trielles, scien­ti­fiques ou mé­di­cales (2,4! GHz et 3,5!GHz), celles du Wi-Fi et du Blue­tooth (et des mi­cro-ondes) no­tam­ment, qui ne re­quièrent pas d’au­to­ri­sa­tion par­ti­cu­lière. Les bal­lons se connectent aus­si entre eux pour créer un ré­seau, cha­cun cou­vrant une zone de 40 ki­lo­mètres, jus­qu’à un re­lais vers un four­nis­seur d’ac­cès lo­cal.

En Nou­velle-Zé­lande, 50! tes­teurs vo­lon­taires vont es­sayer ce nou­vel ac­cès à In­ter­net, à des vi­tesses dignes de la 3G se­lon Google, pour ce pro­gramme pi­lote. Google vou­drait en­suite tes­ter son pro­jet dans des pays à la même la­ti­tude que la Nou­velle-Zé­lande et trou­ver des par­te­naires. « Un jour peu­têtre, vous pour­rez uti­li­ser votre té­lé­phone mo­bile avec votre four­nis­seur d’ac­cès ac­tuel pour vous connec­ter aux bal­lons et na­vi­guer sur In­ter­net dans les zones qui en sont au­jourd’hui dé­pour­vues » , pré­dit Google.

[GOOGLE/AFP]

Trente bal­lons en feuille de po­ly­éthy­lène dé­rivent dé­jà au­des­sus de la ré­gion de Can­ter­bu­ry, en Nou­velle-Zé­lande.

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