BOUS­CU­LER L’ÉDU­CA­TION AVEC APPLE ET IKEA COMME MO­DÈLES

À Saint-pé­ters­bourg, un jeune Russe s’est mis en tête de créer des ca­fé­té­rias à la pé­ri­phé­rie des villes où les étu­diants pour­raient avoir ac­cès à un ré­seau de 300!cam­pus de par le monde. Si le bu­si­ness mo­del semble aléa­toire, l’es­sen­tiel n’est-il pas de

La Tribune Hebdomadaire - - LES CHRONIQUES -

300!cam­pus de par le monde dans le­quel cha­cun pour­rait mon­ter ses cours se­lon ses be­soins.

Les meilleurs en­sei­gne­ments sont li­bre­ment ac­ces­sibles on­line, m’a-t-il ex­pli­qué. Cour­se­ra, l’ini­tia­tive de deux pro­fes­seurs de Stan­ford, est un suc­cès et les MOOC (Mas­sive Open On­line Courses) sont à la mode.

LE BU­SI­NESS MO­DEL!? DANS LA CA­FÉ­TÉ­RIA… EN AT­TEN­DANT PLUS

C’est gé­nial pour tous ceux qui n’ont ac­cès ni à MIT, ni à Yale, ni à Har­vard, ni à au­cune des meilleures uni­ver­si­tés de la pla­nète. Mais cet ac­cès à la connais­sance ne donne pas l’in­ter­ac­ti­vi­té qu’on trouve dans les cours tra­di­tion­nels : les conver­sa­tions, les ren­contres, tout ce qui fait que les com­pa­gnons d’études jouent un grand rôle dans la vie et que les as­so­cia­tions d’alum­ni sont la meilleure porte d’en­trée dans la vie pro­fes­sion­nelle.

Son idée consis­tait donc à louer, pas cher, des bâ­ti­ments à la pé­ri­phé­rie des villes. L’ac­cès au conte­nu se­rait four­ni par du très haut dé­bit et l’on crée­rait ain­si les zones d’in­ter­ac­ti­vi­té qui manquent aux MOOC.

Et le bu­si­ness mo­del dans tout ça"? Élé­men­taire mon cher Ch­ris­ten­sen : dans la ca­fé­té­ria. C’est en ven­dant bois­sons et sand­wichs aux gens ve­nus se for­mer qu’il avait l’in­ten­tion de faire de l’ar­gent. Quand je l’ai vu, il n’avait pas le moindre sou. Son idée avait tout l’air dé­li­rante mais elle illus­trait mieux que beau­coup d’autres les op­por­tu­ni­tés, sou­vent pa­ra­doxales, que nous o#re le di­gi­tal, à condi­tion d’en­tre­prendre.

Le 1er sep­tembre, j’ai eu un nou­vel échange de mails avec Yu­ry, d’où il res­sort qu’il a « pi­vo­té » comme on dit dans l’ar­got des start-up. Il a chan­gé, si­non son fu­sil d’épaule, du moins les moyens mis en oeuvre pour par­ve­nir à ses fins. Il a lan­cé une boîte à San Fran­cis­co bap­ti­sée Blen­ded Labs et fait l’al­ler et re­tour entre la Ca­li­for­nie et la Rus­sie. La com­pa­gnie pro­pose des pro­grammes d’édu­ca­tion et Ear­ly Days, la pre­mière ex­pé­rience, a eu lieu en avril dans 22 villes russes. Les pro­grammes « com­binent des lo­gi­ciels et du conte­nu en ligne four­nis par nous » et « des pro­fes­seurs, des ses­sions pra­tiques et des groupes d’études lo­caux » .

Yu­ry ne semble pas avoir re­non­cé à son idée de bous­cu­ler les sys­tèmes tra­di­tion­nels d’édu­ca­tion tout en es­sayant de faire for­tune, mais reste dis­cret sur le bu­si­ness mo­del exact de sa nou­velle en­tre­prise. Dé­jà, lors de notre ren­contre en juillet 2012, il in­sis­tait sur le fait qu’Apple a com­men­cé par vendre des or­di­na­teurs avant de se re­con­ver­tir dans la musique en ligne et les té­lé­phones in­tel­li­gents. L’es­sen­tiel est de com­men­cer, tes­ter, ajus­ter, trans­for­mer et pour­suivre.

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