Jacques Aschen­broich

« La voiture de de­main!? Plus propre et connec­tée. »

La Tribune Hebdomadaire - - LA UNE - PRO­POS RECUEILLIS PAR ALAIN-GA­BRIEL VERDEVOYE

LATRIBUNE– En deux mots, c’est quoi, la voiture de de­main!? ( JACQUES ASCHEN­BROICH –

Quels sont les do­maines sur les­quels tra­vaille Va­leo!? (

Pour se vendre, un vé­hi­cule de­vra être plus propre et être connec­té à son en­vi­ron­ne­ment. C’est une de­mande forte des con­som­ma­teurs. La ré­duc­tion des émis­sions de CO2 et la conduite in­tui­tive sont les deux axes de tra­vail de Va­leo. Il faut op­ti­mi­ser les ren­de­ments et les consom­ma­tions des mo­teurs. On va vers des mo­teurs plus pe­tits. On tra­vaille donc sur les em­brayages, les doubles em­brayages, les conver­tis­seurs de couple, les « stop and start » [ar­rêt et re­dé­mar­rage au­to­ma­tiques du mo­teur au feu rouge, ndlr]. Mais Va­leo tra­vaille éga­le­ment sur des pe­tits mo­teurs élec­triques d’ap­point et l’élec­tro­nique de puis­sance pour les vé­hi­cules élec­triques et hy­brides. Nous met­tons beau­coup d’ar­gent là-des­sus en re­cherche et dé­ve­lop­pe­ment. Nous mon­trons au sa­lon de Franc­fort [mi­sep­tembre] des su­per­char­geurs élec­triques. Au­jourd’hui, un tur­bo met une se­conde et de­mie à don­ner l’im­pul­sion à un mo­teur. Avec notre su­per­char­geur élec­trique, c’est ins­tan­ta­né. Ce­la donne de la ré­ac­ti­vi­té à la voiture à bas ré­gime et plus de puis­sance à haut ré­gime. Ce­la ré­duit aus­si les émis­sions de C02 et gé­nère plus de plai­sir de conduite. On ver­ra cette in­no­va­tion en sé­rie vers 2015-2016.

Et en ce qui concerne la voiture connec­tée!? (

La voiture va être connec­tée à son en­vi­ron­ne­ment ex­té­rieur. Ce se­ra la voiture au­to­nome. Elle pour­ra al­ler se ga­rer toute seule, sans pi­lote. On dé­voile au sa­lon de Franc­fort un sys­tème qui per­met d’en­voyer un code par té­lé­phone à votre femme, par exemple, comme si on lui en­voyait les clés de la voiture. Elle pour­ra alors ap­pe­ler la voiture qui re­mon­te­ra toute seule de l’en­droit où elle est ga­rée et vien­dra la cher­cher. Le vé­hi­cule pour­ra aus­si trou­ver tout seul une place de par­king à l’ar­ri­vée. On pré­voit une pro­duc­tion en sé­rie vers le mi­lieu de la dé­cen­nie. C’est la pre­mière étape vers la voiture au­to­nome en mi­lieu ur­bain, qui se­ra dis­po­nible à la fin de la dé­cen­nie. On tra­vaille aus­si sur la vi­sion de nuit pour aug­men­ter la sé­cu­ri­té. Nous ve­nons de nous as­so­cier à Sa­fran pour le pi­lo­tage de nuit à in­fra­rouge. Il se pré­pare aus­si une ré­vo­lu­tion dans les écrans qui se­ront à très haute dé­fi­ni­tion. On n’au­ra plus be­soin de les toucher. Ils ré­agi­ront à un simple geste à proxi­mi­té. Mais connec­ti­vi­té et conduite au­to­nome doivent ab­so­lu­ment se conju­guer avec sé­cu­ri­té!; et la ré­gle­men­ta­tion doit évo­luer en te­nant compte de la ré­vo­lu­tion tech­no­lo­gique en cours.

Vous mi­sez beau­coup ( sur la re­cherche et le dé­ve­lop­pe­ment. C’est bon pour la France!?

La re­cherche du groupe Va­leo est faite es­sen­tiel­le­ment en France et e n Al l e magne. Nous re­cru­tons de 300 à 400# cher­cheurs par an en France. Et nous de­vrions conti­nuer sur cette ten­dance. Le cré­dit im­pôt re­cherche est un ou­til for­mi­dable pour une meilleure com­pé­ti­ti­vi­té en France. Va­leo em­ploie en tout dans la re­cherche et le dé­ve­lop­pe­ment 9!000#per­sonnes et le groupe compte près de deux tiers de sa re­cherche amont en France.

Que re­pré­sente le bud­get re­cherche et dé­ve­lop­pe­ment ( pour"Va­leo!?

Les dé­penses de R&D ont crû d’en­vi­ron 10!% par an et at­tein­dront 1,1 mil­liard d’eu­ros pour 2013. Elles re­pré­sentent plus de 10!% de notre chi"re d’a"aires pre­mière monte, ce qui est beau­coup. Et 90!% de nos dé­penses de R&D sont concen­trées sur l’an­ti­pol­lu­tion, la connec­ti­vi­té des voi­tures et l’éclai­rage.

La re­cherche et le dé­ve­lop­pe­ment en France, c’est donc pos( sible. Mais y main­tien­drez-vous un ou­til in­dus­triel!?

Va­leo a be­soin d’une base in­dus­trielle so­lide en France. Nos usines fran­çaises ex­portent deux tiers de leur pro­duc­tion, contre la moi­tié il y a dix ans. Nous em­ployons en­vi­ron 10!000#per­sonnes sur nos sites in­dus­triels fran­çais. Et les e"ec­tifs ont été re­la­ti­ve­ment stables jus­qu’à pré­sent. Mais il y a un manque de com­pé­ti­ti­vi­té de la France. On n’a pas en France la ren­ta­bi­li­té qu’on de­vrait avoir. L’en­semble de notre ren­ta­bi­li­té se fait ailleurs. Notre base in­dus­trielle dans l’Hexa­gone est mal­heu­reu­se­ment très pé­na­li­sée par la fis­ca­li­té et les charges so­ciales.

Com­ment ex­pli­quez-vous que les équi­pe­men­tiers fran­çais ( se portent mieux que Renault et PSA!?

Va­leo est né grâce à Peu­geot et Renault. Ces clients nous ont aus­si per­mis de nous dé­ve­lop­per à l’in­ter­na­tio­nal, pour les ac­com­pa­gner. Au­jourd’hui, nous avons un équi­libre entre clients et zones géo­gra­phiques. Ce­la nous a per­mis de tra­ver­ser la crise en Eu­rope. Nos clients al­le­mands re­pré­sentent 30!% de notre chi"re d’a"aires, les Asia­tiques aus­si. Les Amé­ri­cains ab­sorbent plus de 20!% de notre vo­lume de ventes. Les Fran­çais en sont à 17-18!%.

Les voi­tures de­viennent de plus en plus ( tech­no­lo­giques. Ne vont-elles pas de­ve­nir de plus en plus chères!?

Pour le DG de Va­leo, le mar­ché au­to­mo­bile mon­dial de­vrait croître de 3 à 4"% par an.

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