DE L’IN­TÉ­RÊT DE SE TRANS­FOR­MER EN MÉ­CÈNE POUR START-UP

L’opé­ra­teur his­to­rique es­pa­gnol Te­lefó­ni­ca a créé un ré­seau de 13!« aca­dé­mies », dans 12!pays, pour at­ti­rer et sou­te­nir les start-up les plus pro­met­teuses. Une sorte de R&D ex­ter­na­li­sée qui se veut aus­si une ré­ponse à la vi­tesse des chan­ge­ments de l’éco­no

La Tribune Hebdomadaire - - LES CHRONIQUES -

Pour les at­ti­rer, Te­lefó­ni­ca (dont la fon­da­tion a par­ti­ci­pé au fi­nan­ce­ment de mon tour du monde de l’in­no­va­tion) o"re une bourse de 40#000 eu­ros. Elle est ver­sée en deux temps et ceux qui n’avancent pas n’en re­çoivent que la moi­tié. Les élus gagnent l’ac­cès pen­dant onze mois à des bu­reaux spa­cieux avec lignes à très haut dé­bit. Comme dans tous les ac­cé­lé­ra­teurs ins­pi­rés de Y Com­bi­na­tor ou de Te­chS­tars, ils bé­né­fi­cient de men­tors choi­sis, de mises en re­la­tion avec avo­cats, conseiller­s fi­nan­ciers et toute la com­mu­nau­té né­ces­saire pour fa­ci­li­ter l’in­no­va­tion.

EN ÉCHANGE DE SON SOU­TIEN, TE­LEFÓ­NI­CA ENTRE AU CA­PI­TAL DE LA SO­CIÉ­TÉ

Tous les centres sont conçus sur le même mo­dèle. Chaque start-up a un es­pace propre, mais ou­vert. Les sé­pa­ra­tions sont mar­quées par des sortes de grands cubes qui sont en fait des ta­bleaux noirs sur les­quels tout le monde écrit, comme il se doit quand on veut en­cou­ra­ger la créa­ti­vi­té. Au terme du pro­ces­sus, les par­ti­ci­pants ex­posent leurs pro­jets au cours d’un «!Demo Day!» de­vant in­ves­tis­seurs et jour­na­listes. Les meilleurs ont droit à leur mo­ment (bref ) de gloire lors du Mo­bile World Con­gress de Bar­ce­lone.

En échange, Te­lefó­ni­ca de­mande le pre­mier droit de né­go­cia­tion quand les start-up se lancent. Il peut prendre entre 5#% et 10#% du ca­pi­tal de la so­cié­té.

La « pre­mière édi­tion » de Way­ra Bar­ce­lone a per­mis l’émer­gence, entre autres, de Mar­feel, une en­tre­prise d’adap­ta­tion de conte­nus pour iPad qui a re­çu 1,5 mil­lion de dol­lars, et de MintLabs, qui fait des scans 3D du cer­veau. « C’est in­té­res­sant pour notre sec­teur e-Health et pour la ges­tion d’images, m’a ex­pli­qué Ju­lian Vi­nué à pro­pos de MintLabs. On voit bien comment de tels pro­jets peuvent être utiles. Mais nous nous in­té­res­sons à tout ce qui concerne les TIC en gé­né­ral et pas seule­ment à la té­lé­pho­nie. Ça peut re­pré­sen­ter une ou­ver­ture fu­ture ou in­té­res­ser un de nos clients. »

Son pa­tron, Gon­za­lo Martín-Villa, res­pon­sable de l’en­semble des aca­dé­mies, vient de dé­cla­rer qu’ai­der les start-up «!est une ques­tion de sur­vie!» . Ceux qui ne voient pas qu’elles sont une ré­ponse à la vi­tesse des chan­ge­ments et à la mon­tée ir­ré­sis­tible de l’éco­no­mie di­gi­tale se pré­parent de sé­rieux en­nuis.

Way­ra m’a fait pen­ser à Start-Up Chile, l’ini­tia­tive du gou­ver­ne­ment chi­lien pour at­ti­rer des «!star­tu­pers!» du monde en­tier avec des bu­reaux et une bourse de 40#000 dol­lars. À la di"érence qu’il s’agit cette fois d’une ini­tia­tive pri­vée et qu’elle s’étend sur 12!pays. Mais les deux ini­tia­tives ont en com­mun d’avoir trou­vé – pour un coût rai­son­nable – une fa­çon de s’ou­vrir à l’in­no­va­tion foi­son­nante des start-up tout en leur étant utiles. Les mu­ni­ci­pa­li­tés peuvent par­fai­te­ment adap­ter un tel mo­dèle à leur bud­get comme à leurs réa­li­tés lo­cales.!

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