Entre les CCI trop pe­tites et les trop grosses, il va fal­loir ra­tio­na­li­ser. »

La Tribune Hebdomadaire - - TERRITOIRE­S / FRANCE - PIERRE-AN­TOINE GAILLY,

get, Ber­nard Ca­ze­neuve, sur leurs fi­nances (lire en­ca­dré). O!cieu­se­ment, elles savent que le gou­ver­ne­ment ne re­cu­le­ra pas et qu’elles vont de­voir faire leur ré­vo­lu­tion cultu­relle.

DE MOINS EN MOINS CONSI­DÉ­RÉES PAR BER­CY

Pierre-An­toine Gailly, le pré­sident de la CCI Pa­ris Île-deF­rance, qui a lui aus­si an­ti­ci­pé, re­struc­tu­ré et mu­tua­li­sé (en sup­pri­mant 80 emplois), es­time qu’il ne sert plus à rien de pro­tes­ter et que la re­struc­tu­ra­tion du ré­seau doit être me­née sans at­tendre : « Entre les CCI trop pe­tites qui ne peuvent plus rendre de vrais ser­vices aux en­tre­prises et les trop grosses qui ont de la peine à se bouger, il va fal­loir ra­tio­na­li­ser. »

Les pe­tites"? Elles ont 2"000, 3"000 ou 4"000 adhé­rents. Comme à El­beuf (ab­sor­bée dans la nou­velle struc­ture nor­mande) ou à Li­bourne (sur­nom­mée la chambre des vins, mais toute pe­tite et pas fran­che­ment utile à cô­té de celle de Bor­deaux).

Les grosses"? Une CCI ré­gio­nale PA­CA a-t-elle en­core un sens avec une CCI Mar­seille-Pro­vence et une CCI Nice-Côte d’Azur très ac­tives et qua­si au­to­nomes"? De même, la struc­ture na­tio­nale CCI France, créée en 2012, ne fe­rait-elle pas mieux de mai­grir un peu, de lais­ser le ré­seau vivre sa vie et de se consa­crer à l’influence et au lob­bying, ce qui, de l’avis de beau­coup de pré­si­dents de CCI, n’est pas fran­che­ment son fort. Der­nière preuve : les CCI font cam­pagne de­puis un an sur la re­con­quête in­dus­trielle, mais Ar­naud Mon­te­bourg les ignore et a an­nu­lé au der­nier mo­ment sa ve­nue à leur uni­ver­si­té d’été des 19 et 20 sep­tembre. Un mi­nistre du Re­dres­se­ment pro­duc­tif ré­ci­di­viste, qui s’était éga­le­ment dé­com­man­dé quelques jours avant d’in­ter­ve­nir lors des ren­contres de Lon­zac, sur le même thème et avec les mêmes or­ga­ni­sa­teurs"!

Les CCI ne sont plus un pas­sage obli­gé pour le mi­nistre en charge de l’In­dus­trie. Et An­dré Mar­con, le pré­sident de la CCI France, le re­con­naît : « Nous ne sommes pas consi­dé­rées, nous sommes mé­con­nues. » Au­cun mi­nistre à leur uni­ver­si­té. Seule per­son­na­li­té, Pierre Gat­taz. Mais il est ve­nu pour « sou­te­nir les CCI comme la corde sou­tient le pen­du » , glis­se­ra un par­ti­ci­pant. Le Me­def a en e#et tou­jours es­ti­mé qu’il pou­vait faire mieux et pour moins cher que les CCI pour ai­der les en­tre­prises et ne se­rait pas mé­content de ré­cu­pé­rer quelques com­pé­tences du monde consu­laire…

Dit crû­ment par un élu de CCI, « le ré­seau est mort si l’on ne se bouge pas le c…!! » . L’idée gran­dit que Jacques At­ta­li n’avait pas tout à fait tort en es­ti­mant qu’une cin­quan­taine de CCI su!raient lar­ge­ment au bon­heur et au dé­ve­lop­pe­ment des en­tre­prises. Il faut, disent cer­tains, « ar­rê­ter ce sys- PRÉ­SIDENT DE LA CCI PA­RIS ÎLE-DE-FRANCE tème dans le­quel chaque CCI veut tout faire, où elles se que­rellent entre elles ou ne se parlent pas, et où chaque struc­ture, même la plus pe­tite, co­pie son fonc­tion­ne­ment et son or­ga­ni­sa­tion sur ceux de la plus grosse ».

Jacques Pfis­ter, le pré­sident de la CCI Mar­seille-Pro­vence, proche des thèses de Jacques At­ta­li sur la ré­or­ga­ni­sa­tion des col­lec­ti­vi­tés et des chambres consu­laires, ver­rait as­sez bien un mo­dèle où la tête de ré­seau se contente des stra­té­gies d’influence et laisse cha­cun s’or­ga­ni­ser de la ma­nière la plus e!cace en fonc­tion des im­pé­ra­tifs de son ter­ri­toire.

QUAND LA CCI DE MAR­SEILLE BOUS­CULE LES PO­LI­TIQUES

Jacques Pfis­ter a été l’homme clé de Mar­seille-Pro­vence 2013 et l’un de ceux qui poussent le plus à la créa­tion de la mé­tro­pole. Dans les deux cas, il bous­cule les po­li­tiques, mais au­jourd’hui la fron­tière de la fu­ture mé­tro­pole mar­seillaise est très exac­te­ment la même que celle de sa CCI. La fu­ture mé­tro­pole a un tel re­tard dans la conduite du dé­ve­lop­pe­ment éco­no­mique comme dans la co­opé­ra­tion pu­blic-pri­vé, et les élus mar­seillais sont par­fois tel­le­ment peu concer­nés par ces su­jets, que la CCI peut jouer un rôle mo­teur es­sen­tiel. Une stra­té­gie à l’in­verse de celle de la CCI de Lyon qui s’est, elle, ran­gée comme un seul homme der­rière Gé­rard Col­lomb.

À chaque CCI de s’adap­ter, il n’y a pas de re­cette mi­racle. En re­vanche une « bande des quatre » ca­pables d’as­su­rer la ré­no­va­tion se des­sine à l’in­té­rieur du monde des CCI : Pierre-An­toine Gailly à Pa­ris, Jacques Pfis­ter à Mar­seille, Jean-Fran­çois Gen­dron à Nantes Saint-Na­zaire et Vian­ney de Cha­lus au Havre. Ils ont deux ou trois ans de­vant eux, guère plus, et il semble qu’ils le savent.

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