«En France, il y a un vivier de ta­lents for­mi­dable»

In­ves­tir dans une PME offre la pos­si­bi­li­té d’al­lé­ger l’im­pôt sur le re­ve­nu ou L’ISF, tout en ai­dant les en­tre­prises. Ru­dy Sec­co, pré­sident de Mi­di Ca­pi­tal, spé­cia­liste du ca­pi­tal in­ves­tis­se­ment, nous éclaire.

La Tribune Hebdomadaire - - L'EXPERT -

Dans un en­vi­ron­ne­ment in­cer­tain en ma­tière de fis­ca­li­té, quelle ana­lyse faites-vous du mar­ché de l’in­ves­tis­se­ment en PME et PMI ? De­puis douze ans, notre vo­ca­tion est de col­lec­ter l’épargne des in­ves­tis­seurs pour la ré­in­ves­tir dans des PME de taille mé­diane dont le chiffre d’af­faires os­cille entre 2 et 50 mil­lions d’eu­ros. Nous sommes un des ac­teurs de la ges­tion d’ac­tifs non co­tés les plus dy­na­miques sur cette ty­po­lo­gie d’en­tre­prises. Nous avons plus de 80 PME en por­te­feuille et 140 mil­lions d’en­cours sous ges­tion, en forte crois­sance puisque nous avons le­vé près de 24 mil­lions d’eu­ros de ca­pi­taux sur le pre­mier se­mestre 2013, soit deux fois plus que l’an pas­sé. Nous sommes par ailleurs dans le top 3 des meilleures équipes de ca­pi­tal dé­ve­lop­pe­ment en France pour la qua­li­té de notre stra­té­gie d’in­ves­tis­se­ment, se­lon Notre suc­cès tient à notre an­crage au coeur des ter­ri­toires, au coeur des en­tre­prises afin de leur ap­por­ter une pla­te­forme de ser­vices et un ac­com­pa­gne­ment dans leurs pro­jets de crois­sance, no­tam­ment à l’in­ter­na­tio­nal. Nous ren­con­trons les chefs d’en­tre­prise, leur ap­por­tons le grain dont ils ont be­soin pour réa­li­ser leurs pro­jets. Contrai­re­ment à une idée re­çue, en France, il y a un vivier de ta­lents for­mi­dable. Med­tech, spé­cia­liste du ma­té­riel mé­di­co­chi­rur­gi­cal de haute pré­ci­sion, en est une belle illus­tra­tion. La so­cié­té a ré­cem­ment fait la une de tous les jour­naux car son di­ri­geant a été dé­si­gné en 2012 par un ma­ga­zine scien­ti­fique ca­na­dien comme le 4e en­tre­pre­neur le plus in­no­vant au monde, der­rière Steve Jobs, Mark Zu­cker­berg et James Ca­me­ron. Nous ac­com­pa­gnons des en­tre­prises qui ont une vi­sion, qui pro­posent des in­no­va­tions tech­no­lo­giques, d’usage... Pour dé­cou­vrir de telles pé­pites, nous ren­con­trons plus de 800 chefs d’en­tre­prise par an. Mais nous sommes très sé­lec­tifs dans les PME que nous fi­nan­çons. Dans l’en­semble, nous n’en re­te­nons qu’une tren­taine chaque an­née, qui ont une ca­pa­ci­té de crois­sance im­por­tante ou des sa­voir-faire très spé­ci­fiques. Nos man­dats de ges­tion et nos fonds ont pour vo­ca­tion de les ai­der à réa­li­ser leurs am­bi­tions. Ils s’adressent aux in­ves­tis­seurs qui ont de l’em­pa­thie pour les chefs d’en­tre­prise et qui ap­pré­cient d’être non pas dans une éco­no­mie vir­tuelle mais réelle et de par­ti­ci­per ain­si à la crois­sance et à l’em­ploi. En de­hors de la sa­tis­fac­tion de par­ti­ci­per à l’es­sor de PME in­no­vantes, l’in­ves­tis­seur est en­cou­ra­gé par l’État au tra­vers d’avan­tages fis­caux tant en ma­tière d’im­pôt sur le re­ve­nu que d’im­pôt de so­li­da­ri­té sur la for­tune. Quels sont ces avan­tages ? Sont-ils re­mis en cause pour 2014 ? Pour l’heure, la fis­ca­li­té de l’in­ves­tis­se­ment en PME n’est pas re­mise en cause. On ne peut pas nier que la fis­ca­li­té joue dans l’in­té­rêt que sus­cite ce type de pla­ce­ments. Mais cette fis­ca­li­té dé­pend de l’op­tion que prend l’in­ves­tis­seur. Il a le choix entre plu­sieurs so­lu­tions : l’in­ves­tis­se­ment en di­rect ou via des fonds d’in­ves­tis­se­ment de proxi­mi­té (FIP) ou des fonds com­muns de pla­ce­ment dans l’in­no­va­tion (FCPI). Fis­ca­le­ment, l’ad­mi­nis­tra­tion au­to­rise le sous­crip­teur à pra­ti­quer une ré­duc­tion d’im­pôt, soit sur son im­pôt sur le re­ve­nu, soit sur son im­pôt de so­li­da­ri­té sur la for­tune, sa­chant que les deux ne sont pas cu­mu­lables. En ma­tière d’im­pôt sur le re­ve­nu, s’il in­ves­tit en di­rect, le sous­crip­teur bé­né­fi­cie d’une ré­duc­tion d’im­pôt de 18 % du mon­tant de son in­ves­tis­se­ment dans la li­mite d’un pla­fond an­nuel de 50 000 eu­ros pour un cé­li­ba­taire ou de 100 000 eu­ros pour un couple. Ce­la peut donc re­pré­sen­ter jus­qu’à 9 000 eu­ros dans le pre­mier cas et jus­qu’à 18 000 eu­ros dans le se­cond. S’il in­ves­tit dans un FIP ou un FCPI, le taux de la ré­duc­tion d’im­pôt sur le re­ve­nu, im­mé­diate, est le même mais les pla­fonds sont res­pec­ti­ve­ment ra­me­nés à 12 000 et 24 000 eu­ros, soit 2 160 et 4 320 eu­ros de ré­duc­tion d’im­pôt par an, sa­chant qu’il peut cu­mu­ler l’in­ves­tis­se­ment dans un FIP et l’in­ves­tis­se­ment dans un FCPI afin d’ob­te­nir une ré­duc­tion, res­pec­ti­ve­ment de 4 320 eu­ros et de 8 640 eu­ros. À no­ter aus­si, les plus-va­lues et re­ve­nus per­çus ul­té­rieu­re­ment (hors pré­lè­ve­ments so­ciaux) sont exo­né­rés d’im­pôt sur le re­ve­nu. En re­vanche, si l’in­ves­tis­seur pré­fère bé­né­fi­cier de la ré­duc­tion d’im­pôt de so­li­da­ri­té sur la for­tune, celle-ci s’éta­blit à 50 % du mon­tant ver­sé, dans la li­mite d’un pla­fond de 45 000 eu­ros pour un in­ves­tis­se­ment en di­rect sous man­dat de ges­tion et de 18 000 eu­ros via un FIP ou un FCPI. Quelle est la par­ti­cu­la­ri­té de votre man­dat de ges­tion pour les in­ves­tis­seurs qui font le choix d’in­ves­tir en di­rect ? À tra­vers le Club Deal, nous per­met­tons au sous­crip­teur d’in­ves­tir en di­rect dans 15 à 20 PME ri­gou­reu­se­ment sé­lec­tion­nées par notre co­mi­té de direction, en fonc­tion de leur de­gré de ma­tu­ri­té et de leur pro­jet de crois­sance. Par­mi les sé­lec­tion­nées en 2013, ci­tons Sushi Shop, lea­der fran­çais de la res­tau­ra­tion ja­po­naise, MK2 Store, ac­teur bien connu de l’in­dus­trie du ci­né­ma, Fu­salp, qui conçoit et fa­brique des vê­te­ments de ski, ou en­core Soc­cer Park, qui dé­ve­loppe et ex­ploite des centres de foot en salle sur toute la France. Au­tant d’en­tre­prises qui parlent aux in­ves­tis­seurs et qui ont un fort po­ten­tiel de crois­sance. L’in­ves­tis­seur bloque son ca­pi­tal pen­dant cinq ans et de­mi. Au-de­là de ce dé­lai, il est pré­vu que les ac­tion­naires his­to­riques achètent les titres à un prix pré­dé­ter­mi­né al­lant de 120 à 150 % de l’in­ves­tis­se­ment ini­tial. La cu­vée 2013 de notre Club Deal a rem­por­té un franc suc­cès et nous avons pu le­ver 10 mil­lions d’eu­ros. Vous pro­po­sez par ailleurs au grand pu­blic deux fonds. Quelles sont leurs ca­rac­té­ris­tiques ? Nous avons ou­vert à la sous­crip­tion deux FIP : le FIP France Ex­cel­lence et le FIP Ca­pi­tal San­té PME II. La stra­té­gie d’in­ves­tis­se­ment du FIP France Ex­cel­lence consiste à ac­com­pa­gner le dé­ve­lop­pe­ment de PME ma­tures et dy­na­miques, évo­luant sur des sec­teurs clés de l’éco­no­mie fran­çaise et ayant une forte ca­pa­ci­té à ré­sis­ter aux ra­len­tis­se­ments éco­no­miques. Nous pen­sons que le sec­teur de la san­té et du bien-être, l’aé­ro­nau­tique, le tou­risme, le nu­mé­rique et les TIC (tech­no­lo­gies de l’in­for­ma­tion et de la com­mu­ni­ca­tion), de même que le luxe sont des sec­teurs ré­si­lients sur les­quels la France dis­pose d’avan­tages concur­ren­tiels, tant en ma­tière de qua­li­té de l’offre que de prix. D’où notre choix, avec ce fonds. Nous al­lons fi­nan­cer des en­tre­prises lea­ders, ayant des pers­pec­tives de dé­ve­lop­pe­ment fort, en France comme à l’in­ter­na­tio­nal, et ayant la ca­pa­ci­té de de­ve­nir des lea­ders mondiaux dans leur do­maine, telles que Med­tech, Con­coursMa­nia (jeux concours sur in­ter­net), ou en­core Let’s Go­wex (créa­teur du concept de ville wi-fi). La sous­crip­tion à ce fonds peut se faire dès 500 eu­ros et ouvre droit à une ré­duc­tion de l’im­pôt sur le re­ve­nu. Les parts sont blo­quées pen­dant six ans mi­ni­mum. Avec le FIP Ca­pi­tal San­té PME II, la to­ta­li­té du fonds est in­ves­ti dans des PME dont l’ac­ti­vi­té tourne au­tour de la san­té : hé­ber­ge­ment, ser­vices liés à la san­té, dis­po­si­tifs mé­di­caux, pré­ven­tion. Un sec­teur qui offre éga­le­ment vi­si­bi­li­té, ré­sis­tance en pé­riode de ra­len­tis­se­ment éco­no­mique et pers­pec­tives de crois­sance im­por­tantes, no­tam­ment à l’in­ter­na­tio­nal. Par­mi les en­tre­prises re­te­nues par le pas­sé, on re­trouve Med­tech, Fon­tal­vie (groupe de cli­niques spé­cia­li­sées), Oméga (groupe de mai­sons de re­traite), No­ves­cia (groupe de la­bo­ra­toires d’ana­lyses mé­di­cales), France Per­fu­sion (per­fu­sion et nu­tri­tion à do­mi­cile). Un fonds qui parle plus par­ti­cu­liè­re­ment aux in­ves­tis­seurs exer­çant leur ac­ti­vi­té dans le do­maine du mé­di­cal. La sous­crip­tion à ce fonds peut éga­le­ment se faire dès 500 eu­ros et ouvre droit à une ré­duc­tion de l’im­pôt sur le re­ve­nu ou de l’im­pôt de so­li­da­ri­té sur la for­tune. Les parts sont blo­quées pen­dant six ans mi­ni­mum. Nous ne nous in­ter­di­sons au­cun sec­teur. Notre sou­hait est d’être au coeur des dif­fé­rents tis­sus in­dus­triels fran­çais, en re­la­tion di­recte avec les chefs d’en­tre­prise. His­to­ri­que­ment pré­sents en Mi­di-Py­ré­nées, nous cou­vrons dé­sor­mais tout le sud de la France et nous avons des bu­reaux à Bor­deaux, Montpellie­r, Mar­seille, Tou­louse, Nice et Pa­ris, où nous réa­li­sons plus du tiers de notre ac­ti­vi­té. Au fi­nal, les 85 en­tre­prises que Mi­di Ca­pi­tal ac­com­pagne ont réa­li­sé plus de 1,4 mil­liard d’eu­ros de chiffre d’af­faires en 2012 (+21 % sur un an) et ont per­mis de créer 2 600 emplois sur un ef­fec­tif de plus de 9 800 sa­la­riés.

Se­lon Ru­dy Sec­co, « la fis­ca­li­té de l’in­ves­tis­se­ment en PME n’est pas re­mise en cause, mais dé­pend de plu­sieurs op­tions : l’in­ves­tis­se­ment en di­rect ou via des fonds d’in­ves­tis­se­ment de proxi­mi­té ou des fonds com­muns de pla­ce­ment dans l’in­no­va­tion »....

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