2014, an­née du che­val de bois

La Tribune Hebdomadaire - - TENDANCES -

Face au sentiment de dé­clin qui étreint une ma­jo­ri­té de Fran­çais et ali­mente l’im­po­pu­la­ri­té du pou­voir, on peut adop­ter trois types d’at­ti­tudes. La pre­mière consis­te­rait à s’en­fer­mer dans la seule pro­tes­ta­tion, qui pousse au re­jet de l’État, des ins­ti­tu­tions, de l’eu­ro et de l’Eu­rope et au re­pli sur soi. La se­conde à adop­ter le fa­ta­lisme des dé­cli­nistes, qui montrent à l’en­vi pour­quoi et com­ment, à force d’er­reurs et de mau­vais choix, on en est ar­ri­vé là!: une dette abys­sale, un pays qui vit au-des­sus de ses moyens de­puis trente ans, une po­pu­la­tion di­vi­sée et frac­tu­rée entre des in­té­rêts di­ver­gents et ir­ré­con­ci­liables, ren­dant im­pos­sible toute ré­forme, y com­pris et no­tam­ment fis­cale… Bien en­ten­du, mieux vaut pous­ser un cri d’alarme avant, qu’un cri d’hor­reur après. On peut ne voir dans l’ac­tua­li­té que les mau­vaises nou­velles qui se ra­massent à la pelle, comme les feuilles mortes et les sou­ve­nirs de ceux qui se ré­fu­gient dans le « c’était­mieux-avant » avec la sourde in­quié­tude se­lon la­quelle nos en­fants vi­vront moins bien que nous. Mais ce n’est pas très construc­tif. Et sur­tout ce n’est pas écrit. Il y a donc une troi­sième at­ti­tude pos­sible, qui consiste à prendre le par­ti pris in­verse, ce­lui de l’ave­nir et de l’in­no­va­tion. À consi- dé­rer qu’à bas bruit, la ré­vo­lu­tion en train de s’opé­rer sous nos yeux of­fri­ra des pos­si­bi­li­tés nou­velles, par­fois en­core in­con­nues, pour les in­di­vi­dus comme pour les en­tre­prises, à condi­tion de se mettre en état et en condi­tion pour les sai­sir. La France de cette fin d’an­née 2013 est comme le monde dans son en­semble, à l’aube de nou­veaux grands chan­ge­ments. Les pa­roles d’une chan­son de Va­nes­sa Pa­ra­dis, un nom pré­des­ti­né s’il en est, viennent à l’es­prit!: « Par­fois on re­garde le monde tel qu’il est, en se de­man­dant pour­quoi!; par­fois on le re­garde tel qu’il pour­rait être, en se di­sant!: pour­quoi pas!? » on en­core le choix d’une vie pri­vée!? Cer­tains ex­perts disent que la ba­taille est dé­jà per­due, parce que les jeunes gé­né­ra­tions n’ont pas la même in­quié­tude que nous à ce su­jet. La ré­gu­la­tion et la gou­ver­nance du Net n’en se­ront pas moins au coeur de 2014. Deuxième risque, l’ap­pa­ri­tion de ce que l’on pour­rait ap­pe­ler une « cy­ber­greed », une cu­pi­di­té du Net, du fait d’une trop forte cap­ta­tion des ri­chesses par les géants de la nou­velle éco­no­mie. Pour le dire au­tre­ment, l’un de nos dé­fis en 2014 se­ra de conti­nuer à en­cou­ra­ger l’in­no­va­tion, tout en en maî­tri­sant sa di­men­sion dis­rup­tive. Le 31 jan­vier, la Chine cé­lé­bre­ra son nou­vel an, un mois après le reste du monde. Dans la my­tho­lo­gie chi­noise, ce se­ra l’an­née du che­val (de bois). 2013 a été l’an­née du Ser­pent (d’eau), le plus sou­vent ca­rac­té­ri­sée par un calme « re­la­tif » mais par­fois par des chan­ge­ments in­at­ten­dus et de l’in­sta­bi­li­té. L’an­née du che­val, au contraire, est sou­vent tré­pi­dante et pro­pice à l’au­dace. Ce qui est sûr, c’est que le monde entre dans un nou­veau cycle… Une an­née d’in­ven­ti­vi­té, de créa­ti­vi­té et donc d’es­poirs. En at­ten­dant de voir si cet élan se réa­li­se­ra, La Tri­bune vous sou­haite de très joyeuses fêtes de fin d’an­née. Ren­dez-vous le ven­dre­di 10 jan­vier pour votre heb­do­ma­daire et tous les jours en at­ten­dant sur Internet et mo­bile sur la­tri­bune.fr.

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