14 ten­dances pour en­core in­no­ver en 2014

Le monde tourne en­fin la page de la crise et les ré­vo­lu­tions nu­mé­riques font naître de nou­veaux es­poirs… et de nou­velles craintes. Quel ave­nir nous an­nonce l’Internet 4.0?

La Tribune Hebdomadaire - - LA UNE -

De 2013, on re­tien­dra que le monde y a sur­vé­cu, comme d’ailleurs à la ré­ces­sion ter­rible de 2008-2009. En 2014, l’éco­no­mie mon­diale se­ra en crois­sance, d’en­vi­ron 3,5!% après un peu moins de 3!% cette an­née. Une crois­sance dis­pa­rate certes, et tou­jours très in­éga­li­taire, mais une crois­sance quand même. Le fait ma­jeur de l’an­née, c’est le ré­veil de l’Amé­rique qui, six ans après la crise, re­bon­dit, grâce à un double choc, éner­gé­tique et tech­no­lo­gique. En 2014, les États-Unis vont de­ve­nir le pre­mier pro­duc­teur mon­dial de pé­trole hors OPEP et vont com­men­cer à ex­por­ter du gaz (de schiste). Certes, ils sont aus­si en­core le pre­mier pays consom­ma­teur de pé­trole (près de 20!% de la consom­ma­tion mon­diale), de­vant la Chine. Le deuxième mo­teur, très puis­sant, de l’Amér i que, ce­se­rontles nou­velles tech­no­lo­gies de l’in­for­ma­tion et de la com­mu­ni­ca­tion (NTIC). Se­lon une en­quête de l’OCDE, Internet re­pré­sen­tait dé­jà en 2010 13!% de la va­leur ajou­tée pro­duite par les en­tre­prises amé­ri­caines. En France, c’est moins de 4!%, même si se­lon McKin­sey, Internet est dé­jà à l’ori­gine d’un quart de la crois­sance. On n’a pas en­core to­ta­le­ment pris la me­sure de l’in­croyable ra­pi­di­té de la dif­fu­sion des NTIC dans tous les sec­teurs de l’éco­no­mie. Tous les mo­dèles en sont bou­le­ver­sés. Avec par­fois des ef­fets des­truc­teurs sur l’em­ploi, mais aus­si la nais­sance de nou­veaux mé­tiers dont nous n’avions pas idée il y a cinq ans. Ce qui est nou­veau aus­si, c’est l’ef­fet d’ho­ri­zon­ta­li­té pro­vo­qué par le Web. On entre dans un monde où la taille n’est plus le seul dé­ter­mi­nant du suc­cès. Les pe­tites en­tre­prises peuvent en­trer en concur­rence avec les plus grandes, le ra­pide peut man­ger le lent. Les deux mo­dèles du meilleur éco­sys­tème Internet sont les États-Unis et la Suède. La France est en re­tard, dans cette ba­taille mon­diale, où il y a dé­jà plus de 2,5 mil­liards d’êtres hu­mains et 15 mil­liards d’ob­jets connec­tés, mais elle ne manque pas d’atouts pour en bé­né­fi­cier. C’est pour ce­la que pour les fêtes de fin d’an­née, La Tri­bune vous pro­pose sa sé­lec­tion des 14 ten­dances qui tra­versent cette ré­vo­lu­tion. 14 ten­dances des­ti­nées à nous ai­der à in­no­ver en­core plus en 2014. Bonne lec­ture. PH.M.

1I LA LI­BER­TÉ DU NET ME­NA­CÉE ?

La sé­cu­ri­té des don­nées per­son­nelles de­vient un enjeu mon­dial face aux in­tru­sions ré­vé­lées par l’af­faire Prism. Com­ment ré­gu­ler la li­ber­té de l’Internet face aux géants mon­diaux du sec­teur et aux États? 2014 son­ne­ra-elle la fin de la li­ber­té sur Internet!? Les don­nées per­son­nelles sont dé­sor­mais à la por­tée de tous à tra­vers nos posts sur Fa­ce­book, nos achats en ligne sur Ama­zon et nos re­cherches sur Google. Avec Apple, ces trois mas­to­dontes amé­ri­cains font par­tie du « GAFA ». Tous col­lectent et ana­lysent les in­for­ma­tions per­son­nelles à des fins com­mer­ciales. Or, en juin der­nier, les révélation­s d’Ed­ward Snow­den sur l’af­faire Prism ont je­té un pa­vé dans la mare, pro­vo­quant une énorme vague d’in­di­gna­tion : de­puis 2007, la NSA et le FBI ont eu ac­cès aux ser­veurs des géants na­tio­naux du Web pour y consul­ter les in­for­ma­tions sur leurs uti­li­sa­teurs, dont ceux de l’Hexa­gone. Même les di­ri­geants eu­ro­péens au­raient été écou­tés. Enjeu éco­no­mique et de so­cié­té, la ré­gu­la­tion du Net et la pro­tec­tion des don­nées sont donc de­ve­nues un ob­jet de dé­bat ul­tra­sen­sible. Lors de la sixième World Po­li­cy Con­fe­rence à Mo­na­co, sa­me­di 14 dé­cembre, Carl Bildt, le mi­nistre suédois des Af­faires étran­gères a ju­gé que « la pro­chaine ba­taille pour la li­ber­té dans le monde se­ra la ba­taille pour la li­ber­té d’Internet ». Il faut dire que cer­taines puis­sances émer­gentes, comme la Chine et la Rus­sie, veulent en­ter­rer le sys­tème de gou­ver­nance ac­tuel pour faire ce qu’ils veulent sur la Toile. Et au be­soin, cen­su­rer cer­tains conte­nus. Au ni­veau eu­ro­péen, le su­jet s’est mué en pomme de dis­corde. Au dé­but du mois, Vi­viane Re­ding, la vice-pré­si­dente de la Com­mis­sion eu­ro­péenne en charge de la Jus­tice, a pi­qué une grosse co­lère contre les États membres. « Les mi­nistres ont re­cu­lé sur la pro­tec­tion des don­nées », a-telle pes­té sur Twit­ter dans la fou­lée d’une réunion avec les mi­nistres de la Jus­tice de l’UE. « Le Conseil est en­tré en hi­ber­na­tion. » Ce qui, se­lon elle, met en dan­ger le prin­cipe d’un « gui­chet unique » veillant à l’ap­pli­ca­tion des règles pour les trans­ferts trans­fron­ta­liers de don­nées per­son­nelles col­lec­tées dans les pays de l’UE. Avec dans le col­li­ma­teur, l’ac­ti­vi­té des géants amé- ri­cains du GAFA, qui ont en­ga­gé un bras de fer avec Bruxelles pour contrer la me­sure. En France aus­si, les cri­tiques fus­ti­geant l’uti­li­sa­tion des don­nées per­son­nelles fusent. Et ce n’est pas l’adop­tion de la loi de pro­gram­ma­tion mi­li­taire (LPM) par le Sé­nat qui va cal­mer le jeu : le texte a ob­te­nu le feu vert de l’ins­ti­tu­tion le 10 dé­cembre, au grand dam de nom­breux ac­teurs du nu­mé­rique. Ceux-ci pestent contre son ar­ticle 13, qui vise no­tam­ment à ren­for­cer l’ac­cès des ser­vices de ren­sei­gne­ments aux don­nées in­for­ma­tiques. De leur cô­té, les en­tre­prises tentent de jouer la carte de la trans­pa­rence. « Chez nous, les don­nées sont confi­den­tielles et ap­par­tiennent aux clients » , in­siste Yves Ty­rode, di­rec­teur gé­né­ral de Voyage-sncf.com, un des poids lourds du e-com­merce fran­çais avec 3,6 mil­liards d’eu­ros de vo­lume d’af­faires en 2012. Il prône une uti­li­sa­tion plus « éthique » de ces in­for­ma­tions, poin­tant le risque d’une perte de confiance des uti­li­sa­teurs, et donc d’un vrai risque en termes de bu­si­ness et d’image. Autre enjeu, ce­lui de la cy­ber-guerre et du cy­ber-ter­ro­risme, avec l’ap­pa­ri­tion de « mal­wares » , lo­gi­ciels mal­veillants plus puis­sants que des bombes nu­cléaires, et ca­pables de s’in­fil­trer dans les ré­seaux qui gou­vernent les grandes in­fra­struc­tures (eau, éner­gie, trans­ports), ca­pables au­jourd’hui de dé­truire un pays de l’in­té­rieur. Se pré­mu­nir de ces risques se­ra un des dé­fis des an­nées à ve­nir.#

2I GARE À L’E-CO­LÈRE DE L’E-CI­TOYEN!

Dé­pas­sés, les syn­di­cats ou les par­tis po­li­tiques? Entre les « Pi­geons », les « bon­nets » mul­ti­co­lores et autres vo­la­tiles, les op­po­si­tions s’ex­priment dé­sor­mais sur les ré­seaux so­ciaux. Dans une so­cié­té hy­per-connec­tée, la dé­mo­cra­tie passe aus­si à l’ère nu­mé­rique. Dé­sor­mais, la co­lère ci­toyenne naît sur les ré­seaux so­ciaux avant de se pro­pa­ger à la rue. Twit­ter, Fa­ce­book, les blogs et les mé­dias en ligne agissent comme des « ac­cé­lé­ra­teurs » de la prise de conscience col­lec­tive. De­puis les ré­vo­lu­tions arabes de 2011 jus­qu’aux ma­ni­fes­ta­tions contre la Coupe du monde de 2014 au Bré­sil, la Toile dé­mul­ti­plie l’ac­cès à l’in­for­ma­tion, créé le dé­bat, fa­vo­rise les mou­ve­ments po­pu­laires. « Internet et les ré­seaux so­ciaux fa­ci­litent la ca­pa­ci­té des ci­toyens à se mo­bi­li­ser et in­fluer sur le cours des évé­ne­ments », ex­plique Jean-Mi­chel Huet, le di­rec­teur as­so­cié du ca­bi­net de conseil Bea­ring Point. Ain­si, dans le tour­billon des jac­que­ries so­ciales, ou plu­tôt fis­cales, qui sillonne ac­tuel­le­ment la France, les col­lec­tifs –!bon­nets rouges, pi­geons, din­dons, pous­sins, mou­tons… – éclipsent les ac­teurs tra­di­tion­nels de la contes­ta­tion. Syn­di­cats et par­tis po­li­tiques peinent à contrô­ler et à ti­rer pro­fit de l’e-ré­volte. Dé­pas­sé par la puis­sance de ces col­lec­tifs ci­toyens, le pou­voir va­cille. Les pi­geons ont don­né le si­gnal avec la ré­volte contre la taxa­tion des plus-va­lues. Les bon- nets rouges ont ob­te­nu le re­port de l’éco­taxe. Et les cen­taines de mil­liers de ma­ni­fes­tants contre le ma­riage pour tous ont tant ef­frayé le gou­ver­ne­ment que la PMA (pro­créa­tion mé­di­ca­le­ment as­sis­tée) et la GPA (ges­ta­tion pour au­trui) ne se­ront pas abor­dées dans la grande loi sur la fa­mille pré­vue pour 2014. En cette an­née d’élec­tions mu­ni­ci­pales et eu­ro­péennes, l’e-ci­toyen res­te­ra au coeur des pré­oc­cu­pa­tions. Peu de can­di­dats ose­ront dé­fier le suf­frage uni­ver­sel sans re­cou­rir à Internet et aux ré­seaux so­ciaux dans leur cam­pagne, en s’ins­pi­rant de ce qu’a fait Oba­ma aux États-Unis. À l’heure du Net­ci­ti­zen, ou Ne­ti­zen, on in­vente le « porte-àporte nu­mé­rique ». Les nou­velles tech­no­lo­gies peuvent-elles ai­der la dé­mo­cra­tie#? De plus en plus de voix, à com­men­cer par la CNIL (Com­mis­sion na­tio­nale de l’in­for­ma­tique et des li­ber­tés) s’élèvent pour ré­cla­mer le vote élec­tro­nique et la carte élec­to­rale bio­mé­trique. Peu uti­li­sés dans l’Hexa­gone, ces ou­tils pour­raient se ré­vé­ler très ef­fi­caces pour lut­ter contre l’abs­ten­tion… À condi­tion d’évi­ter les triches et les bugs qui ont pa­ra­si­té, en juin der­nier, le vote élec­tro­nique pour dé­si­gner la can­di­date UMP à la mai­rie de Pa­ris. « Tech­ni­que­ment, il est tout à fait pos­sible d’or­ga­ni­ser un vote en ligne sé­cu­ri­sé et à grande échelle. Mais la classe po­li­tique fran­çaise n’a pas en­core pris la me­sure de l’im­por­tance de l’eci­toyen­ne­té » , dé­plore Jean-Mi­chel Huet. En plus d’amé­lio­rer le taux de par­ti­ci­pa­tion, le vote élec­tro­nique pour­rait sim­pli­fier l’or­ga­ni­sa­tion des élec­tions, évi­ter les votes nuls et les er­reurs de dé­pouille­ment. Un pro­chain com­bat e-ci­toyen#?! S.R.

3I LA FIN DE LA PRO­PRIÉ­TÉ ?

So­cié­té du « share », de l’au­to­mo­bile à la mai­son par­ta­gée : la pro­prié­té change de na­ture, se dé­ma­té­ria­lise, ou se dé­struc­ture dans le temps. Par­ta­ger plus pour consom­mer plus, ou mieux ? Près de 10#000 locations par jour pour Au­to­lib’, le ser­vice de mise à dis­po­si­tion de vé­hi­cules élec­triques créé voi­là tout juste deux ans#; 500#000 pe­tites an­nonces quo­ti­diennes et 17,5 mil­lions de vi­si­teurs uniques par mois (soit un Fran­çais sur quatre#!) sur le site le­bon­coin.fr, qui, après sept ans d’exis­tence, dé­passe les 100 mil­lions d’eu­ros de chiffre d’af­faires et les 200 sa­la­riés… s’il ne fal­lait que deux exemples pour mon­trer à quel point la consom­ma­tion vit au­jourd’hui une pro­fonde mutation, ces deux-là suf­fi­raient. Au­tre­fois très at­ta­ché à sa voi­ture, consi­dé­rée comme un élé­ment de sta­tut, le consom­ma­teur pri­vi­lé­gie de plus en plus, pour se dé­pla­cer, l’usage à la pro­prié­té. Et la ten­dance ne se li­mite pas au bo­bo pa­ri­sien. En té­moigne le suc­cès des sites de co­voi­tu­rage – BlaB­laCar, le lea­der, né en France en 2009, trans­porte près de un mil­lion de per­sonnes en Eu­rope chaque mois –!ou de prêt de vé­hi­cules entre par­ti­cu­liers. Ce suc­cès tient bien évi­dem­ment à la gé­né­ra­li­sa­tion d’Internet, qui fa­ci­lite les mises en re­la­tions et les tran­sac­tions. On met en vente sur le­bon­coin.fr la lampe ou

s le man­teau qu’on au­rait au­tre­fois pro­po­sé sur le trot­toir dans une bra­de­rie ou un vide-gre­nier. Mais sans se dé­pla­cer et avec la pos­si­bi­li­té de tou­cher des mil­liers d’ama­teurs po­ten­tiels. Le phé­no­mène s’est bien sûr ac­cru avec la crise. Cette « éco­no­mie du par­tage » touche dé­sor­mais tous les sec­teurs d’ac­ti­vi­té. Et plu­sieurs start-up se créent chaque mois, pour pro­po­ser des locations entre par­ti­cu­liers d’ap­par­te­ments, de voi­tures, de places de par­king, d’ou­tils, d’élec­tro­mé­na­ger… « Ces plates-formes col­la­bo­ra­tives se bâ­tissent gé­né­ra­le­ment sur une des ver­ti­cales du Bon Coin » , ob­serve Pau­lin De­men­thon, co­fon­da­teur de Dri­vy, qui a choi­si le cré­neau de la lo­ca­tion de voi­tures. Cet en­goue­ment signe-t-il la fin de la pro­prié­té!? « Oui, tout à fait, es­time Pau­lin De­men­thon. Ce n’est pas une vague, mais une ten­dance lente, qui s’étale sur des an­nées. Les gens pri­vi­lé­gient le bon sens pratique et l’ef­fi­ca­ci­té. » Le mi­li­tan­tisme ne joue qu’un rôle mi­neur dans cette vague du par­tage et l’éclo­sion de ces sites. « Les mi­li­tants ne sont que 7"%, se­lon nos son­dages, mais nous pre­nons ce chiffre avec pru­dence car les vrais mi­li­tants re­fusent en gé­né­ral de ré­pondre, in­dique Na­tha­lie Da­me­ry, la pré­si­dente de l’Ob­so­co. Les Fran­çais veulent conti­nuer à consom­mer et, dans un contexte de pou­voir d’achat plu­tôt contraint, ils sont prêts à par­ta­ger ou à ache­ter d’oc­ca­sion tous les pro­duits qui ne sont pas des signes de re­con­nais­sance. » "

O.E. 4IS UR-ME­SURE ET ME.COM Voyages sur me­sure, mode du sel­fie (on se prend en photo soi-même), im­pri­mantes 3D, tout ce­la des­sine monde où in­di­vi­dua­lisme rime avec ul­tra-per­son­na­li­sa­tion. Des robes ou des chaus­sures sur me­sure chez Mood­byme.com, des che­mises taillées à vos exactes men­su­ra­tions chez Ce­lio, et même des ca­le­çons per­son­na­li­sables se­lon vos formes et vos goûts chez eDoL.fr : à l’évi­dence, la ten­dance est à l’ex­trême per­son­na­li­sa­tion dans la mode. Et le phé­no­mène s’étend à bien d’autres sec­teurs de la consom­ma­tion. Ca­li­bag.com vous pro­met de ne plus vous trom­per de ba­gage sur les ta­pis des aé­ro­ports grâce à des va­lises à la cou­leur et au dé­cor de votre choix, tan­dis que Pla­net­veo.com, un spé­cia­liste du voyage sur me­sure créé en 2007, connaît une crois­sance ful­gu­rante de­puis cinq ans. Il at­tein- dra 60 mil­lions d’eu­ros de chiffre d’af­faires cette an­née avec près de 200 col­la­bo­ra­teurs. La so­cié­té du par­tage co­ha­bite avec un néoin­di­vi­dua­lisme plus vi­vant que ja­mais. En té­moigne la mode du sel­fie, cet au­to­por­trait réa­li­sé à l’aide d’un smart­phone puis mis en ligne sur Fa­ce­book, Twit­ter, Ins­ta­gram et autres ré­seaux so­ciaux. Tous les grands de la pla­nète s’y sont prê­tés, du pape Fran­çois au pré­sident amé­ri­cain Ba­rack Oba­ma. Le terme sel­fie a été choi­si comme « mot de l’an­née » par les au­teurs du dic­tion­naire d’Ox­ford, vé­ri­table ré­fé­rence en Gran­deB­re­tagne, qui sou­lignent sa pro­gres­sion de 17!000!% sur les douze der­niers mois. Et le phé­no­mène in­té­resse dé­sor­mais le bu­si­ness. Dans le nou­veau ma­ga­sin Ma­rion­naud des Champs Ély­sées, la table de ma­quillage est connec­tée, pour fa­ci­li­ter l’en­voi des pho­tos à ses amis. Et le dis­tri­bu­teur de mode Etam vient de lan­cer un concours de self leg –"une photo de ses jambes gai­nées de col­lants – avec pro­messe de voyage à New York pour la ga­gnante. Be­soin de se dé­mar­quer, d’exis­ter, tels sont les ar­gu­ments mis en avant par les adeptes de cette pratique nar­cis­sique. Na­tha­lie Da­me­ry, la pré­si­dente de l’Ob­ser­va­toire so­cié­té et consom­ma­tion (Ob­so­co), ne voit pas for­cé­ment de contra­dic­tion entre cette ul­tra-per­son­na­li­sa­tion d’un cô­té et la mon­tée du prêt et des mou­ve­ments col­la­bo­ra­tifs de l’autre. « Un même consom­ma­teur peut adop­ter des at­ti­tudes très dif­fé­rentes dans son rap­port aux ob­jets. Il y a les ob­jets aux­quels il tient et qu’il va per­son­na­li­ser à ou­trance. Le plus sym­bo­lique dans cette ca­té­go­rie étant le smart­phone, in­di­vi­dua­li­sé grâce aux ap­pli­ca­tions té­lé­char­gées par son pro­prié­taire. Et il y a ceux qu’il par­tage, parce qu’il en a un usage as­sez ré­duit, comme par exemple les ou­tils de bri­co­lage. » Une dua­li­té, ren­for­cée par la crise, qui a toutes les chances de per­du­rer en 2014." O. E. 5I TOU­JOURS MIEUX, ET PLUS VITE La ten­dance est à l’ul­tra. Ul­tra­mo­bi­li­té avec la 4G en 2014 et bien­tôt la 5G pré­vue pour 2020. Ul­tra-haute définition avec la 4K, la pro­chaine ré­vo­lu­tion des té­lé­vi­seurs. Jus­qu’où ira la tech­no­lo­gie? Comme de grands ado­les­cents im­pa­tients et sans cesse frus­trés, nous avons bas­cu­lé dans un monde où l’exi­gence de per­for­mance, de vi­tesse et de qua­li­té ne connaît plus de li­mite. C’est la fa­meuse loi de Moore, en fait une simple conjec­ture, qui dit en gros que la puis- sance des mi­cro-pro­ces­seurs double à peu près tous les deux ans à coûts constants et ce de­puis la créa­tion d’In­tel (dont Moore était un des fon­da­teurs), en 1959. Le ré­sul­tat est à la por­tée de tous les geeks : ou­bliez votre té­lé « full HD » der­nier cri ou votre smart­phone der­nière gé­né­ra­tion, car en 2014, soyez en sûrs, il fau­dra en­core en chan­ger. Pour les té­lé­vi­seurs, le nou­veau sigle à la mode, c’est 4K, pour ul­tra HD, avec une ré­so­lu­tion de 4!096 x 2!060 pixels, là où le « full HD » af­fiche du 1!920 x 1!080 pixels, deux fois moins. On est loin des pre­miers écrans LCD de pa­pa. Le « K » est ce­lui du « ki­bi », une uni­té de me­sure qui est l’équi­valent in­for­ma­tique du ki­lo, d’une va­leur ab­so­lue de 1!024. 4K, c’est donc 4 fois la va­leur d’un ki­bi, soit 4!096. En quelques an­nées, les écrans de té­lé­vi­sion ont at­teint des per­for­mances d’af­fi­chage pro­fes­sion­nelles. Les écrans 4K sont dé­jà sur le mar­ché grand pu­blic, à des prix tou­te­fois as­sez dis­sua­sifs puisque ce type de ré­so­lu­tion né­ces­site de grandes dia­go­nales (plus de 50 pouces) et vont avec la 3D (sans lu­nettes). Il faut donc comp­ter au­tour de 8!000 eu­ros, moins que les 100!000 eu­ros du pre­mier mo­dèle, en 2009. Ce qui n’em­pêche pas la ba­taille de la 4K d’être dé­jà lan­cée par Sharp, Toshi­ba, LG, Sam­sung ou en­core So­ny. Car cette ba­taille de l’ul­tra-réa­lisme n’en est qu’à ses dé­buts : Sharp a pré­sen­té un té­lé­vi­seur 8K4K (7!680 x 4!320 pixels) de 85 pouces. La même évo­lu­tion a lieu cô­té vi­déo­pro­jec­teurs et les ca­mé­ras vi­déos, ce qui de­vrait ra­me­ner as­sez ra­pi­de­ment le Blu-ray vers l’ob­so­les­cence pro­gram­mée qui frappe tous les pro­duits high-tech. Pour en savoir plus, at­ten­dez le pro­chain Consu­mer Elec­tro­nic Show, La Mecque de l’in­no­va­tion élec­tro­nique grand pu­blic du 7 au 10 jan­vier pro­chain, à Las Ve­gas. Autre ten­dance, dé­sor­mais bien connue avec

© AN­DREW YATES / AFP

Le centre de dis­tri­bu­tion du géant amé­ri­cain Ama­zon, à Pe­ter­bo­rough, en An­gle­terre, ou la face ca­chée de la vente en ligne.

Le vote élec­tro­nique pour­rait être un bon moyen de lut­ter contre l’abs­ten­tion. À condi­tion d’évi­ter les bugs et les triches…

Ser­gey Brin, co­fon­da­teur de Google, lors de la key­note de pré­sen­ta­tion de la Google Glass, le 27 juin 2012, à San Fran­cis­co.

© SEAN GAL­LUP/GET­TY IMAGES EU­ROPE/AFP

La montre Ga­laxy Gear connec­tée au smart­phone Ga­laxy Note 3 de Sam­sung. La ba­taille des fa­bri­cants pour l’Internet des ob­jets a com­men­cé…

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