AU­TRE­MENT

En­tre­pre­neurs et aven­tu­riers : por­trait de dix Fren­chies Fren­chies qui réus­sissent à l’étran­ger.

La Tribune Hebdomadaire - - LA UNE - M. V. D. C. F. G. R. R. N. R.

INDE CLA­RA KAN­NER

L’EN­TRE­PRE­NEUSE HÔ­TE­LIÈRE

L’en­tre­pre­neu­riat, on pour­rait dire que Cla­ra Kan­ner (à droite sur la photo) est tom­bée de­dans quand elle était pe­tite. Cette Lil­loise as­sure avoir tou­jours su que, plus tard, elle crée­rait quelque chose à son compte. Pas éton­nant, donc, de la re­trou­ver au­jourd’hui à la tête d’un hô­tel en Inde, à New Del­hi. « J’ai tou­jours en­tre­pris quelque chose » , confie-t-elle. À com­men­cer par son stand à la bra­de­rie an­nuelle de Lille. Et bien qu’ha­bi­tant à l’autre bout du monde, pas ques­tion d’en man­quer une. Tout com­mence en 2009. En quête d’exo­tisme, Cla­ra ar­rive en Inde pour son stage de fin d’études de com­merce. Pre­nant goût à la riche culture lo­cale, elle y re­vien­dra en­suite. Elle s’adapte ra­pi­de­ment à New Del­hi où « la com­mu­nau­té fran­çaise est as­sez res­treinte, on se connaît un peu tous, on fré­quente les mêmes en­droits, on va tous aux

évé­ne­ments de l’am­bas­sade de France » , ex­plique la Fran­çaise. Très vite, elle croise Co­ra­line Jo­ve­neaux (à gauche sur la photo), qui compte mon­ter sa propre en­tre­prise. L’idée fait son che­min dans l’es­prit de Cla­ra Kan­ner et après quelques mois de dis­cus­sions, les deux jeunes filles se lancent dans un pro­jet d’hô­tel­le­rie, qui voit le jour en juillet 2012. Un an et de­mi et 15!000 eu­ros plus tard, le bi­lan est po­si­tif. Bed & Chaï en­re­gistre un chiffre d’af­faires de 55!000 eu­ros. « On est plein

tout le temps » , se ré­jouit Cla­ra Kan­ner. Si bien que les deux Fran­çaises ont agran­di l’hô­tel avec des « guest houses ». En tout, le com­plexe hô­te­lier contient huit chambres doubles et deux dor­toirs.

DU­BAÏ THIER­RY ANTINORI

LE « BIG BOSS » DES VENTES D’EMI­RATES Le PDG de la plus grande com­pa­gnie aé­rienne mon­diale se­ra peut-être un jour fran­çais. Non pas qu’Air France-KLM as­pire à re­de­ve­nir lea­der du sec­teur, mais parce qu’un Fran­çais est au­jourd’hui dans le top ma­na­ge­ment d’Emi­rates, com­pa­gnie à la crois­sance ful­gu­rante, qui fonce vers la pre­mière place mon­diale. Thier­ry Antinori, 52!ans, a re­joint la com­pa­gnie de Du­bai en oc­tobre 2011 en tant que «!Exe­cu­tive Vice Pre­sident for Pas­sen­ger Sales World­wide!». Preuve qu’il a su s’im­po­ser, Tim Clark, le di­rec­teur gé­né­ral d’Emi­rates, lui a ajou­té à l’été 2013 la di­rec­tion du car­go et l’a nom­mé « Exe­cu­tive Vice Pre­sident, Chief Com­mer­cial Of­fi­cer ». Au­tre­ment dit, le « big boss » des ventes d’Emi­rates, les­quelles s’élèvent à une ving­taine de mil­liards de dol­lars. Ce Fran­çais d’ori­gine ita­lienne com­men­ça sa car­rière en 1986 à Air France à la di­rec­tion des ventes pour la ré­gion pa­ri­sienne. En 1994, à 33!ans, il prend la di­rec­tion gé­né­rale d’Air France en Al­le­magne. Deux ans et de­mi après, le chiffre d’af­faires outre-Rhin a bon­di de 70$% et les coûts ont di­mi­nué de 20$%. Lufthansa le re­crute en 1997 au poste de vice-pré­sident pour l’Eu­rope de l’Ouest et du Sud. Il a 36!ans. Il ne ces­se­ra de grim­per les éche­lons au sein de la com­pa­gnie al­le­mande, au point de de­ve­nir vice-pré­sident exé­cu­tif des ventes, du mar­ke­ting et de la dis­tri­bu­tion, et membre du di­rec­toire. à la fin de 2010, il est nom­mé PDG d’Aus­trian Airlines, fi­liale en dif­fi­cul­té de Lufthansa. À quelques jours d’en­trer en fonc­tion, le 1er!avril 2011, il quitte Lufthansa. Pour­quoi$? Si­lence ra­dio. En oc­tobre, Emi­rates an­nonce son re­cru­te­ment.

THAÏ­LANDE FRÉ­DÉ­RICK BES­SON

L’HOMME AUX PAR­FUMS Aum Pat­cha­ra­pa, Ma­rio Mau­rer : ces noms ne vous disent rien, et pour­tant, en Thaï­lande, ils sont l’équi­valent des Pa­ris Hil­ton et Jus­tin Tim­ber­lake. C’est en mon­tant des par­te­na­riats avec les stars lo­cales que Fré­dé­rick Bes­son a fait de Bel Per­fumes un ac­teur de taille sur le mar­ché des par­fums en Thaï­lande. Il dé­barque au pays de Ra­ma IX au dé­but des an­nées#2000 pour ra­che­ter une en­tre­prise. « Mais celle-ci mar­chait tel­le­ment bien que son pro­prié­taire n’a plus

vou­lu me vendre ses parts. » Mau­vaise pioche, mais il va for­cer la main du des­tin. Avec son fu­tur as­so­cié, ils ont 20!000 dol­lars et lancent quan­ti­té de pro­jets. Si cer­taines idées ne valent pas un baht, le cré­neau du par­fum leur semble por­teur. Les dé­buts sont ca­ho­tants. Jus­qu’à ce qu’il trouve la com­bi­nai­son ga­gnante. « 70% du pays vit avec moins de 250 eu­ros par mois. Nos pro­duits s’adressent à cette classe moyenne de 30 mil­lions de per­sonnes. » Et le Fran­çais met

sur pied une gamme de pro­duits taillés sur me­sure : pe­tits prix, pe­tits for­mats, et « made in

France » gra­vé sur les par­fums, puis­qu’il se pro­cure les fra­grances à Grasse (06). Très vite, les ventes de Bel Per­fumes dé­collent. En 2009, le pre­mier par­te­na­riat avec une star lo­cale met la so­cié­té sur or­bite. Frin­gante, la PME em­ploie au­jourd’hui 150#sa­la­riés et voit son chiffre d’af­faires dou­bler chaque an­née de­puis quatre ans. Pro­chaines étapes pour Bel Per­fumes : l’In­do­né­sie, les Phi­lip­pines, le Cam­bodge et peut-être… la France!!

CHI­LI NI­CHO­LAS RE­GNAULT

À LA CONQUÊTE DU NOU­VEAU MONDE « Faire quelque chose en Amé­rique du Sud. » C’est ce qui a conduit Ni­cho­las Re­gnault, 32!ans, à en­tre­prendre au Chi­li. Pas pour fuir la France, mais pour dé­cou­vrir d’autres cultures. D’ori­gines es­pa­gnole et por­tu­gaise, « c’est dans les gènes de voir ce que l’on peut construire ailleurs », ex­plique-t-il. « J’ai mis deux ans à mettre en place mon pro­jet. » Ses pre­mières amours pour le Chi­li re­montent à un stage à la mis­sion éco­no­mique de San­tia­go, dans le cadre de ses études à l’ESCD 3A. Au Chi­li, « le champ des pos­sibles est vaste » , con­trai­re­ment à l’Eu­rope où le dé­ve­lop­pe­ment est tel qu’il est dif­fi­cile de réus­sir. Ses pre­miers pas se fe­ront en France, comme res­pon­sable ex­port d’une PME. Ce qui lui per­met de voya­ger. Tout le monde connaît son rêve. Un jour, il se dé­cide. Sur place, pre­mier écueil : « Il est im­pos­sible d’ou­vrir un compte sans re­com­man­da­tion. » Mais le réseau fran­çais est là. Ener­guias est créée en 2009. Son an­cien pa­tron est son pre­mier client à qui il dis­tri­bue­ra des pièces pour l’in­dus­trie ga­zière, en plein es­sor là-bas. Quatre ans après, avec un CA de 1,5 mil­lion à 2 mil­lions de dol­lars, il dé­gage des bé­né­fices. Un bu­reau est ouvert au Pé­rou et il vise la Co­lom­bie, le Bré­sil et l’Uru­guay. « Tout ce que j’ai, je l’ai vou­lu au plus pro­fond de moi » , af­firme-t-il fiè­re­ment. Son mes­sage pour la France : « Il n’y a rien d’im­pos­sible. »

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