La guerre est morte, vive la guerre!!

La Tribune Hebdomadaire - - TENDANCES -

Nous com­mé­mo­rons (juin 1914, juin 1944) deux des plus grands mas­sacres

de po­pu­la­tions mi­li­taires et ci­viles de l’his­toire de l’hu­ma­ni­té. Ils se sont dé­rou­lés dans la pre­mière moi­tié du siècle. De­puis, le monde se pa­ci­fie. La crois­sance éco­no­mique y contri­bue lar­ge­ment. Les bruits de bottes ne sont ce­pen­dant ja­mais loin. Le rap­pro­che­ment de l’Ukraine, de la Mol­da­vie, de la Géor­gie avec l’Union eu­ro­péenne crée des ten­sions vives avec la Rus­sie. L’ex­pan­sion chi­noise en mer de Chine en crée d’autres avec le Ja­pon, le Viet­nam. L’am­pleur des échanges éco­no­miques, des échanges hu­mains, est un frein à l’ac­tion ir­ré­ver­sible. On peut ad­mi­rer cer­taines re­te­nues en Ukraine. La théo­rie d’Élie Ber­man veut qu’un faible re­ve­nu par tête et la pré­sence de mon­tagnes soient des in­di­ca­teurs pré­dic­tifs de conflits, comme en Sy­rie et en Irak, en Af­gha­nis­tan et au Pa­kis­tan. Il y a ce­pen­dant deux types de « guerres » qui se dé­ve­loppent. La pre­mière est la guerre éco­no­mique. La condam­na­tion de BNP Pa­ri­bas à près de 9 milliards de dol­lars pour vio­la­tion de l’em­bar­go éco­no­mique amé­ri­cain, no­tam­ment contre le Sou­dan, est re­con­nue comme un si­gnal fort. Le blo­cage par la Chine de l’al­liance com­mer­ciale des trois géants eu­ro­péens du trans­port maritime (Maersk, MSC, CMA CGM) sur 29 lignes, mal­gré l’ac­cord de Bruxelles et de Wa­shing­ton, est aus­si re­con­nu comme tel. Cette guerre éco­no­mique est ac­com­pa­gnée d’une guerre na­tu­relle du ren­sei­gne­ment nu­mé­rique. On est dans l’af­fir­ma­tion des pôles éco­no­miques mon­diaux qui ne font que se ren­for­cer. De telles dé­ci­sions se­ront de plus en plus nom­breuses, mal­gré l’in­ter­na­tio­na­li­sa­tion des en­tre­prises. C’est la règle du jeu ad­mise.

La deuxième guerre qui se dé­ve­loppe est une guerre d’iden­ti­té.

C’est la plus sour­noise, la plus dan­ge­reuse. L’iden­ti­té est le su­jet le plus im­pal­pable qui soit. Elle peut être ré­gio­nale, re­li­gieuse, so­ciale. En Corse, le FLNC a « dé­po­sé les armes », sans aban­don­ner « la marche vers la sou­ve­rai­ne­té ». L’iden­ti­té re­li­gieuse – souvent mu­sul­mane – a pour ob­jec­tif la prise de pou­voir, la dé­sta­bi­li­sa­tion d’États. C’est une re­ven­di­ca­tion à l’in­verse des cou­rants ma­jo­ri­taires du monde, qui veut une sta­bi­li­sa­tion des fron­tières. Les « sol­dats » de cette re­ven­di­ca­tion se forment dans les pays faibles aus­si bien que dans les dé­mo­cra­ties. Cette guerre ter­ro­rise. Sa lutte est faite d’in­fil­tra­tion, de sui­vi électroniq­ue et d’at­taques né­ces­sai­re­ment « dis­crètes ». C’est dans ce monde que se si­tue l’ave­nir de l’éco­no­mie de la dé­fense, du na­no­drone à l’ul­tra-big da­ta. Et comme le veut l’His­toire, l’éco­no­mie ci­vile en pro­fi­te­ra. Je re­pars en plon­gée. Ren­dez-vous la se­maine pro­chaine… pour dé­mon­trer l’in­verse.

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