Le re­ve­nu uni­ver­sel est en marche

La Tribune Hebdomadaire - - TENDANCES -

Est-ce l’ap­proche du 14 juillet

et de l’an­ni­ver­saire de la Dé­cla­ra­tion des droits de l’homme d’août 1789 qui fait émer­ger le re­ve­nu uni­ver­sel? Quel que soit son nom — comme « le re­ve­nu de vie » —, le re­ve­nu uni­ver­sel consiste par prin­cipe à don­ner à chaque ha­bi­tant d’un pays la même somme à vie. Dé­but juillet, l’aide des étu­diants bour­siers a été re­va­lo­ri­sée et élar­gie aux étu­diants au­to­nomes en rup­ture fa­mi­liale, soit 200 mil­lions d’eu­ros pour 80000 bé­né­fi­ciaires. Le même jour, l’In­see a mis en avant l’ac­crois­se­ment de la pau­vre­té (14,3% des Fran­çais en 2011, en hausse de 0,3% sur 2010, ont des re­ve­nus in­fé­rieurs à 60% du ni­veau de vie mé­dian) et l’écart entre les 10% les plus pauvres (-0,8% en ni­veau de vie de 2010 à 2011) et les 10% les plus ai­sés (+2,1%). Cette hausse de la pau­vre­té est mar­quée chez les ac­tifs (un quart des SDF tra­vaille) et les chô­meurs, elle re­cule chez les re­trai­tés. Le même jour, la Dares (Di­rec­tion de l’ani­ma­tion de la re­cherche, des études et des sta­tis­tiques) pu­bliait « Les mé­tiers en 2022 », pré­di­sant un ac­crois­se­ment des pro­fes­sions de san­té et des ser­vices aux per­sonnes, mé­tiers es­sen­tiel­le­ment à basse ré­mu­né­ra­tion, souvent à temps par­tiel. Pour les autres mé­tiers, la Dares est trop op­ti­miste — même dans son hy­po­thèse « crise », avec un chô­mage à 9,7% et 1% de crois­sance — et confirme la rup­ture entre les mé­tiers à va­leur ajou­tée et ceux sans.

Des riches plus riches, des pauvres plus pauvres,

la France ne s’en sor­ti­rait pas sans l’un des sys­tèmes de re­dis­tri­bu­tion les plus ré­duc­teurs d’in­éga­li­tés au monde. Près de 40% des plus pauvres vivent de plus de 50% de re­ve­nus re­dis­tri­bués. Fin dé­cembre 2013, 2,3 mil­lions de foyers per­ce­vaient le RSA (+7,2% en un an). Les sa­laires, jus­qu’à 1,6 SMIC, sont lar­ge­ment ai­dés. Les aides existent pour le lo­ge­ment, la san­té, le chô­mage, la vieillesse, etc. Mais les pres­ta­tions — 6 milliards d’eu­ros, se­lon le rap­port Fra­go­nard de dé­cembre 2012 —, qui concernent plus de 2 mil­lions de per­sonnes, ne sont pas toutes dis­tri­buées. C’est que la re­dis­tri­bu­tion est très com­plexe. Pre­nons le pro­blème de zé­ro : créons une aide pour tous et pour tout sans condition, un re­ve­nu de base. L’éco­no­mie ad­mi­nis­tra­tive se­rait consi­dé­rable. Le droit au re­ve­nu pour tous est ac­com­pa­gné d’un de­voir pour ce­lui qui ne tra­vaille pas : ai­der la col­lec­ti­vi­té pour ga­gner sa fier­té et non vivre d’au­mône. Reste que cette aide pour tous doit être ac­com­pa­gnée d’un lo­ge­ment pour tous. Là aus­si il faut in­ver­ser la lo­gique : « Faire payer les riches », c’est les en­cou­ra­ger à par­ti­ci­per à la construc­tion de lo­ge­ments! Le re­ve­nu uni­ver­sel est une éco­no­mie. Je re­pars en plon­gée. Ren­dez-vous après l’été… pour dé­mon­trer l’in­verse.

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