100 mé­tiers d’ave­nir pour nos en­fants

LES FAITS. La nu­mé­ri­sa­tion, le dé­ve­lop­pe­ment conti­nu des nou­velles technologi­es, les évo­lu­tions dé­mo­gra­phiques et les pré­oc­cu­pa­tions éco­lo­giques trans­forment les mé­tiers ac­tuels. LES EN­JEUX. Ces mu­ta­tions so­cié­tales contri­buent à l’ap­pa­ri­tion de nouvelle

La Tribune Hebdomadaire - - LA UNE - DOS­SIER RÉA­LI­SÉ PAR PIERRE MA­NIÈRE ET SYLVAIN ROL­LAND SYLVAIN ROL­LAND

Le nu­mé­rique trans­forme l’éco­no­mie. Mais aus­si les em­plois. Pour ré­pondre aux nou­veaux be­soins des en­tre­prises, il faut for­mer les jeunes génération­s aux technologi­es de de­main.

On les ap­pelle les di­gi­tal na­tives, la « nouvelle gé­né­ra­tion si­len­cieuse » ou tout sim­ple­ment les « Z ». Une grande par­tie de cette tranche d’âge, née entre 1995 et 2009, en­tre­ra sur le mar­ché du tra­vail dans la pro­chaine dé­cen­nie. Dans la même pé­riode, leurs aî­nés de la gé­né­ra­tion Y, nés dans les an­nées 1980, s’y ins­tal­le­ront et ac­cé­de­ront aux postes à res­pon­sa­bi­li­té. Le point com­mun entre ces deux génération­s ? Elles sont pro­fon­dé­ment an­crées dans le xxie siècle. In­utile de leur par­ler de la crise, les Y et les Z sont nés avec et s’y adaptent. Bi­be­ron­nés à l’In­ter­net, at­ten­tifs aux in­no­va­tions tech­no­lo­giques, sen­si­bi­li­sés aux en­jeux éco­lo­giques, prêts à tra­vailler après 60 ans, ces tra­vailleurs de de­main vont ar­ri­ver sur un mar­ché du tra­vail en pleine mutation. « Les évo­lu­tions ra­pides de la so­cié­té créent de nou­veaux be­soins, donc de nou­velles com­pé­tences qui s’in­té­gre­ront dans la plu­part des mé­tiers exis­tants et crée­ront de nou­veaux mé­tiers » , ex­plique Aman­dine Bru­gière, cher­cheur à la Fon­da­tion In­ter­net nouvelle gé­né­ra­tion (Fing). Pour me­su­rer l’ef­fet de ces chan­ge­ments, le ca­bi­net Ernst & Young n’hé­site pas à par­ler d’une « ré­vo­lu­tion des mé­tiers » dans les pro­chaines an­nées. Leur étude in­dique que 90% des di­ri­geants an­ti­cipent des chan­ge­ments ma­jeurs dans les mé­tiers de leurs équipes et 39% pensent qu’ils vont tou­cher plus d’un quart de leurs ef­fec­tifs. « Les com­pé­tences, à la fois tech­niques et com­por­te­men­tales – po­ly­va­lence, adap­ta­tion au stress –, vont de­ve­nir plus im­por­tantes que les mé­tiers. Ceux de l’in­for­ma­tique, par exemple, vont se di­luer pour de­ve­nir des com­pé­tences né­ces­saires à de plus en plus de mé­tiers dans tous les sec­teurs » , pré­cise Marc Lher­mitte, as­so­cié chez Ernst & Young. La « faute », prin­ci­pa­le­ment, aux nou­velles technologi­es, qui bou­le­versent les mé­tiers exis­tants. En vingt ans, la nu­mé­ri­sa­tion de l’éco­no­mie a créé près de un mil­lion d’em­plois en France et la ten­dance va se pour­suivre dans les an­nées à ve­nir. Des sec­teurs au­jourd’hui em­bryon­naires, comme l’in­for­ma­tique en nuage, le trai­te­ment des mé­ga­don­nées, les ob­jets connec­tés et la ro­bo­tique, vont connaître un dé­ve­lop­pe­ment spec­ta­cu­laire. Se­lon un rap­port de 2013 de l’ins­ti­tut amé­ri­cain McKin­sey, ces mé­tiers in­no­vants en­traî­ne­ront un gain consi­dé­rable pour l’éco­no­mie mon­diale, com­pris entre 10 000 mil­liards et 25000 mil­liards d’eu­ros par an d’ici à 2025. L’es­sen­tiel vien­drait de l’In­ter­net mo­bile (entre 3 000 mil­liards et 8 000 mil­liards d’eu­ros), sui­vi de l’au­to­ma­ti­sa­tion du tra­vail in­tel­lec­tuel, des ob­jets connec­tés et de l’in­for­ma­tique en nuage. Des chiffres im­pré­cis, mais qui donnent une idée de l’am­pleur du phé­no­mène…

ÉCLO­SION AU­JOURD’HUI, EX­PLO­SION DE­MAIN

Pa­ral­lè­le­ment à la nu­mé­ri­sa­tion de l’éco­no­mie, son « ver­dis­se­ment » de­vrait for­te­ment af­fec­ter le mar­ché du tra­vail. Le sec­teur du dé­ve­lop­pe­ment du­rable, qui em­ploie au­jourd’hui 4 mil­lions de Fran­çais, de­vrait créer 600000 em­plois d’ici à 2020 se­lon le Conseil d’orien­ta­tion pour l’em­ploi (COE). « La prise en compte des en­jeux en­vi­ron­ne­men­taux va bou­le­ver­ser l’industrie, les ser­vices et l’agri­cul­ture » , pré­cise l’éco­no­miste Sandrine Abou­ba­dra-Pau­ly, de France Stra­té­gie. L’en­jeu pour les en­tre­prises est sur­tout de conci­lier l’ac­ti­vi­té éco­no­mique avec la res­pon­sa­bi­li­té so­cié­tale, dans une époque mar- quée par une cer­taine perte de sens liée à la mon­dia­li­sa­tion. « Créer du lien so­cial s’ins­crit dans le coeur de la dé­marche des en­tre­prises à la fois en in­terne et dans la re­la­tion client. Le dé­ve­lop­pe­ment des mé­tiers de l’éco­no­mie so­ciale et so­li­daire par­ti­cipe à cette ten­dance de fond » , ex­plique Jean-Noël Chain­treuil, spé­cia­liste des pro­blé­ma­tiques RH. En­fin, le vieillis­se­ment de la po­pu­la­tion (un Fran­çais sur trois au­ra plus de 60 ans en 2050, contre un sur cinq en 2005 d’après l’In­see) en­gen­dre­ra un fort dy­na­misme des mé­tiers des ser­vices, et no­tam­ment ceux des ser­vices à la per­sonne, qui em­ploient dé­jà plus de deux mil­lions de Fran­çais et crée­ront 350000 postes d’ici à 2022, se­lon la Di­rec­tion de l’ani­ma­tion de la re­cherche, des études et des sta­tis­tiques (Dares). Les pré­oc­cu­pa­tions liées à la qua­li­té de la vie dans une so­cié­té vieillis­sante vont éga­le­ment se­couer les do­maines de la san­té et du bien-être, sources de nom­breuses in­no­va­tions et donc de nou­veaux ser­vices. La Tri­bune vous pro­pose cette se­maine une plon­gée dans ces nou­veaux mé­tiers qui éclosent au­jourd’hui et ex­plo­se­ront de­main. De quoi don­ner quelques idées aux di­gi­tal na­tives de la gé­né­ra­tion Z.

© Pierre Ma­nière

Le Nu­ma (mot for­gé à par­tir de « nu­mé­rique » et « hu­main »), à Pa­ris, qui concentre au coeur d’un même es­pace des évé­ne­ments et des pro­grammes de tra­vail col­la­bo­ra­tif, d’ex­pé­ri­men­ta­tion et d’ac­cé­lé­ra­tion de pro­jets. C’est dans ce genre de lieux que...

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.