Ver­dir la fi­nance de l’in­té­rieur

Ces trois der­nières an­nées, sous la pres­sion de la ré­gle­men­ta­tion ou par crainte des risques, les in­ves­tis­seurs ins­ti­tu­tion­nels, as­su­reurs, fonds de pen­sion, ont com­men­cé à ré­duire l’em­preinte car­bone de leurs por­te­feuilles en ven­dant les ac­tifs les plus

La Tribune Hebdomadaire - - ÉDITO - DEL­PHINE CUNY @Del­phi­neCu­ny

Un monde à +2 de­grés pour­rait être en­core as­su­rable, un monde à +4 de­grés ne le se­rait cer­tai­ne­ment plus », avait dé­cla­ré Hen­ri de Cas­tries, l’ex-PDG d’Axa en mai 2015, au pre­mier Cli­mate Fi­nance Day à Pa­ris, consa­cré aux moyens de re­di­ri­ger les mil­liers de mil­liards de dol­lars gé­rés par le sec­teur fi­nan­cier vers une éco­no­mie bas car­bone. Un pro­pos ré­vé­la­teur de la prise de conscience ac­cé­lé­rée ces der­nières an­nées des ac­teurs de la fi­nance, en par­ti­cu­lier les as­su­reurs, des consé­quences dé­vas­ta­trices du ré­chauf­fe­ment cli­ma­tique. Pour la pla­nète… et pour le bu­si­ness ! « D’un seul coup, le monde fi­nan­cier a réa­li­sé qu’une ca­tas­trophe éco­lo­gique se­rait aus­si une ca­tas­trophe éco­no­mique », ré­sume Gé­rard Mes­tral­let, le pré­sident d’En­gie. Axa avait alors an­non­cé son in­ten­tion de cé­der ses par­ti­ci­pa­tions dans les en­tre­prises « les plus im­pli­quées dans les ac­ti­vi­tés liées au char­bon », pour 500 mil­lions d’eu­ros, et de tri­pler ses in­ves­tis­se­ments verts à plus de 3 mil­liards d’ici 2020. Car dés­in­ves­tir n’est qu’une par­tie de la ré­ponse : il faut sur­tout mas­si­ve­ment ré­orien­ter ces mil­liards vers le dé­ve­lop­pe­ment du­rable, par exemple au tra­vers de nou­veaux ou­tils de fi­nan­ce­ment verts, comme les green bonds (lire la dé­fi­ni­tion ci-contre). Moins sou­mis au dik­tat de la ren­ta­bi­li­té im­mé­diate qui pré­vaut sur les mar­chés fi­nan­ciers, les in­ves­tis­seurs de long terme, comme les as­su­reurs, les fonds de pen­sion et de re­traite, no­tam­ment nor­diques, ont été par­mi les pre­miers à se sai­sir des su­jets cli­ma­tiques, après s’être en­ga­gés sur les ques­tions éthiques et res­pon­sables. Par­fois sous la pres­sion des ONG, dé­ci­dées à as­sé­cher les fi­nan­ce­ments des éner­gies fos­siles

au pro­fit des re­nou­ve­lables (lire page 6). Et sous la pres­sion de la ré­gle­men­ta­tion et des gou­ver­ne­ments, comme ce fut le cas en France où la loi de tran­si­tion éner­gé­tique a consti­tué un tour­nant. Le fonds de pen­sion nor­vé­gien, le plus gros fonds sou­ve­rain au monde (plus de 1 000 mil­liards de dol­lars d’ac­tifs), qui avait ban­ni de son por­te­feuille les fa­bri­cants d’armes et de ta­bac dès le mi­lieu des an­nées 2000, s’est en­ga­gé à la de­mande du Par­le­ment à sor­tir du sec­teur du char­bon en 2015. Dans un in­té­rêt bien com­pris. C’est tout le pa­ra­doxe de ce fonds qui tire ses re­ve­nus des hy­dro­car­bures (taxes, li­cences d’ex­plo­ra­tion, di­vi­dendes de la com­pa­gnie Sta­toil) et pré­pare l’ave­nir de l’après-pé­trole, illus­trant le concept même de tran­si­tion.

RÉ­DUIRE LES RISQUES EN « DÉCARBONAN­T » LES POR­TE­FEUILLES

En sep­tembre 2015, dans un dis­cours qui a frap­pé les es­prits, Mark Car­ney, le gou­ver­neur de la Banque d’An­gle­terre et pré­sident du Conseil de sta­bi­li­té fi­nan­cière (FSB), a le pre­mier for­ma­li­sé les risques que les dé­rè­gle­ments cli­ma­tiques font pe­ser sur le sys­tème fi­nan­cier : le risque phy­sique lié aux inon­da­tions, ou­ra­gans et autres ca­tas­trophes na­tu­relles, qui touche les as­su­reurs et la va­leur des ac­tifs ; le risque ju­ri­dique, en cas de pour­suites contre les in­dus­triels les plus pol­lueurs ; et le risque de tran­si­tion, pou­vant ra­pi­de­ment dé­pré­cier de larges classes d’ac­tifs qui se­raient « en­sa­blés » ( stran­ded as­sets), sous l’ef­fet de dé­ci­sions po­li­tiques ou d’évo­lu­tions tech­no­lo­giques. Une ap­proche par les risques aux­quels les ac­teurs de la fi­nance sont très sen­sibles, plus qu’aux ar­gu­ments pu­re­ment éco­lo­giques. Le risque s’est d’ailleurs concré­ti­sé en 2016 par les mises en faillite de géants du char­bon aux États-Unis (Arch Coal, Pea­bo­dy). « Quand le chan­ge­ment cli­ma­tique de­vien­dra une ques­tion dé­ter­mi­nante pour la sta­bi­li­té fi­nan­cière, il se­ra peut-être dé­jà trop tard », avait mis en garde Mark Car­ney. Son rôle a été dé­ter­mi­nant dans la mise en mou­ve­ment de la pla­nète fi­nance. « Un tra­vail es­sen­tiel a été réa­li­sé sous la hou­lette du Conseil de sta­bi­li­té fi­nan­cière, par la Task Force Cli­mate-re­la­ted Fi­nan­cial Dis­clo­sures (TCFD), afin de ren­for­cer le re­por­ting des risques cli­ma­tiques dans le sec­teur fi­nan­cier et les sec­teurs non fi­nan­ciers, dans le même es­prit que l’ar­ticle 173 [lire l’en­ca­dré page 10] de la loi de tran­si­tion éner­gé­tique fran­çaise », sou­li­gnait Jean Bois­si­not, le di­rec­teur de la sta­bi­li­té fi­nan­cière à la di­rec­tion du Tré­sor, l ors du Fo­rum Smart Ci­ty du Grand Pa­ris or­ga­ni­sé le 28 no­vembre par La Tri­bune. Le re­por­ting cli­mat, dé­fen­du par le Car­bon Dis­clo­sure Pro­ject de­puis le dé­but des an­nées 2000, n’est pas suf­fi­sant, mais il est né­ces­saire. « Ces in­for­ma­tions doivent per­mettre au sec­teur fi­nan­cier – prê­teurs, in­ves­tis­seurs – de se sen­tir plus confor­table avec telle en­tre­prise parce qu’elle a com­pris les enjeux du cli­mat et mène une stra­té­gie so­lide, et moins avec d’autres qui per­sistent à vou­loir vivre dans un monde à +6 de­grés, alors que nous es­sayons col­lec­ti­ve­ment d’al­ler vers un monde à + 2 de­grés », a-t-il sou­te­nu. Le su­jet était dé­jà dans l’air. Dès sep­tembre 2014, des in­ves­tis­seurs du monde en­tier, dont le cé­lèbre fonds de re­traite des fonc­tion­naires ca­li­for­niens CalPERS, s’étaient en­ga­gés à éva­luer et rendre pu­blique l’em­preinte car­bone de leur por­te­feuille en adhé­rant à la « Pro­messe de Mon­tréal » (Mon­treal Car­bon Pledge). D’autres s’en­ga­geaient à ré­duire cette em­preinte en re­joi­gnant la Coa­li­tion pour la dé­car­bo­ni­sa­tion des por­te­feuilles, sous l’égide de l’ONU. Cette ini­tia­tive, dont le nu­mé­ro un eu­ro­péen de la ges­tion d’ac­tifs, le fran­çais Amun­di, est l’un des membres fon­da­teurs, re­groupe dé­sor­mais près de 30 in­ves­tis­seurs, dont la Caisse des Dé­pôts, le FRR (Fonds de ré­serve pour les re­traites), l’ERAFP (Éta­blis­se­ment de re­traite ad­di­tion­nelle de la fonc­tion pu­blique), Hu­ma­nis, BNP IM et Mi­ro­va (Na­tixis AM), pe­sant plus de 3 000 mil­liards de dol­lars d’en­cours sous ges­tion, qui se sont en­ga­gés col­lec­ti­ve­ment à ré­duire de 600 mil­liards l’in­ten­si­té car­bone de leurs por­te­feuilles. La COP21 a en­suite clai­re­ment joué un rôle d’accélérate­ur.

PRES­SIONS À GÉO­MÉ­TRIE VA­RIABLE

« At­ten­tion ce­pen­dant aux li­mites du dés­in­ves­tis­se­ment », re­lève Ni­co­las de Jen­lis, le di­rec­teur dé­ve­lop­pe­ment du­rable chez De­loitte, sur son blog. « Lors­qu’un in­ves­tis­seur vend une ac­tion d’une en­tre­prise dans le char­bon, quel­qu’un d’autre l’achète. Cer­tains fonds sont même spé­cia­li­sés dans les sin stocks (les ac­tions des en­tre­prises de sec­teurs non éthiques comme les armes, l’al­cool, le ta­bac, le char­bon). Le

Les in­ves­tis­seurs de long terme ont été les pre­miers à se sai­sir des su­jets cli­ma­tiques

dés­in­ves­tis­se­ment n’a donc trop sou­vent qu’un im­pact li­mi­té sur l’ac­cès au fi­nan­ce­ment des en­tre­prises, et ré­pond bien sou­vent à une simple pro­blé­ma­tique de ré­pu­ta­tion. » L’ex­pert du ca­bi­net de conseil in­vite les in­ves­tis­seurs dans la voie de « l’en­ga­ge­ment ac­tion­na­rial », à se faire en­tendre des conseils d’ad­mi­nis­tra­tion et en as­sem­blée gé­né­rale (AG). C’est l’ap­proche choi­sie par le nu­mé­ro un mon­dial de la ges­tion d’ac­tifs, l’amé­ri­cain Bla­ckRock (6 000 mil­liards de dol­lars d’en­cours), qui a mis le risque cli­ma­tique en avant de­puis l’an der­nier. Ac­tion­naire des grandes ma­jors pé­tro­lières, le gé­rant d’ac­tifs pri­vi­lé­gie « un dia­logue pri­vé » et une at­ti­tude « construc­tive » pour faire évo­luer le ma­na­ge­ment sur ces ques­tions. À l’AG d’Exxon Mo­bil, en mai, il a sou­te­nu la ré­so­lu­tion sur le re­por­ting cli­mat, mais sa po­si­tion n’est pas constante à toutes les AG. Idem pour les autres géants amé­ri­cains Van­guard ou JP Mor­gan. La pres­sion des in­ves­tis­seurs reste en­core à géo­mé­trie va­riable, tout comme les convic­tions. Les Eu­ro­péens sont les plus exi­geants et les plus mo­ti­vés, se­lon une ré­cente en­quête réa­li­sée pour HSBC : 97% des in­ves­tis­seurs in­ter­ro­gés en Eu­rope pré­voient d’aug­men­ter les mon­tants al­loués à l’in­ves­tis­se­ment du­rable contre 85% en Amé­rique du Nord, 64% en Asie et 19 % au Moyen-Orient.

ÉCLO­SION D’UN ÉCO­SYS­TÈME DE LA FI­NANCE VERTE

Le ver­dis­se­ment des por­te­feuilles passe aus­si par l’in­ves­tis­se­ment dans les bons pro­jets pour trans­for­mer en pro­fon­deur l’éco­no­mie. De nou­veaux ou­tils ont vu le jour il y a dix ans, les green bonds, ou obli­ga­tions vertes, pour le­ver des fonds ex­clu­si­ve­ment consa­crés à des pro­jets ayant un im­pact po­si­tif sur l’en­vi­ron­ne­ment, qui ont connu une crois­sance ex­po­nen­tielle ces quatre der­nières an­nées et fait éclore tout un éco­sys­tème de la « fi­nance verte », do­maine dans le­quel la France est en pointe (lire page 14). La Banque eu­ro­péenne d’in­ves­tis­se­ment (BEI) a été la pre­mière à s’y aven­tu­rer en juillet 2007. « Au cours de la der­nière dé­cen­nie, l’en­ga­ge­ment sans faille d’un large éven­tail d’ac­teurs du mar­ché […] a trans­for­mé la contri­bu­tion des mar­chés obli­ga­taires en solutions de fi­nan­ce­ment cli­ma­tique », ana­lyse Jonathan Tay­lor, le vi­ce­pré­sident de la BEI char­gé de l’ac­tion en fa­veur du cli­mat et de l’en­vi­ron­ne­ment. « Les obli­ga­tions vertes sont cru­ciales pour lut­ter contre les chan­ge­ments cli­ma­tiques et ac­cé­lé­rer le sou­tien aux in­ves­tis­se­ments liés au cli­mat », a-t-il fait va­loir. La BEI a émis pour plus de 18 mil­liards d’eu­ros d’obli­ga­tions cli­ma­ti­que­ment res­pon­sables dans onze mon­naies (ce qui en fait le plus grand émet­teur en cu­mu­lé à ce jour). Ce­la lui a per­mis de fi­nan­cer une part im­por­tante des prêts qu’elle ac­corde dans le do­maine des éner­gies re­nou­ve­lables et de l’ef­fi­ca­ci­té éner­gé­tique. D’autres banques de dé­ve­lop­pe­ment s’y sont mises (la Banque mon­diale, la KfW al­le­mande), puis des col­lec­ti­vi­tés ter­ri­to­riales, comme l’Ile-de-France et Pa­ris, des mé­ga­poles amé­ri­caines ou chi­noises pour fi­nan­cer ou re­fi­nan­cer des in­fra­struc­tures de trans­port col­lec­tif, d’ins­tal­la­tions de trai­te­ment de l’eau, de pro­tec­tion contre les inon­da­tions. Puis de grandes en­tre­prises, no­tam­ment du sec­teur de l’éner­gie, comme EDF et En­gie ou Iber­dro­la ont sui­vi. Et même des États : la Po­logne et sur­tout la France, qui a émis le plus gros em­prunt vert sou­ve­rain à ce jour (8,6 mil­liards d’eu­ros après ex­ten­sion). Les îles Fid­ji viennent d’émettre le pre­mier green bond d’un pays émergent, de 50 mil­lions de dol­lars. Le Ni­ge­ria et le Ke­nya pour­raient être les pre­miers pays afri­cains à s’y lan­cer. D’autres États eu­ro­péens pour­raient émettre l’an pro­chain des « em­prunts verts », no­tam­ment l’Ir­lande, la Bel­gique, les Pays-Bas et la Suède. De quelques mil­liards par an en 20082009, le mar­ché des green bonds a ex­plo­sé pour dé­pas­ser les 100 mil­liards de dol­lars d’émis­sions cette an­née : il de­vrait at­teindre 120 à 130 mil­liards à la fin du mois, en de­çà des 200 mil­liards que l’agence Moo­dy’s an­ti­ci­pait en jan­vier. L’en­semble des obli­ga­tions vertes en cir­cu­la­tion re­pré­sentent près de 300 mil­liards, et même le triple si on in­clut des obli­ga­tions cli­mat non la­bé­li­sées, se­lon l’ONG bri­tan­nique Cli­mate Bonds Ini­tia­tive. Ce­la ne re­pré­sente ce­pen­dant en­core que quelques pour cent du co­los­sal mar­ché mon­dial des obli­ga­tions clas­siques.

UN MAR­CHÉ DE NICHE

« Pour les in­ves­tis­seurs, le mar­ché des green bonds offre un pla­ce­ment stable, no­té et li­quide, et de longue du­rée. Pour les émet­teurs, les green bonds sont un moyen d’ex­ploi­ter l’énorme bassin de 100000 mil­liards de ca­pi­tal pri­vé gé­ré par les in­ves­tis­seurs ins­ti­tu­tion­nels obli­ga­taires du monde en­tier », ex­pli­quait Mark Car­ney en sep­tembre 2016 dans un dis­cours à Ber­lin, sou­li­gnant que « le dé­ve­lop­pe­ment de cette nou­velle classe d’ac­tifs est une op­por­tu­ni­té pour avan­cer vers un ave­nir bas car­bone tout en aug­men­tant les in­ves­tis­se­ments mon­diaux et en sti­mu­lant la crois­sance ». Un mar­ché de niche, qu’il fau­dra da­van­tage en­ca­drer et stan­dar­di­ser, pour évi­ter le green wa­shing, l’éco-blan­chi­ment de pro­jets pas si bé­né­fiques pour le cli­mat. « Il y a beau­coup de nuances de vert », re­lève Vic­to­ria Clarke, res­pon­sable green bonds chez HSBC pour la zone Eu­rope Moyen-Orient Afrique. Dans leur rap­port in­té­ri­maire de juillet der­nier, le groupe d’ex­perts sur la fi­nance du­rable mis en place par la Com­mis­sion eu­ro­péenne il y a un an sou­li­gnait que, après la crise fi­nan­cière, « ré­pondre aux dé­fis de long terme du dé­ve­lop­pe­ment du­rable est aus­si un moyen puis­sant pour les ins­ti­tu­tions fi­nan­cières de re­trou­ver un rôle po­si­tif à jouer dans la so­cié­té ». Des banques ont mon­tré l’exemple de­puis deux ans. La So­cié­té Gé­né­rale a émis deux obli­ga­tions « à im­pact po­si­tif » de 500 mil­lions d’eu­ros, BPCE une obli­ga­tion verte de 300 mil­lions en dé­cembre 2015, BNP Pa­ri­bas une de 500 mil­lions en no­vembre 2016. HSBC, dont la fi­liale fran­çaise avait émis un green bond de 500 mil­lions, vient d’émettre une mé­ga obli­ga­tion de dé­ve­lop­pe­ment du­rable d’un mil­liard de dol­lars. La plus grande banque du monde, la chi­noise ICBC, s’y est mise en oc­tobre, avec une opé­ra­tion à plus de 2 mil­liards de dol­lars. Cer­taines ont aus­si pris des en­ga­ge­ments sur leurs fi­nan­ce­ments non verts. En oc­tobre, BNP Pa­ri­bas a an­non­cé l’ar­rêt de ses re­la­tions avec les ac­teurs dont l’ac­ti­vi­té prin­ci­pale est l’ex­plo­ra­tion, la pro­duc­tion, la dis­tri­bu­tion, le mar­ke­ting ou le tra­ding de gaz et de pé­trole de schiste et/ou de pé­trole is­su des sables bi­tu­mi­neux. « Un pas dans la bonne di­rec­tion », aux yeux des Amis de la Terre, l’ONG qui en mai avait in­ter­pel­lé les di­ri­geants de la BNP en pleine AG sur le fi­nan­ce­ment de l’oléo­duc amé­ri­cain contro­ver­sé Da­ko­ta Ac­cess Pi­pe­line. Il s’agit aus­si de sou­te­nir les champions de de­main plu­tôt que ceux d’hier. Laurent Jac­quier-La­forge, gé­rant chez La Fran­çaise, pré­di­sait en mai der­nier, lors d’une table ronde, que « après les Ga­fa, les ac­teurs qui in­ter­viennent dans la lutte contre le ré­chauf­fe­ment cli­ma­tique de­vraient fi­gu­rer par­mi les prin­ci­pales ca­pi­ta­li­sa­tions bour­sières mon­diales ». Au­tant y in­ves­tir le plus tôt pos­sible.

Il y a beau­coup de nuances de vert Un moyen puis­sant pour les ins­ti­tu­tions fi­nan­cières de re­trou­ver un rôle po­si­tif à jouer dans la so­cié­té

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.