Dé­fri­cheur Fré­dé­ric Motte (Me­def)

La Tribune Hebdomadaire - - EDITO -

À53 ans, Fré­dé­ric Motte est l’homme de beau­coup de ré­seaux : ceux du cam­pus pa­tro­nal d’En­tre­prises & Ci­tés, à Marcq-en-Ba­roeul, dont il a été pré­sident pen­dant deux ans (il est en­core ad­mi­nis­tra­teur du fonds de do­ta­tion), ceux du Ce­ser, le conseil éco­no­mique so­cial et en­vi­ron­ne­men­tal ré­gio­nal, qu’il a éga­le­ment di­ri­gé du­rant deux man­dats de trois ans et ceux du Me­def ré­gio­nal qu’il pré­side de­puis 2013. Fré­dé­ric Motte a aus­si dans son jeu une carte de vi­site po­li­tique, comme an­cien maire du pe­tit vil­lage de Beau­camp-Ligny dans la mé­tro­pole lil­loise mais aus­si et sur­tout comme ex-vi­ce­pré­sident cen­triste de l’an­cienne com­mu­nau­té ur­baine de Lille. Dans la ré­gion, Motte est un nom qui a mar­qué le pay­sage de la mé­tro­pole lil­loise. Fré­dé­ric est is­su d’une fa­mille ten­ta­cu­laire d’en­tre­pre­neurs spé­cia­li­sés dans le tex­tile. Il est le pe­tit-fils de Re­né Motte, fon­da­teur des Bras­seurs de la Lys. Une marque tel­le­ment om­ni­pré­sente que c’était un de­mi de « bière Motte-Cor­don­nier » qu’on com­man­dait dans les ca­fés! Face à l’ar­ri­vée de la grande dis­tri­bu­tion au dé­but des an­nées 1980, Motte-Cor­don­nier fu­sionne avec les bras­se­ries Ar­tois avant d’être ra­che­té par le groupe In­ter­brew, de­ve­nu InBev. C’est peut-être de ce res­sort de l’his­toire que lui vient son goût de la dé­fense des pe­tites et moyennes en­tre­prises. « Pas­sons aux actes en fa­veur d’un rap­pro­che­ment ef­fi­cace entre les TPE, les PME, les ETI et les grands groupes » , plai­det-il dans son ma­ni­feste pour sa can­di­da­ture na­tio­nale. « Le Me­def doit se dé­faire de cette image d’en­tre­prises du CAC 40. Le Me­def fé­dère toutes les en­tre­prises, des plus grandes aux plus pe­tites. » Sor­ti d’une « mo­deste » école de com­merce, de son propre aveu, après avoir tra­vaillé un an pour un sé­na­teur maire, il in­tègre le sec­teur ban­caire en ou­vrant l’agence lil­loise de la Banque du Louvre (fa­mille Tait­tin­ger). Il est en­suite ap­pe­lé à di­ri­ger le dé­par­te­ment pri­vé de la belge Kre­diet­bank dans le Nord. C’est dans son bu­reau de Was­que­hal que sa fibre en­tre­pre­neu­riale se ré­ac­tive. « Gilles Willot, que je n’avais ja­mais vu de ma vie, m’avait d’abord pro­po­sé un pre­mier dos­sier à fi­nan­cer, que j’avais re­fu­sé. Il est en­suite re­ve­nu quinze jours après pour me pro­po­ser de re­prendre en­semble une en­tre­prise qui était à vendre. » À l’époque, Fré­dé­ric Motte est dé­jà le plus jeune maire de France mais qu’im­porte: il quitte alors son fau­teuil de conseiller ban­caire, hy­po­thèque sa mai­son et dé­marre l’aven­ture de Cèdres In­dus­tries en août 1996. Au­jourd’hui, le groupe pèse 60 mil­lions d’eu­ros de chiffre d’af­faires : il sous-traite la fa­bri­ca­tion d’équi­pe­ments pour les grands don­neurs d’ordre in­dus­triels au sein d’une ving­taine de PME ré­gio­nales comp­tant près de 500 sa­la­riés. « Sans vou­loir me van­ter, nous avons ra­che­té des en­tre­prises saines qui, sans nous, au­raient fi­ni par fer­mer : toutes étaient confron­tées à des dé­parts en re­traite des di­ri­geants », ré­sume Fré­dé­ric Motte, qui dé­clare n’avoir ja­mais dis­tri­bué de di­vi­dendes et tou­jours main­te­nu le sa­voir-faire en place. Quant au suc­cès de l’im­pro­bable al­liance avec Gilles Willot, elle se fonde sur « le par­tage des tâches entre lui pour la fi­nance, moi pour le ma­na­ge­ment et l’em­bauche d’un di­rec­teur gé­né­ral pour pi­lo­ter l’opé­ra­tion­nel au quo­ti­dien ». C’est d’ailleurs à tra­vers son adhé­sion à l’IUMM pour Cèdres In­dus­tries que Fré­dé­ric Motte fe­ra ses pre­miers pas au Me­def. Sa pré­si­dence est mar­quée par le pro­jet « Gé­né­ra­tion Me­def », qui vise à at­ti­rer les jeunes et à fé­mi­ni­ser les man­dats. Ses ta­lents de ma­na­ger en en­tre­prise lui ont ap­pris à trou­ver le consen­sus. C’est ain­si qu’il réus­sit à se faire dé­si­gner en 2015 à l’éche­lon na­tio­nal du Me­def res­pon­sable de la très stra­té­gique ani­ma­tion des ter­ri­toires. Son che­val de ba­taille: que les ter­ri­toires soient mieux re­pré­sen­tés dans les or­ganes na­tio­naux de dé­ci­sion. Son pro­gramme pour sa can­di­da­ture ? Ac­com­pa­gner l’in­no­va­tion et no­tam­ment la trans­for­ma­tion di­gi­tale ; re­pla­cer l’homme au coeur de l’en­tre­prise; se battre pour un mar­ché unique équi­table, en ac­com­pa­gnant les en­tre­prises à l’in­ter­na­tio­nal. « Ce n’est qu’une ébauche, car nous avons re­cueilli quelque 300 contri­bu­tions des ter­ri­toires que nous al­lons étu­dier : je suis le par­ti­san du « bot­tom up » , de la co-construc­tion du pro­jet avec les ter­ri­toires » , conclut-il. Avant de concé­der que sa can­di­da­ture pâ­tit quand même d’un « dé­fi­cit de no­to­rié­té cer­tain à l’échelle na­tio­nale avec une fonc­tion d’ani­ma­tion des ter­ri­toires au Me­def peu mé­dia­ti­sée » . Le dé­but d’un nou­veau ma­ra­thon na­tio­nal pour ce Nor­diste.

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