Ki­watch : 3 mil­lions d’eu­ros pour la « vi­déo-bien­veillance »

Sur le mar­ché de la vi­déo­sur­veillance de­puis 2011, la star­tup nan­taise Ki­watch vient de le­ver 3 mil­lions d’eu­ros pour ac­cé­lé­rer son dé­ve­lop­pe­ment tech­no­lo­gique et com­mer­cial dans la « vi­déo­bien­veillance », et ac­croître sa vi­si­bi­li­té sur un mar­ché en plein

La Tribune Hebdomadaire - - EDITO - FRÉ­DÉ­RIC THUAL @Fr­de­ricT­hual

En fai­sant le choix de com­mer­cia­li­ser un sys­tème de vi­déo­sur­veillance sous la forme d’un abon­ne­ment men­suel, à l’ins­tar des opé­ra­teurs de la téléphonie, la nan­taise Ki­watch est de­ve­nue en quelques an­nées un des ac­teurs ma­jeurs du mar­ché de la vi­déo­sur­veillance avec quelques 20000 ca­mé­ras connec­tées, le plus sou­vent à do­mi­cile, où on lui pré­fère le terme de « vi­déo-bien­veillance ». « Nous avons en­re­gis­tré des crois­sances de 200 % en 2015 et 2016, et mul­ti­plié par 4 notre base “clients” au cours des dix-huit der­niers mois. On touche au­jourd’hui 80 % de

par­ti­cu­liers et 20 % de pro­fes­sion­nels » , se fé­li­cite Cé­dric William­son, CEO et co­fon­da­teur de Ki­watch, as­so­cié à Laurent Ro­cuet, di­rec­teur de la R&D. « Avant, les gens ima­gi­naient qu’ils pou­vaient avoir une ca­mé­ra chez eux. Au­jourd’hui, ils dé­couvrent que c’est une réa­li­té, qu’ils peuvent contrô­ler un mi­ni­centre de sur­veillance vi­déo avec leur té­lé­phone mo­bile. Le mar­ché connaît une vé­ri­table in­flexion de­puis un an. » Un mar­ché en pleine ma­tu­ri­té, où Ki­watch veut as­seoir son mo­dèle d’abon­ne­ment. « On n’offre pas un simple de­vice, mais un ser­vice com­plet, plug & play et simple d’uti­li­sa­tion », pré­cise Cé­dric William­son.

DES IMAGES HD EN CONTI­NU

L’abon­ne­ment est à 9,90 eu­ros (14,90 HT pour les en­tre­prises) par mois. Le pre­mier prix est de 29 eu­ros pour une ca­mé­ra d’« in­té­rieur » et de 59 eu­ros pour un mo­dèle ex­té­rieur. Les sui­vantes sont à 139 et 159 eu­ros. Fa­bri­quées en Asie, elles sont do­tées de fonc­tions mi­cro et haut-par­leur, per­met­tant de voir, d’en­tendre et de par­ler, de jour comme de nuit, grâce à une vi­sion in­fra­rouge. Connec­tées en wi-fi, elles dif­fusent des images en HD (720p) 24 heures/24, et sont ca­pables d’en­voyer des alertes par email, SMS ou des ap­pels vo­caux en cas d’in­ci­dent dé­tec­té. L’en­semble des don­nées est cryp­té. Via l’ap­pli­ca­tion dé­diée, conçue par l’édi­teur de lo­gi­ciels Ki­watch, il est pos­sible de pré­ve­nir les se­cours (Sa­mu, pom­piers, po­lice ou gen­dar­me­rie) en un clic, ou sim­ple­ment d’in­ter­agir avec ses proches. Une op­tion à 5 eu­ros per­met d’en­voyer un vi­gile sur place en cas de be­soin. À ce jour, Kit­watch af­fiche 7000 uti­li­sa­teurs au comp­teur. Six ans après sa créa­tion, la jeune pousse, fon­dée par deux quin­qua­gé­naires plon­gés dans l’uni­vers des star­tups après un par­cours dans des SSII ré­gio­nales et l’ac­com­pa­gne­ment d’en­tre­prises de l’élec­tro­nique, vient de le­ver 3 mil­lions d’eu­ros pour ren­for­cer son dé­ve­lop­pe­ment en France, pré­pa­rer de nou­velles im­plan­ta­tions en Eu­rope par le biais de par­te­na­riats avec des dis­tri­bu­teurs, et aus­si af­fi­ner le dé­ve­lop­pe­ment des tech­no­lo­gies vi­déo. Un pro­gramme qui a sé­duit le fonds de ca­pi­tal-risque En­tre­pre­neur Ven­ture, le fonds de co-in­ves­tis­se­ment Pays de la Loire Par­ti­ci­pa­tions, gé­ré par la Si­pa­rex, le fonds d’in­ves­tis­se­ment bre­ton Fair West et des in­ves­tis­seurs in­di­vi­duels, qui sont in­ter­ve­nus pour un mon­tant de 2,15 mil­lions d’eu­ros, abon­dé par 850 000 eu­ros de concours ban­caires. « Nous sé­lec­tion­nons chaque an­née une di­zaine de so­cié­tés in­no­vantes à fort po­ten­tiel pour les ac­com­pa­gner dans leur crois­sance », in­dique Quen­tin Chan­ce­reul, char­gé d’in­ves­tis­se­ment de Si­pa­rex, ges­tion­naire de Pays de la Loire Par­ti­ci­pa­tions, convain­cu par la vi­sion des di­ri­geants et les pers­pec­tives de dé­ve­lop­pe­ment de Ki­watch. C’est la troi­sième le­vée de fonds me­née par la jeune en­tre­prise nan­taise de­puis sa nais­sance.

UNE PROXI­MI­TÉ AVEC LA TÉLÉPHONIE

La pre­mière, me­née en 2013 au­près de Fair West et de Bu­si­ness An­gels, lui avait per­mis de prendre pied sur ce mar­ché. Deux ans plus tard, Ki­watch fai­sait en­trer au ca­pi­tal (10 %) le bre­ton Del­ta Dore, nu­mé­ro 1 de la do­mo­tique, qui com­mer­cia­lise au­jourd’hui, en marque blanche, la pla­te­forme de vi­déo­sur­veillance éla­bo­rée par Ki­watch. Cette prise de par­ti­ci­pa­tion et ce pre­mier par­te­na­riat ont ac­cru sa vi­si­bi­li­té au­près des consom­ma­teurs, conso­li­dé sa crois­sance, au point qu’elle a re­cru­té l’ex-di­rec­teur com­mer­cial de Vir­gin Mo­bile. « On doit trou­ver des per­sonnes ayant les ca­pa­ci­tés à vendre de l’abon­ne­ment té­lé­pho­nique », ajoute le CEO de Ki­watch, qui em­ploie 20 per­sonnes à Nantes. Der­niè­re­ment, un ac­cord com­mer­cial a été conclu avec Zeop, pre­mier opé­ra­teur de téléphonie à La Réu­nion, pour prendre pied sur ce mar­ché de l’outre-mer. « On a des dis­cus­sions de ce type avec des opé­ra­teurs fran­çais et étran­gers pour la mise en oeuvre de par­te­na­riats », in­dique Cé­dric William­son. Des échanges se­raient, no­tam­ment, en cours avec Bu­si­ness Orange Ser­vices. « L’ex­port, on y ré­flé­chit, mais on tient d’abord à bor­der le mar­ché fran­çais avant d’al­ler à l’in­ter­na­tio­nal, sauf à nouer des par­te­na­riats en Eu­rope. » À ce jour, la so­lu­tion est com­mer­cia­li­sée en di­rect sur son site In­ter­net, par l’in­ter­mé­diaire de Del­ta Dore et de Zeop, et le ré­seau de cin­quante ma­ga­sins Wel­com’. Dans la conti­nui­té de la pre­mière cam­pagne vi­déo, « At­tra­pez le père Noël sur le fait », dif­fu­sée en 2016 sur You­tube et les ré­seaux so­ciaux pour sen­si­bi­li­ser les in­ter­nautes aux in­frac­tions de fin d’an­née, Ki­watch, grâce à la der­nière le­vée de fonds, s’ouvre cette fois les portes de la té­lé­vi­sion. « Nous ve­nons de dif­fu­ser un pre­mier spot sur BFMTV et M6 et étu­dions ac­tuel­le­ment notre plan mé­dia pour ac­croître notre vi­si­bi­li­té. »

Il s’agit de veiller en di­rect sur ses en­fants, ses ani­maux...

DÉ­VE­LOP­PER USAGES ET SER­VICES

Ces moyens fi­nan­ciers vont aus­si ren­for­cer la stra­té­gie de R&D pour lan­cer très ra­pi­de­ment de nou­velles fonc­tion­na­li­tés comme le pi­lo­tage de la so­lu­tion par la voix, la re­con­nais­sance de mou­ve­ments, de formes ou d’ob­jets, la per­son­na­li­sa­tion des alertes, la dé­tec­tion de chutes dans le cadre du main­tien à do­mi­cile. Et ain­si an­crer l’en­tre­prise dans le sec­teur de la « vi­déo-bien­veillance », moins stig­ma­ti­sante que la vi­déo­sur­veillance. « Au-de­là de l’as­pect sé­cu­ri­sa­tion du do­mi­cile ou de l’en­tre­prise, il s’agit de veiller en di­rect sur ses en­fants, ses ani­maux do­mes­tiques, son jar­din ou en­core de main­te­nir à do­mi­cile un proche âgé », pré­cise le CEO de Ki­watch, qui a pris pied sur le mar­ché de la sil­ver éco­no­mie en si­gnant, en mars der­nier, un par­te­na­riat avec la Gé­né­rale de ser­vices, un ac­teur his­to­rique des ser­vices à la per­sonne. Pour Ki­watch, ces évo­lu­tions doivent se tra­duire par un bond du chiffre d’af­faires de 1,2 mil­lion d’eu­ros en 2017 à… 5 mil­lions d’eu­ros fin 2018. « Nous avons dou­blé notre chiffre d’af­faires sans res­source par­ti­cu­lière. Alors on pense que, avec les moyens que l’on vient d’ob­te­nir, on va réus­sir ce saut », es­time Cé­dric William­son.

On peut contrô­ler un mi­ni­centre de sur­veillance vi­déo avec son té­lé­phone mo­bile.

La ca­mé­ra est do­tée de fonc­tions mi­cro et haut-par­leur, per­met­tant d’en­tendre, de voir et de par­ler, de jour comme de nuit.

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