Le tour du monde de l’in­no­va­tion

La Tribune Hebdomadaire - - ÉDITO -

Ra­len­tir le temps, le nou­veau dé­fi fou de la Dar­pa

WA­SHING­TON – États-Unis

Re­cherche. Sur un champ de ba­taille, en cas de si­tua­tion d’ur­gence, les mé­de­cins n’ont que quelques mi­nutes pour sau­ver la vie d’un sol­dat bles­sé. Sauf si… on pou­vait ra­len­tir le temps. C’est l’ob­jec­tif de la Dar­pa, la cé­lèbre agence d’in­no­va­tion amé­ri­caine, connue pour avoir in­ven­té In­ter­net. Elle cherche à ra­len­tir le temps bio­lo­gique, comme le font cer­tains ani­maux avec leur ac­ti­vi­té cel­lu­laire, pour sur­vivre à des tem­pé­ra­tures ex­trêmes par exemple. Le pro­gramme, bap­ti­sé Bio­sta­sis, vise à créer un ca­ta­ly­seur cel­lu­laire qui per­met­trait de dé­clen­cher ce pro­ces­sus chez l’homme. Si elle voit le jour, cette in­no­va­tion se­ra ré­vo­lu­tion­naire bien au-de­là du champ de ba­taille.

Ca­ta­ki, le Tin­der de la col­lecte de dé­chets

SÃO PAU­LO – Bré­sil En­vi­ron­ne­ment. D’après l’ONG Pimp my Car­ro­ça (« Dé­core ma char­rette »), un Bré­si­lien pro­duit chaque an­née près de 400 kg de dé­chets, mais 20 kg seule­ment sont re­cy­clés. Pour pous­ser la po­pu­la­tion à s’adon­ner au tri sé­lec­tif, l’ONG a lan­cé l’ap­pli­ca­tion Ca­ta­ki. L’ob­jec­tif : mettre en re­la­tion les col­lec­teurs de dé­chets, les « ca­ta­dores » , qui sont ré­mu­né­rés pour ce­la, avec les ha­bi­tants, in­ci­tés à faire ap­pel à leurs ser­vices. Construit comme un cir­cuit court, la col­lecte des dé­chets par­ti­cipe à la créa­tion d’un ré­seau de ci­toyens qui, par des gestes et des ou­tils simples, pose les bases d’un meilleur « vivre en­semble », plus so­li­daire et plus du­rable. Au­jourd’hui, 300 col­lec­teurs bré­si­liens sont ins­crits sur l’ap­pli­ca­tion. Dans un fu­tur proche, Pimp my Car­ro­ça am­bi­tionne de conver­tir 800 000 ca­ta­dores à sa so­lu­tion.

La star­tup qui va­lo­rise les dé­chets or­ga­niques

RA­BAT – Ma­roc

Éner­gie. La mé­tha­ni­sa­tion, qui per­met de pro­duite une éner­gie re­nou­ve­lable et de l’en­grais à par­tir de dé­chets or­ga­niques, n’est pas très ac­ces­sible aux pe­tits agri­cul­teurs. Pour dé­mo­cra­ti­ser cette pra­tique, l’en­tre­pre­neure Fa­ti­ma Zah­ra Be­raich a créé Bio­dôme du Ma­roc, une star­tup qui construit des ins­tal­la­tions de mé­tha­ni­sa­tion agricole pour les pe­tites struc­tures. Les agri­cul­teurs peuvent ain­si pro­duire du bio­gaz et de l’en­grais dans leur ferme, afin de ré­duire les émis­sions de gaz à ef­fet de serre à moindre coût.

Sha­kes­peare était-il un « se­rial pla­gieur » ?

LONDRES – Royaume-Uni

Lit­té­ra­ture. Le gé­nie du maître de la lit­té­ra­ture bri­tan­nique va-t-il être re­mis en ques­tion par les nou­velles tech­no­lo­gies ? En ap­pli­quant WCo­py­find, un lo­gi­ciel open source uti­li­sé contre la triche es­tu­dian­tine, les cher­cheurs Den­nis McCar­thy et June Schlue­ter ont dé­cou­vert que le style du cé­lèbre dra­ma­turge pré­sente de trou­blantes res­sem­blances avec ce­lui d’un illustre in­con­nu, George North, am­bas­sa­deur du Royaume-Uni en Suède et fi­gure mi­neure de la cour éli­sa­bé­thaine au

xvie siècle. Se­lon les cher­cheurs, un seul de ses ma­nus­crits au­rait in­fluen­cé l’écri­ture de 11 pièces de Sha­kes­peare, dont Le Roi Lear, Mac

beth, Ri­chard III et Hen­ry V. Ils parlent d’ « ins­pi­ra­tion puis­sante » et re­lèvent des mo­tifs lexi­caux, gram­ma­ti­caux et syn­taxiques com­muns.

L’IA qui cla­ri­fie les condi­tions gé­né­rales d’uti­li­sa­tion

LAU­SANNE – Suisse

In­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle. Qui lit vrai­ment et qui ­com­prend les condi­tions gé­né­rales d’uti­li­sa­tion (CGU) ? La plu­part des uti­li­sa­teurs les ac­ceptent ma­chi­na­le­ment tant elles sont in­com­pré­hen­sibles. Pour re­mé­dier à cette né­gli­gence, des cher­cheurs de l’École polytechni­que de Lau­sanne ont créé Po­li­sis, un pro­gramme uti­li­sant l’in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle. Le lo­gi­ciel fait ga­gner du temps en ré­su­mant les élé­ments prin­ci­paux, pré­sen­tés sous la forme de gra­phiques et de listes illus­trées. Il suf­fit d’ins­tal­ler le pro­gramme sur son na­vi­ga­teur in­ter­net pour en bé­né­fi­cier.

Des éo­liennes pro­duisent de l’élec­tri­ci­té à par­tir du vent… et de la lu­mière

NIŠ – Ser­bie Éner­gie. Les frères Pre­drag et Ne­nad Pau­no­vic, de la ville serbe de Niš, ont conçu un sys­tème d’éo­liennes unique en son genre, qui pro­duit de l’éner­gie à par­tir du vent et de la lu­mière grâce à des pan­neaux so­laires, tout en sto­ckant l’éner­gie éla­bo­rée dans des piles spé­ciales. Le mât est com­po­sé de 25 ni­veaux dont cha­cun tourne à 360°, ce qui per­met de tra­vailler avec dif­fé­rentes di­rec­tions du vent.Dix ans de re­cherche ont été né­ces­saires.

Une IA va col­lec­ter l’ADN de tous les ha­bi­tants

DU­BAÏ – Émi­rats Arabes Unis

San­té. En France, le pro­jet fe­rait grin­cer des dents. À Du­baï, les au­to­ri­tés sa­ni­taires vont lan­cer une stra­té­gie unique au monde pour en­di­guer les ma­la­dies gé­né­tiques : col­lec­ter puis sé­quen­cer l’ADN des 3 mil­lions d’ha­bi­tants de l’émi­rat grâce à une in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle, pour créer une base de don­nées gé­no­miques mas­sive. L’IA de­vra en­suite ana­ly­ser ces in­for­ma­tions pour an­ti­ci­per les ma­la­dies, trai­ter les per­sonnes tou­chées et aus­si évi­ter la trans­mis­sion des gènes por­teurs. L’IA re­cher­che­ra éga­le­ment des pro­fils si­mi­laires aux ma­lades, qui se­ront lo­gi­que­ment consi­dé­rés comme pré­sen­tant des risques. Bap­ti­sé Du­baï 10X, le pro­jet vise à faire de la pré­ven­tion à grande échelle.

Suc­cès du clo­nage de deux bé­bés pri­mates

PÉ­KIN – Chine Clo­nage. La bre­bis Dol­ly a trou­vé des suc­ces­seurs vingt ans après. Des cher­cheurs chi­nois du centre de re­cherche en pri­ma­to­lo­gie non-hu­maine à l’Aca­dé­mie chi­noise des sciences ont réus­si à faire naître des pri­mates gé­né­ti­que­ment iden­tiques, par la même tech­nique que celle uti­li­sée pour Dol­ly. Bap­ti­sés Zhong Zhong et Hua Hua, les deux ma­caques cra­biers ont su­bi un clo­nage so­ma­tique (par cel­lules non-re­pro­duc­tives). L’ob­jec­tif de l’opé­ra­tion est de « ré­pondre aux nom­breuses ques­tions sub­sis­tant sur la bio­lo­gie des pri­mates » et de créer des « mo­dèles de re­cherche » pour des ma­la­dies hu­maines pro­vo­quées par des mu­ta­tions gé­né­tiques, comme des can­cers ou des troubles du mé­ta­bo­lisme, avec l’es­poir d’ar­ri­ver à la mise au point de nou­veaux trai­te­ments.

Des voyages im­mer­sifs sans sor­tir de l’aé­ro­port

IKEBUKURO (TO­KYO) – Ja­pon

Réa­li­té vir­tuelle. Éton­nante ex­pé­rience de la part de la com­pa­gnie aé­rienne ja­po­naise First Air­lines. L’en­tre­prise pro­pose à ses clients un « voyage im­mer­sif » à l’étran­ger (New York, Pa­ris, Rome ou Ha­waï) sans ja­mais dé­col­ler, grâce à la réa­li­té vir­tuelle. Le « vol si­mu­lé » dure 110 mi­nutes, avec un avion en­tiè­re­ment équi­pé de sièges de pre­mière classe et comp­tant des hô­tesses. Des bruits de mo­teur et des se­cousses si­mulent le dé­col­lage et l’at­ter­ris­sage. Entre les deux, les clients ex­pé­ri­mentent des ac­ti­vi­tés en fonc­tion du pays choi­si : ren­contre avec un au­toch­tone, re­pas ty­pique dans l’am­biance lo­cale (mu­sique, langue en bruit de fond…), in­for­ma­tions lu­diques sur le pays, par­ti­ci­pa­tion à des évé­ne­ments sai­son­niers. Bien sûr, les voya­geurs peuvent ache­ter des pro­duits à bord. Le billet coûte 6 600 yens, soit en­vi­ron 50 eu­ros pour se di­ver­tir sans par­tir.

Inau­gu­ra­tion du pre­mier train 100 % so­laire

BYRON BAY – Aus­tra­lie

Tran­sports. Trois ki­lo­mètres. C’est la dis­tance par­cou­rue par le pre­mier train élec­trique fonc­tion­nant à 100 % par éner­gie so­laire. Anec­do­tique, certes, mais une belle pro­messe tout de même. De­puis dé­cembre 2017, la ci­té bal­néaire de Byron Bay ac­cueille cette pre­mière mon­diale, une ligne tou­ris­tique qui tra­verse la ville en sept mi­nutes, seize fois par jour. Le train est un « red rat­tler », un train de la se­conde guerre mon­diale qui a sillon­né l’Aus­tra­lie pen­dant des dé­cen­nies, puis qui a été ré­ha­bi­li­té à par­tir des an­nées 2000. Il peut ac­cueillir 100 pas­sa­gers. Son toit est cou­vert de pan­neaux pho­to­vol­taïques connec­tés à une bat­te­rie de li­thium. Le train se re­charge en gare.

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