DreamQuark, la star­tup qui « fait par­ler » les al­go­rithmes

Adop­tée par une quin­zaine de géants de la banque et de l’as­su­rance, la pla­te­forme d’in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle de DreamQuark four­nit des so­lu­tions mé­tiers sur me­sure et rend en­fin com­pré­hen­sibles les dé­ci­sions des al­go­rithmes.

La Tribune Hebdomadaire - - 10 000 STARTUPS POUR CHANGER LE MONDE - Syl­vain Rol­land

Com­ment rendre in­tel­li­gibles et trans­pa­rentes les dé­ci­sions des al­go­rithmes ? C’est un en­jeu ma­jeur pour la dé­mo­cra­ti­sa­tion de l’in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle, qui s’in­sère dans nos vies et est ame­née à ré­gner sur la prise de dé­ci­sion au­to­ma­ti­sée. Et pour cause : dans des do­maines aus­si sen­sibles que la san­té, la banque ou l’as­su­rance, il est es­sen­tiel de com­prendre pour­quoi l’al­go­rithme pro­pose telle ou telle so­lu­tion. À la fois pour que le bé­né­fi­ciaire puisse l ui f ai r e confiance, et pour que les ré­gu­la­teurs et les pro­fes­sion­nels qui uti­lisent l’ou­til puissent eux-mêmes « tra­cer » la dé­ci­sion. C’est le dé­fi re­le­vé avec brio par Ni­co­las Me­ric, le fon­da­teur et PDG de la star­tup pa­ri­sienne DreamQuark. Au mo­ment de se lan­cer en 2014, l’en­tre­pre­neur sou­hai­tait créer des so­lu­tions d’IA pour ai­der les mé­de­cins dans leurs diag­nos­tics. Mais c’est dans la banque et dans l’as­su­rance que le doc­teur en phy­sique des par­ti­cules a trou­vé des clients. DreamQuark a mis au point une pla­te­forme d’in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle bap­ti­sée « Brain ». Dé­jà adop­tée par une quin­zaine de grands comptes fran­çais (dont BNP Pa­ri­bas, le Grou­pe­ment des cartes ban­caires CB ou en­core l’as­su­reur AG2R La Mon­diale), Brain pro­pose une lé­gion d’ap­pli­ca­tions mé­tiers nour­ries à l’in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle. Son se­cret : l’ap­pren­tis­sage pro­fond, ou deep lear­ning. Brain col­lecte les don­nées in­ternes, les trie et les traite dans un même for­mat afin d’iden­ti­fier la meilleure ré­ponse pos­sible se­lon la pro­blé­ma­tique, qu’il s’agisse de lutte contre la fraude et le blan­chi­ment, d’un oc­troi de cré­dit, de l’iden­ti­fi­ca­tion en amont de clients in­sa­tis­faits, de pros­pec­tion com­mer­ciale ou en­core de ges­tion des res­sources hu­maines. Par­ti­san d’une IA ac­ces­sible à tous, DreamQuark met un point d’hon­neur à rendre trans­pa­rente la prise de dé­ci­sion. « L’IA fe­ra peur tant qu’on ne sor­ti­ra pas de l’ap­proche “boîte noire”, où il faut faire confiance les yeux fer­més à une ma­chine dont on ignore tout du fonc­tion­ne­ment. Donc nous fai­sons en sorte que l’uti­li­sa­teur com­prenne les mé­ca­nismes de la prise de dé­ci­sion en ex­pli­quant noir sur blanc quelles don­nées ont été uti­li­sées, pour­quoi et se­lon quelles va­riables », pré­cise Ni­co­las Me­ric. De quoi aug­men­ter le re­tour sur in­ves­tis­se­ment de ses clients et contri­buer à in­té­grer l’IA dans le quo­ti­dien des pro­fes­sion­nels. En pleine crois­sance, DreamQuark a le­vé 3,5 mil­lions d’eu­ros de­puis sa créa­tion et pré­pare un gros tour de table pour s’in­ter­na­tio­na­li­ser. Son but : de­ve­nir « un lea­der mon­dial des so­lu­tions à base IA », d’abord dans la banque et l’as­su­rance, et pour­quoi pas, à terme, dans d’autres sec­teurs comme la san­té, les tran­sports et l’in­dus­trie.

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