Le pé­trole a dé­jà beau­coup bais­sé

La Tribune Hebdomadaire - - PRÉVISIONS - Ro­bert Jules

Le prix du pé­trole fait naître nombre d’in­cer­ti­tudes pour l’éco­no­mie mon­diale, pas­sant de pics à plus de 110 dol­lars en 2014 à une chute de 25 dol­lars. De­puis 2016, il a pro­gres­sé ré­gu­liè­re­ment à la hausse pour s’ins­tal­ler au-des­sus des 80 dol­lars en 2018, avant de dé­grin­go­ler en même temps que les mar­chés ac­tions à la fin de l’an­née der­nière, à 52 dol­lars, avant de se re­prendre pour évo­luer au­tour des 58 dol­lars ces der­niers jours. Cette évo­lu­tion est in­fluen­cée par plu­sieurs fac­teurs qui vont pe­ser cette an­née. Il y a d’abord le boom de la pro­duc­tion pé­tro­lière aux États-Unis, qui de­vrait s’af­fi­cher à un re­cord de 12,09 mil­lions de ba­rils par jour (mbj), se­lon l’Ad­mi­nis­tra­tion amé­ri­caine d’in­for­ma­tion sur l’Éner­gie, dé­pas­sant l’Ara­bie Saou­dite et la Rus­sie. Face à ce nou­veau flux, l’Opep et la Rus­sie ont conclu un ac­cord en dé­cembre pour ré­duire leur offre de 1,2 mbj du­rant le pre­mier se­mestre. Ils veulent bais­ser le ni­veau des stocks mon­diaux qui au­jourd’hui se si­tue au-des­sus de la moyenne des cinq der­nières an­nées. Cet in­di­ca­teur est sui­vi de près par les in­ves­tis­seurs sur les mar­chés à terme. L’Ara­bie Saou­dite a ré­pé­té ces der­niers jours que son ob­jec­tif était de 80 dol­lars, en ligne avec son bud­get pu­blic. Reste l’in­con­nue de l’évo­lu­tion de la crois­sance éco­no­mique mon­diale à la­quelle est étroi­te­ment liée la de­mande pé­tro­lière. Elle a été ré­vi­sée à la baisse pour 2019, à 3,7 % se­lon le FMI (– 0,2 points), mais pour­rait se dé­té­rio­rer en cas d’in­ten­si­fi­ca­tion d’une guerre com­mer­ciale [lire page 14]. De son cô­té, l’Agence in­ter­na­tio­nale de l’éner­Gie (AIE) es­time la de­mande pé­tro­lière à 100,6 mbj, soit tout de même 1,2 mbj de plus qu’en 2018. Se­lon les dif­fé­rents scé­na­rios, les pro­jec­tions des ex­perts vont de 55 dol­lars le ba­ril de Brent jus­qu’à 75 dol­lars. Au­tre­ment dit, le risque d’un choc pé­tro­lier tant re­dou­té en 2018 ne de­vrait pas avoir lieu et ne pas ali­men­ter l’in­fla­tion, ce qui est bon pour le pou­voir d’achat des mé­nages.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.