Re­struc­tu­ra­tion des branches : quelles op­por­tu­ni­tés pour de­main!?

La Tribune Hebdomadaire - - MON LUNDI -

Com­por­tant plus de 700 branches en 2014, le pay­sage conven­tion­nel est ame­né à se ré­duire à 200 branches à l’ho­ri­zon août 2019.

Une for­mi­dable op­por­tu­ni­té de construire les champs conven­tion­nels et la norme so­ciale de de­main. Plu­sieurs cri­tères al­ter­na­tifs per­mettent d’iden­ti­fier les branches qui dis­pa­raî­tront du fait de leur fu­sion dans une autre : la branche compte moins de 5!000 sa­la­riés, son ac­ti­vi­té conven­tion­nelle est faible (peu ou pas d’accords ou ave­nants si­gnés, de thèmes de né­go­cia­tions cou­verts), son champ d’ap­pli­ca­tion géo­gra­phique est uni­que­ment ré­gio­nal ou lo­cal, moins de 5 % des en­tre­prises de la branche adhèrent à une or­ga­ni­sa­tion pro­fes­sion­nelle re­pré­sen­ta­tive des em­ployeurs, elle n’est pas en ca­pa­ci­té d’as­su­rer ses compétence­s en ma­tière de for­ma­tion pro­fes­sion­nelle et d’ap­pren­tis­sage ou de réu­nir la com­mis­sion paritaire de né­go­cia­tion (ar­ticle L.2!261-32 du Code du tra­vail). Ain­si, on peut ci­ter l’exemple de la « boyau­de­rie » qui a fu­sion­né avec la branche de « l’in­dus­trie de la sa­lai­son, char­cu­te­rie en gros et conserves de viande », ou en­core celle des « ins­tru­ments à écrire et des in­dus­tries connexes » qui a été rat­ta­chée à la conven­tion collective du « per­son­nel des in­dus­tries du car­ton­nage ».

Cette re­struc­tu­ra­tion n’est pas sans sus­ci­ter des craintes de la part des or­ga­ni­sa­tions syn­di­cales et pa­tro­nales,

cer­taines étant ame­nées à perdre leur re­pré­sen­ta­ti­vi­té à la fa­veur des re­grou­pe­ments, voire à dis­pa­raître. La conclu­sion d’accords de fu­sion par les par­te­naires so­ciaux, sur une base vo­lon­taire, est pri­vi­lé­giée. Ils sont éga­le­ment en­cou­ra­gés à com­mu­ni­quer à la Di­rec­tion gé­né­rale du tra­vail le ré­sul­tat de leurs ré­flexions sur la branche de rat­ta­che­ment la plus per­ti­nente, en vue d’une fu­sion à l’ini­tia­tive de l’ad­mi­nis­tra­tion.

Les par­te­naires so­ciaux ont donc un rôle im­por­tant à jouer. En étant ac­teurs de ce re­grou­pe­ment, ils ont la possibilit­é de re­po­si­tion­ner l’ac­cord de branche dans la nou­velle hié­rar­chie des normes. À comp­ter de la date de la fu­sion, les par­te­naires so­ciaux des branches dis­posent d’un dé­lai de cinq ans pour mettre en place des sti­pu­la­tions com­munes qui vont per­mettre aux branches de se ren­for­cer en se re­dé­fi­nis­sant, afin que chaque branche soit mieux struc­tu­rée pour ac­com­pa­gner la né­go­cia­tion collective. Cette mu­ta­tion per­met­tra ain­si de re­pen­ser l’or­ga­ni­sa­tion même des champs conven­tion­nels en construi­sant les fu­turs champs conven­tion­nels, et de ré­af­fir­mer le rôle es­sen­tiel de la branche en ap­por­tant un soin par­ti­cu­lier dans le choix des su­jets trai­tés et dans la ré­dac­tion des clauses s’y rap­por­tant.

La loi du 8 août 2016 et l’or­don­nance n° 2017-1385 du 22 sep­tembre 2017 ont re­vu les mis­sions de la branche, à sa­voir, d’une part, dé­fi­nir les condi­tions d’em­ploi et de tra­vail des sa­la­riés ain­si que les ga­ran­ties qui leur sont ap­pli­cables dans cer­taines ma­tières, et, d’autre part, ré­gu­ler la concur­rence entre les en­tre­prises re­le­vant de son champ d’ap­pli­ca­tion (ar­ticle L.2232-5-1 du Code du tra­vail). Il s’agit pour les branches de sai­sir cette op­por­tu­ni­té des re­grou­pe­ments pour en­ga­ger une ré­flexion ap­pro­fon­die sur ce que doit être une branche pro­fes­sion­nelle, dans toute sa « pri­mau­té stratégiqu­e » .

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