Alexandre Mé­rieux, le me­neur

La Tribune Hebdomadaire - - SANTÉ - STE­VEN DOL­BEAU

ÉLAN À la tête d’un groupe de 10!500 col­la­bo­ra­teurs, Alexandre Mé­rieux fait par­tie de ces pa­trons lyon­nais ré­ser­vés mais ef­fi­cace, qui ne jurent que par leurs équipes… avec suc­cès.

Il est dis­cret et ne s’en cache pas. Alexandre Mé­rieux pré­fère consa­crer son temps à ses équipes plu­tôt qu’aux médias. D’ailleurs, le der­nier por­trait qui lui est consa­cré date de sa prise de fonc­tions en dé­cembre 2017, lors­qu’il est de­ve­nu PDG du groupe bioMé­rieux, lea­der mon­dial du diag­nos­tic de ma­la­dies in­fec­tieuses. L’en­tre­prise, fon­dée par son père Alain Mé­rieux en 1963, re­pré­sente au­jourd’hui plus de 2,4 mil­liards d’eu­ros de chiffre d’af­faires et 10 500 col­la­bo­ra­teurs. Âgé de 45 ans, ce di­plô­mé de biologie (uni­ver­si­té Lyon 1) et d’HEC Mon­tréal a tou­jours tra­vaillé dans l’en­tre­prise fa­mi­liale, d’abord en Amérique du Nord, puis en France, prin­ci­pa­le­ment dans des fonc­tions mar­ke­ting. Avant d’ac­cé­der à la fonc­tion su­prême, il a no­tam­ment dirigé l’uni­té de mi­cro­bio­lo­gie et des opé­ra­tions in­dus­trielles du groupe, puis oeu­vré comme di­rec­teur gé­né­ral de 2014 à 2017.

À L’ÉCOUTE

Plé­bis­ci­té par ses équipes, Alexandre Mé­rieux confiait l’an­née der­nière aux Échos vou­loir exer­cer un ma­na­ge­ment « plu­tôt la­tin », c’est-à-dire, se­lon ses mots, « cha

leu­reux et à l’écoute ». Lors des 50 ans de l’en­tre­prise fa­mi­liale, en 2013, il avait ain­si rap­pe­lé que son en­ga­ge­ment était por­té par « une confiance pro­fonde dans la

force des équipes ». Une dé­cla­ra­tion qui se vé­ri­fie dans les faits. L’at­ta­che­ment de la fa­mille pour son ter­ri­toire ne s’est ja­mais dé­men­ti et, sous sa di­rec­tion, bioMé­rieux à conti­nuer d’in­ves­tir dans son im­plan­ta­tion ori­gi­nelle à Mar­cy-l’Étoile, près de Lyon. Alors que l’en­tre­prise réa­lise plus de 80%% de son chiffre à l’in­ter­na­tio­nal, 35%% de la masse sa­la­riale est res­tée lo­ca­li­sée en France.

LEA­DER­SHIP

Si Alexandre Mé­rieux a su prendre toute sa place en tant que pré­sident-di­rec­teur gé­né­ral du groupe, il n’était pas des­ti­né, à l’ori­gine, à cette fonc­tion. C’est la dis­pa­ri­tion bru­tale de ses frères qui l’a mis en ligne pour suc­cé­der à son père. Mais sa vi­sion pour l’en­tre­prise – in­ex­tri­ca­ble­ment liée à sa mis­sion de san­té pu­blique – et ses ré­sul­tats – 8%% de crois­sance or­ga­nique l’an­née der­nière, 10%% en 2017 – l’ont ren­du plus lé­gi­time que n’im­porte qui pour as­su­rer cette mis­sion. Un in­ves­tis­se­ment qui s’ins­crit dans les tra­di­tions d’entreprene­uriat et de lea­der­ship bien an­crées dans la fa­mille. Son ar­rière-grand-père, Mar­cel Mé­rieux, fut élève de Louis Pas­teur, son grand­père Charles vou­lait « vac­ci­ner tous les en­fants du monde » et son père a bâ­ti la mul­ti­na­tio­nale dont il a hé­ri­té. Quant à son grand-père ma­ter­nel, il n’est autre que Paul Ber­liet, fon­da­teur du groupe Ber­liet de­ve­nu plus tard un autre géant, Re­nault Trucks.

PDG de­puis dé­cembre 2017, Alexandre Mé­rieux a su prendre toute sa place à la tête du groupe

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