Hugues de Ban­tel, l’am­bi­tieux

La Tribune Hebdomadaire - - TERRITOIRE­S - MARIE LYAN

CONSEIL Co­fon­da­teur en 2010 de l’édi­teur lo­gi­ciel Cosmo Tech, spé­cia­li­sé dans l’in­tel­li­gence aug­men­tée, Hugues de Ban­tel a un ob­jec­tif!: ai­der les di­ri­geants à prendre de meilleures dé­ci­sions.

Il s’ins­crit « au-de­là » du big da­ta et de l’in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle, en four­nis­sant des so­lu­tions lo­gi­cielles ca­pables de pré­voir, de ma­nière réa­liste, l’im­pact des dé­ci­sions. Le Lyon­nais Hugues de Ban­tel s’est in­té­res­sé de près aux nou­velles tech­no­lo­gies après un pas­sage au sein d’une école de com­merce et d’un MBA. Pas­sion­né par le dé­ve­lop­pe­ment et la mise en mar­ché de so­lu­tions tech­no­lo­giques in­no­vantes, il a dé­mar­ré sa car­rière au sein de la med­tech lyon­naise, Edap TMS, avant de se tour­ner vers une société de consul­ting stra­té­gique au­près de startups du mé­di­cal et du nu­mé­rique. Avec, tou­jours, une idée en tête!: im­pul­ser des so­lu­tions dont les dé­ve­lop­pe­ments pour­raient avoir des ré­per­cus­sions sur la société. « Edap TMS était une en­tre­prise du sec­teur mé­di­cal qui s’ap­puyait dé­jà sur une lo­gique de par­te­na­riat entre les la­bo­ra­toires aca­dé­miques, l’hô­pi­tal pu­blic et une société tech­no­lo­gique avec la vo­lon­té de créer un lea­der mon­dial dans le do­maine des ul­tra­sons thé­ra­peu­tiques », illustre-t-il.

Mais c’est en 2010 qu’il trouve chaus­sure à son pied en co­fon­dant, aux cô­tés de l’en­tre­pre­neur Michel Mor­van, la société Cosmo Tech (95 sa­la­riés), qui four­nit des lo­gi­ciels pou­vant ai­der les di­ri­geants et les grands comptes (RTE, Al­stom, EDF, etc.) à prendre de meilleures dé­ci­sions. « Tout est par­ti d’un concept d’in­tel­li­gence aug­men­tée, dé­ve­lop­pé en par­te­na­riat avec l’Ins­ti­tut rhô­nal­pin des sys­tèmes com­plexes (Ixxi), et qui, en ras­sem­blant les no­tions d’in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle et col­lec­tive, pou­vait avoir un im­pact fort sur les grandes pro­blé­ma­tiques du xxie siècle de nos so­cié­tés », se sou­vient Hugues de Ban­tel.

Dans un contexte où l’IA se trouve en plein es­sor, ce der­nier pro­pose « une in­tel­li­gence aug­men­tée », dé­li­vrant plus qu’une simple ana­lyse des don­nées exis

tantes. « Alors que l’une des li­mites de l’in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle est ba­sée sur le prin­cipe de re­gar­der dans le ré­tro­vi­seur pour an­ti­ci­per l’ave­nir, notre so­lu­tion consiste à com­bi­ner ces don­nées avec de l’in­tel­li­gence hu­maine au sein de dif­fé­rents do­maines », pré­cise-t-il.

AN­TI­CI­PA­TION

Un mo­dèle qui vise donc, non pas à rem­pla­cer l’homme, mais à lui don­ner des ou­tils lui per­met­tant d’op­ter pour le meilleur scé­na­rio pos­sible. « Nous vi­vons dans un monde de plus en plus com­plexe et in­cer­tain, ce qui peut être très ex­ci­tant mais qui né­ces­site aus­si de

pou­voir re­voir nos modes de dé­ci­sion », ex­plique-t-il. Dans cette op­tique, sa société a, par exemple, lan­cé une ap­pli­ca­tion en vue de pré­pa­rer la ré­si­lience des ter­ri­toires à de pos­sibles chocs cli­ma­tiques, à tra­vers un ou­til de mo­dé­li­sa­tion pas­sant au crible dif­fé­rents pa­ra­mètres pré­sents au sein des villes (ré­seaux de trans­port, etc.). Avec, tou­jours, le même but!: an­ti­ci­per la meilleure ré­ponse à don­ner. Pour ce­la, le fon­da­teur de Cosmo Tech a éga­le­ment mi­sé sur un autre fac­teur dif­fé­ren­ciant!: la com­po­si­tion de ses équipes. « Mon par­cours a été in­fluen­cé par mes pro­fes­seurs ren­con­trés tout au long de mon cur­sus, qui m’ont fait com­prendre à quel point la di­ver­si­té des équipes pou­vait être un vec­teur de crois

sance et d’in­no­va­tion. » Ré­sul­tat!? Sa jeune pousse ac­cueille des sa­la­riés is­sus d’une ving­taine de na­tio­na­li­tés dif­fé­rentes dans ses lo­caux, à Lyon, et près de 30 % de femmes dans l’uni­vers en­core très mas­cu­lin de la tech.

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