Trois fes­ti­vals se re­groupent au sein d’une SCIC

La Tribune Hebdomadaire - - NOUVELLE- AQUITAINE -

Dans son nom, il y a tout. Le Cognac Blues Pas­sion est un fest i v a l d é d i é a u x mus i q u e s afro-amé­ri­caines qui a su trou­ver des mé­cènes et des par­te­naires dans le monde des spiritueux. « Il man­quait un évé­ne­ment mu­si­cal fort l’été. C’est la rai­son pour la­quelle j’ai créé ce festival il y a vingt-six ans. Il n’y avait pas, au dé­part, de conno­ta­tion avec le pro­duit ou l’image du pro­duit. En re­vanche, ce­la s’est fait na­tu­rel­le­ment. Entre la pro­fes­sion qui gra­vite au­tour du cognac et nous, c’est dé­sor­mais un ma­riage har­mo­nieux », as­sure son di­rec­teur, Michel Rol­land. À ce jour, près de 250 par­te­naires pri­vés par­ti­cipent ain­si, à hau­teur de 30 %, à un bud­get qui s’élève à 2,3 mil­lions d’eu­ros. « L’aide pu­blique re­pré­sente en­vi­ron 14 %. Ce­la nous per­met une prise de risque ar­tis­tique. Nous sommes par ailleurs à plus de 50 % d’au­to­fi­nan­ce­ment pur et nous y te­nons. »

DE­VE­NIR INDISPENSA­BLE

Mais le Cognac Blues Pas­sions n’est plus à en­vi­sa­ger seul. Une so­cié­té co­opé­ra­tive d’in­té­rêt col­lec­tif (SCIC), qui porte le nom de Belle Fac­to­ry, a été créée en mai der­nier. Elle en­globe trois fes­ti­vals$: le Cognac Blues Pas­sions, le Ste­reo­parc à Ro­che­fort, ain­si que le Free Mu­sic à Mon­tendre. « Le mo­dèle as­so­cia­tif n’était plus adap­té. Le mé­tier change, se com­plexi­fie, il y a des vrais en­jeux éco­no­miques, ne se­rait-ce que sur les ca­chets d’ar­tistes, qui ont aug­men­té de 30 ou 40 %. Il s’agis­sait aus­si de conso­li­der nos bases pour de­ve­nir in­dis­pen­sables sur le ter­ri­toire. À nous trois, nous pas­sons à un bud­get glo­bal de 5 mil­lions d’eu­ros et alors que les re­tom­bées éco­no­miques pour une se­maine sur le Cognac Blues Festival s’élèvent à 1,6 mil­lion d’eu­ros, nous pas­sons à 3 mil­lions d’eu­ros avec ces trois évé­ne­ments, qui fonc­tionnent d’ailleurs sur le même mo­dèle, à sa­voir ma­jo­ri­tai­re­ment l’au­to­fi­nan­ce­ment, as­sure Michel Rol­land, dé­sor­mais co­gé­rant de cette struc­ture. Ce­la nous per­met de voir l’ave­nir as­sez se­rei­ne­ment et de ne pas nous faire as­pi­rer. »

UN MO­DÈLE À SUIVRE

En l’oc­cur­rence, la SCIC ados­sée à une SARL leur a sem­blé être le meilleur ou­til. « Les sub­ven­tions sont tou­jours pos­sibles, de même que le spon­so­ring et le mé­cé­nat. En­fin, nous pou­vons continuer à fonc­tion­ner avec des bé­né­voles. » La Ré­gion en­cou­rage et ac­com­pagne ce type de trans­for­ma­tion. De­puis quelques mois, elle ne dé­livre plus de sub­ven­tion aux fes­ti­vals ra­che­tés par de grands groupes. Ga­ro­rock, Brive Festival et ODP Ta­lence sont di­rec­te­ment concer­nés.

Cognac Blues Pas­sions, jus­qu’au 8 juillet

[PA­TRICK BER­TRAND]

COGNAC Le Festival Cognac Blues Pas­sions est dé­sor­mais por­té par une so­cié­té co­opé­ra­tive d’in­té­rêt col­lec­tif (SCIC) qui re­groupe deux autres fes­ti­vals. L’idée!: être plus fort à trois. HÉ­LÈNE LERIVRAIN San­ta­na au Cognac Blues Pas­sions, en 2018.

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