Sko­pai, l’en­cy­clo­pé­die des star­tups

La Tribune Hebdomadaire - - ANTICIPATI­ONS -

ÉVA­LUA­TION. Grâce à une base de don­nées com­por­tant les in­for­ma­tions per­ti­nentes de 100"000 star­tups, Sko­pai pro­pose ses ana­lyses aux grandes en­tre­prises qui s’in­té­ressent aux jeunes pousses de leur sec­teur. Ob­jec­tif : ren­for­cer leur veille concur­ren­tielle et fa­ci­li­ter leurs ac­qui­si­tions de tech­no­lo­gies.

Et s’il exis­tait une en­cy­clo­pé­die des star­tups ? C’est en tout cas l’am­bi­tion de Sko­pai. Son lo­gi­ciel ra­tisse le Web à la re­cherche de toute in­for­ma­tion per­ti­nente sur les jeunes en­tre­prises tech­no­lo­giques puis il en tire le por­trait le plus com­plet pos­sible afin d’éva­luer leurs per­for­mances. Sko­pai veut s’im­po­ser comme le conseiller ré­fé­rent sur les star­tups, grâce à ses ana­lyses et à son ca­ta­logue de 100!000 en­tre­prises. « On ré­cu­père les don­nées sur la fon­da­tion de la star­tup, ses am­bi­tions, ses pro­duits, son mo­dèle éco­no­mique, ses clients, ses ré­com­penses »,

ex­plique Agnès Guer­raz, co­fon­da­trice de Sko­pai en 2017, avec Bru­no Spor­tisse, au­jourd’hui PDG de l’In­ria, l’Ins­ti­tut na­tio­nal de re­cherche en sciences du nu­mé­rique, et Éric Gaus­sier, le di­rec­teur du La­bo­ra­toire d’in­for­ma­tique de Gre­noble (LIG). Sko­pai vise en prio­ri­té les deep tech, ces star­tups qui créent des in­no­va­tions de rup­ture, par exemple dans la bio­tech ou l’in­for­ma­tique quan­tique. Grâce à un al­go­rithme d’ap­pren­tis­sage ma­chine fait mai­son, le lo­gi­ciel s’ap­puie sur ces por

traits-ro­bots pour, par exemple, éva­luer leur ma­tu­ri­té et émettre des pré­dic­tions sur leur évo­lu­tion. Sko­pai peut aus­si com­pa­rer une en­tre­prise au reste de sa base de don­nées, et in­di­quer ses forces et fai­blesses. Mise à jour en temps réel, celle-ci est ac­tua­li­sée en fonc­tion des de­mandes de ses clients et des ajus­te­ments sont aus­si ef­fec­tués par des ex­perts sec­to­riels Sko­pai doit tou­te­fois se plier à cer­taines contrainte­s. Le scra­ping – l’ex­trac­tion des don­nées d’une page Web – se confronte à des res­tric­tions dans le droit pé­nal, ce­lui de la concur­rence et de la pro­prié­té in­tel­lec­tuelle. Puisque le ser­vice de la star­tup re­pose presque en­tiè­re­ment sur cette tech­nique, ses di­ri­geants ont pris des pré­cau­tions. Sko­pai tra­vaille no­tam­ment avec Théo­dore Ch­ris­ta­kis, pro­fes­seur de droit et di­rec­teur ad­joint de l’ins­ti­tut de re­cherche Gre­noble Alpes Da­ta

Ins­ti­tute. « À l’in­té­rieur du la­bo­ra­toire que nous avons en com­mun avec le LIG, nous avons éta­bli des règles que tous les dé­ve­lop­peurs et ex­perts suivent. Le pro­ces­sus est vé­ri­fié et ré­gu­lé en in­terne, par des ju­ristes spé­cia

li­sés dans le droit des don­nées », ras­sure Agnès Guer­raz. Par exemple, le lo­gi­ciel ne peut pas s’aven­tu­rer sur cer­tains sites à cause de leurs condi­tions d’uti­li­sa­tions. Il ne peut ex­traire des in­for­ma­tions tou­chant à l’identité mo­rale et ne peut conser­ver des don­nées pri­vées. Au­jourd’hui, Sko­pai vend ses ser­vices à une tren­taine d’en­tre­prises dont Thuasne, spé­cia­li­sée dans les pro­duits de san­té (pour la­quelle ont tra­vaillé Agnès Guer­raz et Bru­no Spor­tisse), et l’Ins­ti­tut eu­ro­péen d’in­no­va­tion et de tech­no­lo­gie (EIT). La star­tup par­ti­cipe éga­le­ment au pro­jet de chaire sur la re­con­nais­sance fa­ciale de l’Ins­ti­tut in­ter­dis­ci­pli­naire d’in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle (3IA) de Gre­noble.

[SKO­PAI]

Le lo­gi­ciel de Sko­pai éva­lue la ma­tu­ri­té des star­tups et émet des pré­dic­tions sur leur évo­lu­tion.

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