FABRICE ALIMI

La Tribune Hebdomadaire - - L’ENQUÊTE -

« On pour­rait, avec l’aide de l’État, dé­si­gner un ca­pi­taine de rue dont le rôle se­rait un peu ce­lui de chef de village, qui pro­pose, met en oeuvre » FABRICE ALIMI, PDG DE A&A

PDG du Groupe A&A Pré­sident du Club im­mo­bi­lier Mar­seille Pro­vence

« À Mar­seille, il manque du jeu col­lec­tif, des chefs de village, des ani­ma­teurs. Un pe­tit fil rouge, avec des per­sonnes ca­pables de mettre en re­la­tion les chefs d’en­tre­prise, qui ont tous la tête dans le mael­strom du quo­ti­dien et qui n’ont pas le temps de pen­ser à ce­la. Il fau­drait une mise en com­mun des be­soins, des com­pé­tences de l’éco­sys­tème. Un en­tre­pre­neur qui se­rait dans l’em­bal­lage, par exemple, pour­rait trou­ver ain­si des ou­tils, des ap­pli­ca­tifs propres à son sec­teur, des ac­teurs avec qui échan­ger en amont ou en aval de son ac­ti­vi­té et qui l’ai­de­raient à ac­cé­lé­rer son dé­ve­lop­pe­ment. Il s’agit d’ap­por­ter de la plus-va­lue de fa­çon trans­ver­sale, pas en si­lo, ce­la existe dé­jà. Dans la ville, ce n’est pas com­pli­qué, avec l’aide de l’État, de dé­si­gner un “ca­pi­taine de rue” dont le rôle se­rait un peu ce­lui de chef de village, qui pro­pose, met en oeuvre et fait prendre la mayon­naise, met en mu­sique les ca­pa­ci­tés de ceux qui sont dans sa rue. Il ne faut pas ou­blier que l’offre crée la de­mande. Que la pré­sence de concur­rents fait que l’on se porte mieux car ce­la si­gni­fie que son sec­teur est ca­pable de sup­por­ter la concur­rence. La concur­rence crée l’ému­la­tion. In­dé­nia­ble­ment, ce qu’il manque à Mar­seille c’est du jeu col­lec­tif. Les femmes et les hommes po­li­tiques ne sont pas as­sez “rac­cord”. Le poids de la tech­no­cra­tie est tel­le­ment lourd et pa­ra­ly­sant que ce qui pré­tend se faire ne se fait pas. Il faut pen­ser le monde éco­no­mique dans sa trans­ver­sa­li­té. »

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