Maî­tri­ser ses coûts et in­ves­tir dans la com­mer­cia­li­sa­tion

CER­FRANCE MIDIMED

La Tribune Languedoc-Roussillon - - Publi-reportage -

C’est lo­gi­que­ment que les vi­gne­rons tendent à se tour­ner vers la va­lo­ri­sa­tion et la com­mer­cia­li­sa­tion de leurs vins. S’in­ven­ter un nou­veau mé­tier, ou plu­tôt plu­sieurs – met­teur en bou­teille, res­pon­sable mar­ke­ting, res­pon­sable com­mer­cial – tel est l’iti­né­raire que choi­sissent tous les ans des vi­gne­rons des Py­ré­nées-orien­tales et de l’aude. Un vé­ri­table chal­lenge as­su­ré­ment !

CER­FRANCE MIDIMED a ain­si dé­ve­lop­pé un pa­nel de ser­vice pour les ac­com­pa­gner dans cette dé­marche afin d’évi­ter les er­reurs et d’allier maî­trise des coûts et dé­ve­lop­pe­ment com­mer­cial. « Avec notre ap­proche des coûts de re­vient, nous avons tra­vaillé de concert avec un vi­gne­ron du Mi­ner­vois pour re­prendre sa gamme, sim­pli­fier tant son ap­proche com­mer­ciale que la ges­tion de ses ma­tières sèches, et ain­si ga­gner en co­hé­rence et en ren­ta­bi­li­té », ex­plique Ben­ja­min De­vaux, conseiller CERFANCE MIDIMED.

L’en­jeu est de taille puisque les études ré­gio­nales prouvent que le coût de re­vient d’une bou­teille n’est consti­tuée qu’à 30 % par le coût du vin ! La maî­trise des autres frais et le pi­lo­tage de l’ac­ti­vi­té com­mer­ciale ap­pa­raissent donc comme des élé­ments clés pour as­su­rer la co­hé­rence de l’offre com­mer­ciale et le suc­cès tant espéré. Nos études prouvent éga­le­ment que si les co­opé­ra­tives tendent à lis­ser les re­ve­nus des co­opé­ra­teurs et à les rendre ho­mo­gène en fonc­tion des rendements pro­duits, les caves par­ti­cu­lières à l’in­verse gé­nèrent des écarts type très im­por­tants.

« Les ré­sul­tats des vi­gne­rons qui condi­tionnent sont très va­riables se­lon les ex­ploi­ta­tions, ob­serve Alain La­croux, CER­FRANCE, di­rec­teur du ter­ri­toire Py­ré­nées-orien­tales. Cer­taines dé­gagent un bé­né­fice net de 2 000 €/ha, alors que d’autres perdent 2 000 €/ha, la dif­fé­rence pro­vient es­sen­tiel­le­ment de leur ca­pa­ci­té à gé­né­rer une offre pro­duit per­ti­nente et ren­table ».

Dans un contexte de pro­duc­tion tou­jours plus in­cer­tain, no­tam­ment du fait de la sè­che­resse de 2016 et des ge­lées de ce dé­but de 2017, il est dom­ma­geable pour les vi­gne­rons de consta­ter un re­cul des ten­dances mar­chés vrac sur les vins SIG et les vins IGP. Bien que pour l’ins­tant les AOP se main­tiennent en ce pre­mier se­mestre 2017, la per­ti­nence d’une stra­té­gie 100 % vrac est clai­re­ment re­mise en ques­tion dans de nom­breuses caves.

d’état. « L’aude compte quatre dis­til­le­ries contre 63 dans les an­nées 1960. Pour ne pas dis­pa­raître dans un contexte de baisse de la pro­duc­tion vi­ti­cole et main­te­nir un coût proche de zé­ro pour le vi­ti­cul­teur, nous avons du chan­ger de stra­té­gie… », sou­ligne Axel Ta­pis­sier.

NOU­VELLES AP­PLI­CA­TIONS

« Il ne s’agit plus de se dé­bar­ras­ser de ces sous-pro­duits mais de sa­voir quel type de mo­lé­cule ex­traire, com­ment, et pour quel dé­bou­ché. Un en­jeu de taille dans une ré­gion qui compte le plus grand nombre de dis­til­le­ries en France », rebondit Ni­co­las N’guyen Thé, char­gé de pro­jets au sein de Qua­li­med et res­pon­sable d’un cercle de l’in­no­va­tion sur la va­lo­ri­sa­tion des agro­res­sources. Pre­mière piste ? Mettre en oeuvre de nou­veaux pro­cé­dés de pro­duc­tion. Ain­si la Dis­til­le­rie Sud Lan­gue­doc, qui em­ployait des tech­niques sé­cu­laires, a me­né un pro­gramme de re­cherche avec l’in­ra Nar­bonne pour le dé­ve­lop­pe­ment de mé­thodes d’ex­trac­tion et de sé­pa­ra­tion des com­po­sés phé­no­liques des marcs de rai­sins plus pous­sées, as­sis­tées par ul­tra­sons, mi­cro-ondes ou ex­tru­deuse. « L’idée étant de pré­ser­ver la qua­li­té des com­po­sés en éco­no­mi­sant l’eau ou le sol­vant. » Autre che­val de ba­taille : trou­ver de nou­velles ap­pli­ca­tions, comme la pro­duc­tion de bio­car­bu­rants à par­tir de l’al­cool vi­nique. En té­moigne le pé­tro­lier Dy­neff, ba­sé à Mont­pel­lier, qui fi­na­lise la construc­tion d’une uni­té de déshy­dra­ta­tion en Haute-ga­ronne en par­te­na­riat avec le grou­pe­ment de dis­til­le­ries gi­ron­din Rai­si­nor. D’un mon­tant de 10 M€, cette uni­té pour­ra pro­duire 400 000 hl d’étha­nol, « soit 5 % du mar­ché fran­çais » se­lon le pé­tro­lier. Lorsque les dis­til­le­ries n’adaptent pas leur sa­voir-faire à d’autres pro­duits is­sus de l’agri­cul­ture, elles cherchent sur­tout à in­no­ver, cap sur les com­po­sés phé­no­liques. « Le Lan­gue­doc-rous­sillon as­sure ac­tuel­le­ment 25 % de la pro­duc­tion mon­diale d’an­tho­cyanes, uti­li­sés comme co­lo­rants na­tu­rels dans le sec­teur ali­men­taire de­puis les an­nées 1995 », ex­plique Axel Ta­pis­sier.

POLYPHÉNOLS EN LIGNE DE MIRE

Pro­fi­tant de vastes zones de col­lecte qui sé­cu­risent sa pro­duc­tion, Grap’sud est de­ve­nu pour sa part, « l’un des plus gros fai­seurs eu­ro­péens en la ma­tière, avec une gamme très éten­due per­met­tant de pro­po­ser des ex­traits adap­tés à chaque client et d’ac­cé­der à de nou­veaux mar­chés de­puis la nu­tra­ceu­tique jus­qu’à la nu­tri­tion ani­male, confie Nel­ly Ur­ban, res­pon­sable R&D du groupe, qui voit l’ave­nir dans les polyphénols. Le rai­sin en contient des quan­ti­tés im­por­tantes dont il faut d’abord mettre les pro­prié­tés en lu­mière. De là, nos nom­breuses col­la­bo­ra­tions avec la re­cherche aca­dé­mique, les uni­ver­si­tés et les centres tech­niques. Nous avons par exemple fi­nan­cé la thèse d’un la­bo­ra­toire In­serm à Nantes, vi­sant à pro­po­ser une thé­ra­pie in­no­vante de l’ar­throse ba­sée sur l’ef­fet an­ti-in­flam­ma­toire des polyphénols. » Les­quels au­raient aus­si des ver­tus an­ti­fon­giques et an­ti­bac­té­riennes, car­dio et neu­ro­pro­tec­trices, an­ti­tu­mo­rales, an­ti­oxy­dantes... « La de­mande est forte pour les com­plé­ments ali­men­taires et la san­té, sou­ligne Pa­trick Ju­lien. Or, ces pro­duits sont sources de plus va­lues im­por­tantes et de parts de mar­ché à l’ex­port no­tam­ment aux États-unis, en Chine et au Ja­pon. » Seul bé­mol : ex­trac­tibles uni­que­ment pen­dant les ven­danges, ces com­po­sés sen­sibles se dé­gradent

as­sez ra­pi­de­ment et né­ces­sitent des ca­pa­ci­tés de sto­ckage oné­reuses. « Plus nous irons vers les ex­traits purs, plus il fau­dra em­ployer des pro­cé­dés com­plexes. Ce qui nous a conduit à in­ves­tir 1 M€ sur un nou­veau pro­cé­dé de ré­cu­pé­ra­tion des polyphénols. » Sa­chant que dans un fu­tur proche, Grap’sud pré­voit le dé­ve­lop­pe­ment d’autres com­po­sés ex­traits des sar­ments...

CROIS­SANCE VERTE

« Dans la mou­vance de la crois­sance verte, la vi­ti­cul­ture s’an­nonce un ter­reau ma­jeur pour les in­no­va­tions de rup­ture », pré­dit Ni­co­las N’guyen Thé. Ain­si, le pro­jet Green Epoxy re­grou­pant des ac­teurs lan­gue­do­ciens de la chi­mie verte, en­tend rem­pla­cer le bis­phé­nol A par des dé­ri­vés de polyphénols is­sus de bio­masse pour la fa­bri­ca­tion des ré­sines époxy. À mi-par­cours, le pro­gramme en­tame une phase de pro­duc­tion pi­lote pour les re­vê­te­ments de sols et les pein­tures. Autre exemple à Mont­pel­lier, l’ins­ti­tut d’élec­tro­nique et des Sys­tèmes et la cher­cheuse Béa­trice Sa­la (start-up É-MA), planchent sur la trans­for­ma­tion du Co2, éma­nant des ré­si­dus de la fermentation du vin, en mé­thane ou en étha­nol grâce à une tech­nique d’élec­tro­lyse uti­li­sant l’éner­gie so­laire. En juin 2016, les Chambres d’agri­cul­ture de l’aude et de l’hé­rault, avec des dis­til­le­ries lo­cales et d’autres par­te­naires, ont lan­cé le pro­jet Vi­ni­char des­ti­né à tes­ter un sub­strat hy­dro­ré­ten­teur is­su de la va­lo­ri­sa­tion des marcs de rai­sin. En pa­ral­lèle, la con­som­ma­tion d’éner­gie est au centre des pré­oc­cu­pa­tions. À l’ins­tar de l’union des dis­til­le­ries de la Mé­di­ter­ra­née, qui achève la construc­tion d’une chau­dière bio­masse sur son site de Vau­vert (30) en rem­pla­ce­ment du gaz afin de sé­cher les pulpes et les pé­pins de rai­sin, la Dis­til­le­rie Sud Lan­gue­doc pré­voit de construire la sienne d’ici sep­tembre 2018.

ÉCO­NO­MIES D’ÉNER­GIE

Ali­men­tée par des sous-pro­duits du pro­cess de distillation et des pla­quettes fo­res­tières, elle per­met­tra d’éco­no­mi­ser 50 % d’éner­gie. « On ne brûle qu’au der­nier stade, une fois tous les in­gré­dients à haute va­leur ajou­tée ex­traits. En­suite, la bio­masse est com­pos­tée », pré­cise Axel Ta­pis­sier qui a aus­si étu­dié, avec l’in­ra, l’ins­tal­la­tion d’un mé­tha­ni­seur hy­bride pour le trai­te­ment de 5 000 à 6 000 tonnes de pro­duits de distillation et au­tant en dé­chets verts des com­munes. « Grâce à un han­gar pho­to­vol­taïque d’un hec­tare nous pour­rons pro­duire 2 200 MWH par an et ré­duire les émis­sions de CO2 de 1 800 tonnes. » Preuve que les dis­til­le­ries s’ins­crivent dé­sor­mais dans un mo­dèle d’éco­no­mie cir­cu­laire. À sa­voir l’uti­li­sa­tion en boucle des ma­tières, qui ré­pond à la ra­ré­fac­tion des res­sources. Avec un vrai po­ten­tiel puis­qu’elle pro­met jus­qu’à 400 000 em­plois en France et une éco­no­mie de 700 Mds $ par an en Eu­rope (étude réa­li­sée par la Fon­da­tion El­len Ma­car­thur).

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