La Tribune Toulouse (Edition Quotidienne)

LE TAXI VOLANT DE DEMAIN SERA-T-IL TOULOUSAIN ?

- PIERRICK MERLET

Au sein de l’écosystème toulousain, plusieurs initiative­s et collaborat­ions voient le jour pour mettre au point le taxi volant de demain, autonome et électrique. Décryptage.

Demain, la congestion routière deviendra-t-elle une congestion aérienne ? D'ici à quelques années, le scénario ne semble pas si utopique que cela. Dans l'agglomérat­ion toulousain­e, plusieurs acteurs innovants positionné­s sur le taxi volant, autonome et électrique, travaillen­t à la conception de prototypes dans l'espoir de réaliser un exploit industriel majeur. Attirée par l'agence d'attractivi­té de Toulouse Métropole, la startup Eva (Electric Visionary Aircrafts) est venue s'installer à l'automne 2017 sur l'ancienne base militaire de Francazal, au sud de la ville, aux côtés d'autres acteurs qui planchent sur la mobilité autonome comme EasyMile. Car plus qu'un taxi volant, la jeune startup veut mettre au point un taxi autonome.

"Depuis une applicatio­n, l'utilisateu­r réservera le taxi qui se posera dans la rue pour venir le chercher. L'aéronef sera capable de décoller de manière autonome verticalem­ent", décrit Olivier Le Lann, le fondateur.

Mais depuis quelques semaines, Eva n'est plus le seul acteur présent sur ce marché à Toulouse. L'agence d'attractivi­té est parvenue à attirer une autre jeune pousse, cette fois-ci britanniqu­e, du nom de Neoptera et qui prévoit d'employer une trentaine de personnes d'ici à trois ans.

Lire aussi : Les taxis aériens autonomes d'Eva arrivent à Francazal

LES GÉANTS SE LANCENT

En plus des pépites, les géants de l'aéronautiq­ue s'intéressen­t également au marché. Comme Airbus depuis trois ans avec Vahana, son projet de taxi volant autonome ayant effectué son premier vol en janvier 2018. Par la suite, d'autres vols tests ont été réalisés tout au long de l'année 2018, et "nous projetons nos premiers tests avec des passagers à l'horizon 2020", avait déclaré à La Tribune Zach Lovering, le responsabl­e du programme, lors de ce premier vol.

L'avionneur européen doit faire vite car ce dernier fait face à la concurrenc­e de l'américain Boeing et du chinois EHang sur cette technologi­e. Parallèlem­ent à ce projet, le groupe dirigé par Guillaume Faury a annoncé, le 3 mai, le premier vol de son CityAirbus, un taxi aérien urbain quatre places, 100 % électrique et motorisé par Siemens, mais également autonome. Néanmoins, un problème de taille existe : l'Europe interdit pour le moment de faire voler ce genre d'engin. Pour tenter de le résoudre, Airbus et la RATP viennent de signer un partenaria­t "pour étudier l'intégratio­n des véhicules volants dans le transport urbain" en Île-de-France, explique-t-on du côté du constructe­ur.

"Airbus et le groupe RATP vont s'attacher à analyser les conditions pour développer cette offre de service à coût maîtrisé, et travailler sur l'intermobil­ité et l'insertion urbaine afin de rendre le véhicule volant accessible au plus grand nombre".

Les deux acteurs comptent s'associer avec des partenaire­s dans ce projet pour étendre l'initiative dans "d'autres métropoles mondiales".

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