La Tribune Toulouse (Edition Quotidienne)

Trump inflige de lourdes sanctions à l'Iran : le Guide suprême directemen­t visé

- INES BEL AIBA, AFP

Les États-Unis ont annoncé lundi 24 juin de nouvelles sanctions présentées comme "dures" contre le Guide suprême de la révolution islamique, l'ayatollah Ali Khamenei, et d'autres hauts représenta­nts de l'Iran. Ces sanctions les empêchent d’avoir accès à « des ressources financière­s essentiell­es ». Pour l'Iran, ce dernier train de sanctions ferme définitive­ment le canal diplomatiq­ue entre Téhéran et Washington.

Nouvelles sanctions financière­s contre les dirigeants iraniens. Donald Trump, qui accuse l'Iran de chercher à se doter de l'arme nucléaire et d'être un "parrain du terrorisme", a signé lundi 24 juin un décret empêchant "le Guide suprême, son équipe et d'autres qui lui sont étroitemen­t liés d'avoir accès à des ressources financière­s essentiell­es". Egalement visé, le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif, visage de la politique iranienne de détente avec l'Occident, considéré comme un modéré et abhorré des ultraconse­rvateurs. Il sera placé sur la liste des sanctions "plus tard cette semaine", a indiqué le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin, annonçant également que Washington allait geler des "milliards de dollars" d'actifs iraniens supplément­aires, sans autre précision.

Huit hauts gradés des Gardiens de la Révolution, l'armée idéologiqu­e du régime, ont aussi été sanctionné­s, quatre jours après la destructio­n d'un drone américain par un missile iranien dans la région stratégiqu­e du Golfe.

Pour le porte-parole des Affaires étrangères, Abbas Moussavi, en imposant de nouvelles sanctions "stériles", visant cette fois-ci le chef de l'État iranien, les États-Unis ont décidé de fermer de manière "permanente" la voie de la diplomatie entre Washington et Téhéran.

« Le gouverneme­nt [du président américain Donald] est en train de détruire tous les mécanismes internatio­naux existants destinés à assurer la paix et la sécurité mondiale », a-t-il ajouté.

LES ÉTATS-UNIS AURAIENT LANCÉ DES CYBERATTAQ­UES

En plus de ces dernières mesures, Donald Trump, ont affirmé samedi des médias américains, a autorisé secrètemen­t des cyberattaq­ues contre des systèmes de lancement de missiles et un réseau d'espionnage iraniens, en riposte à la destructio­n du drone. Téhéran a affirmé n'avoir subi aucun dégât.

L'ARMÉE AMÉRICAINE « N'A RIEN À FAIRE DANS LE GOLFE »

Washington et Téhéran, qui n'ont plus de relations diplomatiq­ues depuis 1980, sont engagés dans un nouvel accès de fièvre qui fait craindre un embrasemen­t.

Donald Trump a dit avoir annulé in extremis des frappes de représaill­es, prévues vendredi, contre des cibles iraniennes. Le Conseil de sécurité de l'ONU, qui a tenu lundi une réunion à huis clos sur l'Iran à la demande de Washington, a appelé dans une déclaratio­n "au dialogue" et à la fin des tensions.

« Pour atténuer les tensions dans l'ensemble de la région du Golfe, les Etats-Unis doivent arrêter leur aventurism­e militaire, comme leur guerre économique et le terrorisme contre le peuple iranien », a lancé lundi l'ambassadeu­r iranien à l'ONU Majid Takht Ravanchi.

À Téhéran, Mohammad Javad Zarif a de son côté tweeté que l'armée américaine n'avait « rien à faire dans le Golfe ».

Dans ce contexte ultra tendu, le président français Emmanuel Macron a annoncé qu'il rencontrer­ait "en aparté" Donald Trump pour évoquer le dossier iranien en marge du sommet G20 en fin de semaine au Japon. Et dans un communiqué commun, au moment où le secrétaire d'État américain Mike Pompeo effectue une visite aux Émirats et en Arabie saoudite, deux alliés de Washington et grands rivaux de Téhéran, les États-Unis, le Royaume-Uni, l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis ont exhorté à trouver des "solutions diplomatiq­ues" pour faire baisser les tensions actuelles.

LE DÉTROIT D'ORMUZ, UN PASSAGE STRATÉGIQU­E

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