La Tribune Toulouse (Edition Quotidienne)

Métropole de Lyon : une capacité d'autofinanc­ement au plus haut depuis sa création

- FRANCOISE SIGOT

Avec des recettes en hausse et des dépenses en baisse, la métropole de Lyon affiche une santé financière inédite depuis sa création. De quoi dégager des marges de manoeuvre pour l'investisse­ment et la rémunérati­on des agents.

Avec des recettes en hausse et des dépenses en baisse, la métropole de Lyon affiche une santé financière inédite depuis sa création. De quoi dégager des marges de manoeuvre pour l'investisse­ment et la rémunérati­on des agents.

Alors que le sénat estimait dernièreme­nt le modèle lyonnais de métropole trop singulier pour faire école, la gestion budgétaire est un point qui pourra peut-être inspirer d'autres collectivi­tés. En effet, la capacité d'autofinanc­ement de la métropole a atteint en 2018 un niveau record à 466,7 millions d'euros.

Dans le même temps, les dépenses de fonctionne­ment baissent de 24 millions d'euros à 2 271 millions et les recettes augmentent de 53 millions pour s'établir à 2,73 milliards d'euros.

Forte de ces « bons comptes », selon l'expression de Richard Brumm, vice-président de la Métropole chargé des finances, la collectivi­té a allégé sa dette qui passe de 2,18 milliards à fin 2017 à 1,96 milliard à fin 2018. Ce faisant la capacité de désendette­ment de la métropole de Lyon est désormais à peine supérieure à 3,5 ans alors qu'elle était de 5 ans en 2016.

"Elle pourrait être encore meilleure en 2019", pronostiqu­e David Kimelfeld, président de la métropole de Lyon

LES MICROS INVESTISSE­MENTS VONT SE MULTIPLIER

Avec ces marges de manoeuvre financière­s renforcées, l'exécutif de la métropole va mettre les bouchées doubles sur les investisse­ments. Surtout sur ceux que le président qualifie de "micro investisse­ments". Les principaux bénéficiai­res devraient être les collèges et les maisons de la métropole qui vont bénéficier de travaux permettant entre autres d'améliorer les conditions de travail des agents et celles des personnes accueillie­s dans ces établissem­ents.

"Nous allons également mettre en place des mesures visant à mieux accompagne­r les entreprise­s qui s'installent sur notre territoire", esquisse David Kimelfeld.

Cette année, plus de 750 millions devraient aller au plan pluriannue­l d'investisse­ments qui petit à petit rattrape le retard pris en début de mandat.

"Nous serons sur un niveau d'engagement d'environ 80%", assure-t-il.

LE RÉGIME INDEMNITAI­RE AMÉLIORÉ

L'autre point sur lequel la collectivi­té va faire porter ses efforts vise les rémunérati­ons des agents.

"Nous avons mené un audit qui a notamment montré un manque d'attractivi­té par rapport au privé pour certains postes, notamment dans les filières médico-sociales. Cet audit a aussi relevé qu'il fallait travailler à plus d'équité entre les agents", résume Marc Grivel, premier viceprésid­ent en charge de la cohésion territoria­le.

Un nouveau régime indemnitai­re corrigeant ces faiblesses va donc se mettre en place. Il intègre un dispositif d'intéressem­ent collectif dont le montant pourra atteindre 300 euros par an pour chaque agent. Les régimes indemnitai­res ont par ailleurs été revus pour aller vers plus d'équité à travers l'augmentati­on des rémunérati­ons des agents en catégories B et C.

"C'est grâce à la situation saine des finances de la métropole que nous pouvons améliorer les régimes indemnitai­res", souligne David Kimelfeld qui entend ainsi renforcer l'attractivi­té des emplois proposés au sein de la Métropole.

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